Il est plus que temps d’investir pour protéger nos jeunes!

Tribune libre
Il est plus que temps d’investir pour protéger nos jeunes!
(Photo : Archives)

Récemment, les médias nous apprenaient que des dossiers étaient carrément échappés dans les failles des dédales administratifs du fonctionnement de la direction de la protection de la jeunesse de Mauricie-Centre-du-Québec. On apprenait également le manque flagrant d’effectifs et de moyens qui permettraient de remplir adéquatement leur mission première : protéger les mineurs vulnérables. Derrière les dossiers et les statistiques, il y a des enfants et des adolescents qui vivent dans des conditions inadmissibles, dont ils devront assumer les séquelles le reste de leur vie.

Ces dénonciations mettent également en lumière les piètres conditions de travail du personnel de la direction de la protection de la jeunesse. On apprend que les absences pour maladies, dont le surmenage, maternités, retraites et démissions créent un manque de personnel qui fait en sorte que les intervenants qui restent voient constamment augmenter le nombre de cas qu’ils ont à traiter. De plus, un tel roulement du personnel nuit considérablement aux enfants qui ont besoin, à ce moment charnière de leur vie, de créer des liens stables avec un adulte significatif qui se soucie de son sort et qui a les outils à sa disposition pour l’aider à l’améliorer.

La seule façon qu’on semble appliquer pour pallier au manque de ressources est de prioriser les urgences par ordre de dangerosité, de diminuer le temps accordé à chacun et d’espacer les interventions jusqu’à ce qu’elles deviennent des urgences qui arrivent au-dessus de la pile!

On manque de tout, y compris de structures pour appliquer les jugements de la cour limitant ou supervisant les contacts des enfants avec des personnes à risque. Quand l’enfant doit être retiré de son milieu, on manque de place dans les centres, on le confie à des familles d’accueil inadéquates ou le retourne dans sa famille biologique négligente et violente, sans support. Faute de ressources adéquates dues à des restrictions budgétaires constantes, on diminue les services alors que les besoins sont en augmentation. C’est ainsi qu’au lieu de prendre les moyens pour briser le cycle, on le perpétue.

Il y a évidemment des limites à étirer l’élastique. Il arrive un moment où il cède, avec des drames aux conséquences irréparables et des dommages collatéraux difficilement quantifiables. En plus des victimes directes, c’est l’ensemble de la société aura à assumer les conséquences de ces carences à long terme.

On se scandalise volontiers quand les drames privés deviennent publics. On ne se gêne pas pour critiquer ce qui a été fait autant que ce qui n’a pas été fait. En même temps, on veut plus de services tout en payant moins de taxes. Comment faire sans investir davantage pour former du personnel compétent et leur offrir des conditions de travail décentes, motivantes et valorisantes afin de les garder et nourrir leur désir de faire une différence dans la vie de ces enfants? La qualité et l’efficacité ont un prix qu’il faut être prêt à payer. Il importe également d’établir des complémentarités entre les différents intervenants qu’ils soient du réseau de la santé, des services sociaux ou du communautaire, afin que tous les enfants soient outillés préventivement et que les intervenants répondent rapidement aux besoins afin d’en  limiter les conséquences.

Une fois son plan d’action établi, la DPJ de Mauricie–Centre-du-Québec devra le présenter à la Commission des droits de la personne. Espérons que tous se souviendront qu’on juge la grandeur d’une nation à la façon dont elle traite ses membres les plus vulnérables.

ESPACE est là non seulement pour outiller les enfants, mais également les parents et l’ensemble de la communauté. Si vous vous posez des questions face à une situation ou vous ne savez comment réagir, si vous avez besoin d’aide ou si vous désirez qu’on vous accompagne pour faire un signalement, n’hésitez pas à nous consulter, c’est gratuit et confidentiel : ESPACE Centre-du-Québec, (819) 752-9711.

Texte rédigé par Monique T. Giroux pour ESPACE Centre-du-Québec

Membre du ROEQ (regroupement des organismes ESPACE du Québec) www.espacesansviolence.org

Partager cet article

Poster un Commentaire

avatar
  Subscribe  
Me notifier des