Le manque d’hébergement d’urgence à Victo soulevé à la Nuit des sans-abri

Par Andrée-Anne Fréchette
Le manque d’hébergement d’urgence à Victo soulevé à la Nuit des sans-abri
Danny Baril, intervenant à la Maison Raymond-Roy et Sébastien, travailleur de rue chez Répit-Jeunesse (Photo : www.lanouvelle.net)

À Victoriaville, il y a la Maison Raymond-Roy pour les jeunes de 18 à 30 ans. Toutefois, les travailleurs du milieu constatent un manque de places suffisantes en hébergement, en particulier pour les personnes de plus de 30 ans. Ce problème propre à la région constituera le cœur de la Nuit des sans-abri.

Pour cette 23e occurrence de la Nuit des sans-abri à Victoriaville, qui se déroulera le 18 octobre, dès 18 h dans le stationnement Saint-Louis, on parlera des différents visages de l’itinérance. Comme l’expose Sébastien, travailleur de rue à Répit-Jeunesse, les citoyens s’étonnent de l’existence de l’itinérance à Victoriaville. «On a donc à expliquer de quelle façon se vit l’itinérance chez nous, puisque oui, elle est moins visible qu’à Montréal», commence-t-il. Il faut s’éloigner des stéréotypes pour l’appréhender, car l’itinérance ne s’avère pas toujours chronique.

Selon son expérience, on croise davantage de cas d’itinérance situationnelle. Autrement dit, elle résulte bien souvent d’un événement comme une perte d’emploi, une séparation ou une dépression, entre autres. Il s’agit d’une parenthèse qui trouve un dénouement plus heureux. «Mais on observe beaucoup d’itinérance cyclique. Ces gens vont vivre des périodes successives d’itinérance, dues à des pertes de logement ou à des troubles de santé mentale, par exemple. Ils se stabilisent un moment puis revivent des difficultés et ça recommence», explicite le travailleur de rue.

Ainsi, on ne la voit pas nécessairement sur des bancs de parc ou dans la rue. Ici, on parle de logements de type 2 ½ occupés par plus de quatre personnes, «ou de squatter le divan chez des amis ou des membres de la famille», énumère-t-il. Des gens qui sortent de thérapie, trop âgés pour l’Auberge du cœur Maison Raymond-Roy, les intervenants en croisent couramment. Depuis janvier, 33 personnes en situation d’itinérance ont été rencontrées par Répit-Jeunesse, alors que 690 personnes faisant face à la précarité ont obtenu des services de l’organisme. Notons que Répit-Jeunesse vient de plus en plus en aide aux 35 ans et plus.

Nulle part

«On manque de ressources en hébergement, encore plus pour les 30 ans et plus. Il y a le Réverbère, mais souvent ils sont pleins. On ne sait plus où référer. Ces gens, on finit par les diriger vers des services à l’extérieur de la région, à Trois-Rivières et à Drummondville. On les sort de leur milieu, de leur réseau. Imaginez, vous venez de tout perdre et on vous délocalise», déplore Sébastien.

Danny Baril, intervenant à la Maison Raymond-Roy, précise que le Réverbère se spécialise en santé mentale. L’adresse ne constitue pas un foyer d’urgence. «Les gens en situation de précarité le sont de plus en plus longtemps au Québec. On doit tisser un filet social plus large. Où doit-on mettre le stop dans un cheminement important dans une vie? On réalise que beaucoup de choses ont été instaurées à Victoriaville, mais qu’il reste encore tant à faire», constate-t-il.

Oui, certains trouvent refuge, la nuit, à Victoriaville, dans des couloirs d’immeubles d’habitation dont les portes demeurent déverrouillées. Triste à dire, mais le Tim Hortons a, un temps, été une solution pour se prémunir contre le froid nocturne. Faute de main-d’œuvre pour garder la salle ouverte la nuit, plusieurs ont perdu leur dernier abri.

L’hébergement de crise, voilà ce que l’on réclame cette fois. Une question «politique» a d’ailleurs été envoyée aux trois ordres de gouvernement, maire et députés, afin qu’ils puissent se prononcer à la faveur de la soirée du 18 octobre.

Enfin, on y parlera aussi d’intégration sociale et de services sociaux et de santé, car «plus on descend, plus c’est difficile de remonter», rappelle Danny Baril, notant que tout le monde a un rôle à jouer dans la société. Parfois, seuls quelques outils manquent.

Soirée chargée

Cette année encore, des étudiants du Cégep de Victoriaville tiendront des kiosques sur l’itinérance dans le cadre du cours «Pauvreté et exclusion sociale». Une occasion de découvrir les ressources disponibles dans la région pour les personnes en situation d’itinérance. Plusieurs prises de parole défileront dès 19 h. S’enchaîneront par la suite des prestations en musique et des spectacles variés, jusqu’à la vigile de solidarité, de 23 h à minuit. L’événement se tient simultanément dans une trentaine de villes québécoises.

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Luc Bouchard
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Luc Bouchard

Triste le monde sont bien dans le pantoufle chez eux pendant que d’autre n’ont même pas de pantoufle et de chez eux, si au lieux de faire des manifestations pour l’environnement le monde s’occupait de leur semblable ( l’humain) par un petit geste la vie serait meilleur pour eux.