Du beau temps pour l’été de jeunes polyhandicapés

Par Andrée-Anne Fréchette
Du beau temps pour l’été de jeunes polyhandicapés
L'équipe du camp de jour Sur les traces d'Elliot se prépare pour l'été. (Photo : www.lanouvelle.net)

Une dizaine de jeunes femmes s’affairent à planifier l’été dans des locaux de la place Rita-St-Pierre. Depuis quelques semaines, elles assistent à différentes formations. Ces étudiantes passeront les prochains mois à enjoliver les journées d’enfants polyhandicapés.

Certains enfants présentent des besoins particuliers trop importants pour accéder au service d’animation estivale de la Ville de Victoriaville, même au volet intégration. Le camp de jour Sur les traces d’Elliot de l’Association pour l’intégration sociale (AIS) a vu le jour en 2006 pour soutenir les familles et proposer des activités adaptées aux enfants âgés de 5 à 21 ans ayant un polyhandicap. Le camp compte sept inscriptions cette année. Autant d’animateurs s’activent à préparer leur calendrier tout en recevant différents monitorats. «Ces enfants ont des besoins très particuliers. Ce peut être des soins d’hygiène ou médicaux. On doit faire des exercices recommandés par les ergothérapeutes pour aider à maintenir la motricité et la mobilité de leurs membres. Souvent, ils ont plusieurs déficits associés, comme une déficience intellectuelle, des troubles auditifs et d’autres diagnostics», exemplifie Valérie Jutras, coordonnatrice de l’AIS.

De fait, difficile pour un parent, une fois l’école terminée, de dénicher une ressource spécialisée pour s’occuper de son enfant lourdement handicapé à la maison afin de conserver leur emploi. Les monitrices spécialisées du camp Sur les traces d’Elliot permettent aux papas et mamans de vaquer à leurs occupations l’esprit tranquille. Qui plus est, elles s’assurent que les participants ne manquent pas de plaisirs, tout en respectant leur capacité. Le ratio d’une animatrice par personne garantit une surveillance constante et des soins immédiats.

À l’écoute

Grâce au camp, les jeunes vivent un été comme n’importe quel enfant. La piscine, les sorties, les promenades extérieures et les ateliers s’inscrivent au plan. «On y va beaucoup avec le sensoriel. Par exemple, nous nous rendons au Parc Marie-Victorin, où l’on peut sentir et goûter des fleurs», indique la coordonnatrice. Les installations aquatiques adaptées de la piscine Édouard-Dubord facilitent ce type d’équipée. La cueillette de fraises, les quilles et le cinéma figurent à l’horaire.

La différence réside dans une plus grande attention des limites des enfants. «Souvent, on doit leur faire faire des siestes, car c’est très exigeant pour eux. Ils aiment les activités, mais il faut moduler en fonction de leur énergie respective», explique-t-elle. Tous ne participeront pas nécessairement à une sortie si leur état ne paraît pas favorable.

«Les animatrices poursuivent des études connexes en éducation spécialisée ou en ergothérapie, entre autres. Des professionnels viennent leur montrer les exercices à faire au quotidien et elles suivent à la lettre les recommandations du personnel du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS)», indique Mme Jutras au sujet des qualités des jeunes travailleuses du camp. Des cours multiples servent à la réalisation de leurs tâches de tous les jours, dont la formation nationale en accompagnement en loisir pour les personnes handicapées et la formation Oméga.

Étant donné les ressources humaines, les salles et les équipements adaptés nécessaires, il en coûte plus cher pour ce service que pour celui dispensé par la Municipalité. «Ce sont des coûts importants. Heureusement, nous avons à l’AIS un volet défense des droits pour soutenir les parents. Nous remplissons donc avec eux différents formulaires pour obtenir des subventions et leur permettre d’inscrire leur enfant», précise Valérie Jutras. La Fondation Les Amis d’Elliot contribue largement à la tenue du camp, de même que le CIUSSS et l’InterVal.

Les petits, parfois non verbaux, dévoilent leur joie par leur entrain à leur arrivée le matin et leur sourire. Pour les proches, le camp constitue l’assurance que leur enfant poursuit son développement lors de la période estivale, dans un milieu sécuritaire, bienveillant et aimant.

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