Mésentente entre deux quartiers warwickois

Par Andrée-Anne Fréchette
Mésentente entre deux quartiers warwickois
Linsay Raymond (Photo : www.lanouvelle.net)

Les résidents de la rue Louis-Payer et de la rue Alice-Béliveau ont bien des choses en commun, dont un boisé. Toutefois, la vente de cette étendue verte en 2017 à un des propriétaires sème l’inquiétude.

Linsay Raymond vit sur la rue Louis-Payer et s’est présentée à la période de questions de la séance ordinaire du conseil municipal de Warwick pour s’enquérir des détails de la vente des terrains situés entre son quartier et celui de la rue Alice-Béliveau. «Nous n’avons jamais été avisés de la vente de ses terrains et peut-être que ça nous aurait intéressés, afin de conserver un peu de ce zonage», a-t-elle commencé.

Lors de l’achat de sa maison en 2016, le promoteur avait certifié que cet espace demeurerait protégé par un zonage à vocation naturelle et qu’on ne pouvait le transformer. Or, elle a appris cette année que la Ville avait procédé à sa vente en 2017. Le maire, Diego Scalzo, a assuré que tout le projet avait été pensé pour que ce lieu reste dans son état originel. La cession a été entérinée conditionnellement à sa préservation, puisque ce désir apparaît unanime, de part et d’autre.

Le mois dernier

À l’issue de la séance du conseil de juin, au cours de laquelle deux propriétaires avaient fait part aux élus de la lourdeur des procédures et des coûts afin d’obtenir les autorisations pour l’installation d’un ponceau dans ce boisé, M. Scalzo avait précisé le contexte de leur demande. Au départ, le lotisseur de la rue Alice-Béliveau développait aussi la rue Louis-Payer. Le tout s’inscrivait dans un même projet, comprenant une servitude d’aspect, pour garantir l’harmonie visuelle des propriétés entre elles. Une fois la rue Alice-Béliveau terminée, le promoteur a passé le flambeau à un autre. Toutefois, ce dernier envisageait le quartier différemment et aspirait à une servitude d’aspect revampée, puisque les modes avaient changé depuis le début des années 2000. Or, pour transformer la servitude, tous les résidents de la rue Alice-Béliveau devaient signer un document l’approuvant. Deux citoyens, dont les résidences sont adjacentes à la nouvelle rue et uniquement séparées par le boisé, ont accepté d’y apposer leur griffe, mais à la condition que l’un d’eux puisse acquérir le lot. Pour eux, il s’agissait simplement de s’assurer de conserver leur tranquillité.

«Pour nous c’était clair que si l’on vendait cet espace boisé, il resterait tel quel et qu’on ne pouvait intervenir. Désormais, ils veulent le faire et y installer un ponceau, car il y a un petit ruisseau et ils veulent traverser de l’autre côté, pour planter des arbres. Nous, on applique les règlements, mais ils aimeraient que ça soit plus souple», avait raconté M. Scalzo. Les résidents de la rue Louis-Payer, inquiets de ce ponceau quant à leur intimité, ont déposé une pétition plus tôt cette année.

En cachette

L’impression qu’on a tenté de dissimuler cette vente tracasse Linsay Raymond, puisque les résidents ne l’ont apprise qu’en 2019. «On aurait dû être mis au courant et avoir de meilleurs liens avec nos voisins arrière, car ce quartier donne de la valeur à Warwick. Pour maintenir la bonne entente, les terrains auraient dû être vendus à parts égales entre les deux quartiers», a-t-elle partagé. Le maire a dit n’avoir jamais rien caché à la population. «Sans la vente de ces terrains, toute la rue n’aurait jamais existée. C’est la vision du conseil municipal. Ça ne prenait qu’une seule personne qui s’oppose au projet de la rue Louis-Payer et celle-là n’existerait pas.»

Mme Raymond, correspondances à l’appui, a souligné que le promoteur de son quartier avait cédé ces terrains à la Ville afin qu’ils demeurent naturels et que la vente ne figurait dans aucun des documents qui lui ont été fournis. «Présentement, c’est tellement beau. Tout est fleuri, on ne voit rien de l’autre côté et l’intimité est super. Là, il va enlever tous les petits arbres pour s’assurer qu’on voit sa piscine de l’autre côté», a-t-elle déploré. Elle a exigé des réponses et des solutions de la part de la Municipalité.

Le maire rappelle avoir accepté la vente puisque la personne souhaitait conserver le boisé. «Il n’y avait encore aucune maison sur la rue Louis-Payer et c’était une condition pour que votre développement se fasse.» Le promoteur en était informé, a confirmé la directrice générale, Lise Lemieux.

Linsay Raymond espère l’annulation de la vente, afin que personne n’y touche. Elle a affirmé qu’elle épluchera les résolutions adoptées par la Ville à ce sujet et qu’elle se représentera au conseil. Par ailleurs, l’asphaltage de la rue Louis-Payer devrait être réalisé d’ici la fin du mois d’août.

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