Le Festival mécanique tente un virage osé, mais durable

Par Caroline Lepage
Le Festival mécanique tente un virage osé, mais durable
Des femmes prenaient part à des compétitions «slow race» samedi après-midi. (Photo : www.lanouvelle.net)

Le Festival mécanique s’adresse maintenant aux amateurs de tous les types de moto, mais il souhaite toujours la bienvenue aux «bikers» qui foulaient le village de Tingwick au volant de leur Harley, à l’époque du Rodéo mécanique.

Un ancien serveur du Bar de Tingwick, Mario Gosselin, est nostalgique du défunt Rodéo mécanique, qui attirait des milliers de «bikers» de partout.

«C’était noir de monde dans le village», se rappelle-t-il.

Les hommes ont également osé les compétitions «slow race», samedi après-midi. (Photo www.lanouvelle.net)

Durant la semaine du festival, il a connu des soirées record derrière le bar, qui était rempli à craquer. Il dit n’avoir jamais eu de problème avec les motards qui faisaient partie des nombreux clients.

M. Gosselin rapporte que Tingwick était reconnue comme étant le rendez-vous des amateurs de Harley, et ce, jusqu’à Ottawa.

Depuis qu’il a pris les rênes du Festival mécanique, il y a deux ans, le président, Hans Drouin, a ouvert l’événement à tous les types de moto pour créer davantage un rassemblement familial, à l’image des motocyclistes d’aujourd’hui.

D’après lui, ce virage s’imposait. Les policiers, qui toléraient au départ ce festival réputé pour être une «buverie collective», s’étaient multipliés pour effectuer de la surveillance, les dernières années. Le Rodéo mécanique avait fini par diviser le village parce que des résidents se sentaient prisonniers des nombreux barrages routiers qui bloquaient l’accès à Tingwick.

«On est reconnaissant de ce bel héritage», insiste M. Drouin, qui ne veut pas renier les bons coups du passé.

Une question de temps

M. Drouin, qui fait partie de la nouvelle génération de motocyclistes, veut que le Festival mécanique priorise les compétitions de tous les types de motos, et même de voitures, au lieu de la consommation d’alcool abusive.

Toutefois, force est de constater que, depuis deux ans, le nouveau festival accueille nettement moins de visiteurs. Cette année, les épisodes de pluie, vendredi et samedi, n’ont pas favorisé de participation record.

Hans Drouin préside le nouveau comité organisateur, qui compte une quinzaine de volontaires, auquel s’ajoute une soixantaine de bénévoles, durant le festival. (Photo www.lanouvelle.net)

Thierry Muraton, qui organise la Brocante moto, un événement rassembleur pour les motocyclistes passionnés, croit que c’est une question de temps avant de reconquérir le nouveau public.

«Aujourd’hui, il y a des motos de course, modifiées, électriques, etc. L’image des «bikers» ne correspond plus à la culture de moto d’aujourd’hui. Tout le monde a le droit de rouler», plaide M. Muraton.

Le président cite en exemple la chanteuse Marie-Ève Fournier, une ex-participante à l’émission La Voix, qui a offert un spectacle vendredi. Celle-ci aime les motos et veut revenir compétitionner l’an prochain.

La programmation 2019 a intégré des conférences, des activités impliquant des enfants, qui seront les futurs pilotes. L’application Web Knuckle, qui s’adresse aussi à tous les passionnés de moto, peu importe leur style, exposait ses produits sur place, comme bien d’autres.

«On fait partie d’un nouveau courant», résume M. Drouin.

Samedi matin, le maire de Tingwick, Réal Fortin, a proposé une promenade sur les routes de terre à laquelle une soixantaine de motocyclistes ont participé. Avec ses 120 km qui composent le chemin des éoliennes, la région est propice au développement de ce loisir, que les grands espaces et les paysages vallonnés mettent en valeur.

«La moto fait partie de l’ADN de Tingwick», est d’avis M. Drouin.

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