La violence conjugale n’a pas de statut social

Par Andrée-Anne Fréchette
La violence conjugale n’a pas de statut social
Julie Croteau, directrice générale de la maison La Volte-Face, Isabelle Provencher, de Pharmaprix, Fannie Canin, Chantale Dusseault et Natasha Canin de l'entreprise familiale Vic Mobilier de magasins (Photo : www.lanouvelle.net)

Il n’y a pas de visage, de profil ou de statut social lorsque l’on parle de violence conjugale. Voilà pourquoi la maison d’hébergement La Volte-Face fait appel à des femmes d’affaires pour porter sa cause, mais aussi pour assurer la coprésidence d’honneur de son tirage annuel.

«Souvent, on ne devine pas la présence de la violence. On croit que ça se passe uniquement dans les grands centres comme Montréal et Québec. La mauvaise nouvelle, c’est que ça se passe ici même», a commencé Jessica Dessureault, présidente du conseil d’administration, lors de la conférence de presse organisée pour le lancement du tirage annuel. Elle a ajouté que son engagement auprès de la maison d’hébergement a conduit plusieurs femmes à se confier à elle au fil des ans et, chaque fois, ç’a été une surprise pour elle : «Ah oui? Cette personne-là, jamais on ne pourrait s’en douter. Elles proviennent de tous les milieux, notamment celui des affaires.»

Ainsi, on sollicitera tout particulièrement la communauté des gens d’affaires dans le cadre de cette mouture de l’activité, car on souhaite en faire des agents de changement. Déjà, on s’est allié Chantale Dusseault et ses deux filles, Natasha et Fannie Canin, trois femmes d’affaires engagées dans leur entreprise, Vic Mobilier de magasins, mais également dans différentes causes.

«L’égalité des femmes me touche beaucoup. Encore aujourd’hui, beaucoup sont victimes de violence physique et mentale. La violence conjugale demeure taboue. Je trouve important de sensibiliser les jeunes de mon âge à cette cause et de pouvoir, à petite échelle, aider les femmes à s’affranchir et à repartir du bon pied», a commencé Fannie Canin. Natasha Canin a dit avoir été remuée lors de sa première rencontre avec Julie Croteau, directrice générale de la maison La Volte-Face. Au su du travail de l’organisme, il lui semblait naturel de participer à la promotion du tirage. Chantal Dusseault, leur mère, a d’abord souligné l’importance de la relève, autant en affaires que dans l’engagement communautaire, et a mentionné avoir été sollicitée par ses filles pour cette coprésidence d’honneur. «On croirait qu’aujourd’hui, les gens ont le droit de rentrer chez eux et d’y trouver un havre de paix. Mais ce n’est pas la réalité. Nous n’avons pas tous cette chance», a-t-elle indiqué. Selon Mme Dusseault, Victoriaville jouit d’une communauté de gens dévoués et très attachés au domaine communautaire et a invité tout un chacun à la générosité, par l’achat de billets, mais aussi par des dons.

Groupes de soutien

Puisque la mission de l’organisme s’avère de contrer la violence conjugale chez les femmes et les enfants en offrant notamment des outils aux victimes, l’appui de la population se voit annuellement convoité par ce tirage, dont les billets se détaillent au coût de 10 $.  Les 15 000 $ amassés défrayeront une partie de l’épicerie de la maison, mais l’on s’en servira également pour développer un nouveau service sous forme de groupes d’entraide.

«Au Québec, une femme sur quatre est victime de violence conjugale», a rappelé Julie Croteau, directrice générale de la maison d’hébergement. De fait, le taux d’occupation de 98% à La Volte-Face pour la période de 2018-2019 démontre l’ampleur des besoins, mais signifie aussi que plusieurs ont dû se tourner vers d’autres solutions. L’année dernière, 46 femmes n’ont pu recevoir l’hébergement espéré. En outre, les intervenantes ont réalisé 406 rencontres à l’externe avec une centaine de femmes. Afin de répondre plus aisément aux demandes, avec les ressources en place, on proposera bientôt des séries d’ateliers de groupe destinés aux femmes victimes de violence. «Ça permettra de servir plus rapidement celles qui en ont besoin», a-t-elle précisé.

Enfin, les détenteurs de billets courront la chance de gagner l’un des 15 prix totalisant 5100 $ et offerts par des entreprises locales, lors du tirage qui se déroulera le mercredi 4 décembre, à 17h30, au Pub O’Connell. À Victoriaville, la boutique Mon petit singe, le Café Farniente et Pharmaprix vendent les billets. Les intéressés peuvent aussi s’en procurer directement auprès de la Volte-Face par téléphone ou par courriel (adj-adm@lavolteface.org). La boutique Cousins-Cousines de Plessisville permettra aux résidents de L’Érable de mettre la main sur un billet plus facilement.

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