Des années à mordre la poussière

Par Andrée-Anne Fréchette
Des années à mordre la poussière
Lise Allaire et Alain Fafard, résidents du rang 5, déplorent que leurs plaintes restent lettre morte, année après année. Cette voiture, lavée deux jours précédant cette photo, devra être nettoyée avant sa prochaine sortie. (Photo : www.lanouvelle.net)

Lise Allaire lave les bancs de sa cuisinette d’été afin qu’on s’y installe. Un épais film de poussière recouvre tout chez elle, à l’intérieur comme à l’extérieur. Depuis que l’asphalte a disparu du rang 5 de Saint-Norbert-d’Arthabaska, il y a bientôt quatre étés, la même histoire se répète chaque printemps.

(Photo www.lanouvelle.net)

Des citoyens exhortent la Municipalité d’épandre plus tôt et plus fréquemment du chlorure de sodium liquide (abat-poussière) depuis des années. En 2017, ils déposaient une pétition contenant 70 signataires afin de se faire entendre. Le rang 5 compte une cinquantaine de résidences.

Lise Allaire et Alain Fafard font partie de ces gens qui déplorent tous les inconvénients occasionnés par ce poussier de gravier, du nettoyage interminable de leurs biens à la visibilité réduite sur la route. «Le vent est toujours de ce côté-ci», commence Mme Allaire. À ce moment, un pick-up passe devant la maison, soulevant un nuage grisâtre qui remonte tranquillement la pente du terrain, jusqu’aux bâtiments. «Même si on s’assoit en haut de la montagne, la poussière nous suit jusque-là», désespère la citoyenne.

Absence de compassion

Les répliques émanant de la part des différents employés de la municipalité quant à la situation les sidèrent. «Je leur demande comment puis-je étendre mon linge sur la corde et on me répond de le mettre dans la sécheuse», témoigne Mme Allaire. Le manque de sensibilité irrite presque autant que la poussière. Elle rapporte aussi l’anniversaire de 91 ans de sa mère, la semaine dernière, alors que les convives n’ont pu profiter des installations extérieures de la demeure. «Alain s’est rendu au conseil municipal pour parler de l’événement. On a reçu pour réponse qu’on avait juste à louer le centre communautaire», se désole-t-elle.

Alain Fafard vit dans sa maison du rang 5 depuis 42 ans. Il raconte le cas d’un Norbertien qui a acheté pour quelque 500 $ du produit anti-poussière et l’a répandu sur la route. M. Fafard confie avoir dû également intervenir sur le chemin qui borde sa propriété, mais qu’il s’attend à mieux. «En tant que contribuable, je me dis que je dois avoir des droits et des services», clame-t-il.

Le bitume, enlevé il y a quelques années à cause de son état de décrépitude, évitait bien des tracas. À l’époque, on les avait assurés qu’une telle chaussée réapparaitrait. Depuis, des travaux se sont succédé sans que les résidents y voient d’avantages.

Le couple, qui possède une belle piscine creusée, doit démarrer le robot pour la nettoyer chaque jour. Le sable s’y accumule rapidement. On espère «le calcium», qui n’arrive pas, et on souhaite des réponses plus claires de la part de Saint-Norbert-d’Arthabaska.

La semaine prochaine

Lundi (10 juin), il n’y avait toujours pas d’abat-poussière épandu sur le rang 5. René Tousignant, directeur général suppléant, explique que ce travail devrait se réaliser la semaine prochaine, si la température s’avère clémente. Auparavant, les rangs doivent être nivelés en profondeur, ayant déjà subi un nivellement de surface. Ces travaux doivent précéder l’épandage afin d’assurer l’adhésion de l’abat-poussière à la route.

L’an dernier, ces façonnages avaient été exécutés dans la première moitié du mois de juin. «Plusieurs citoyens ont hâte et on les comprend», admet M. Tousignant. Il ajoute qu’il faut aussi considérer les disponibilités de l’entrepreneur responsable des travaux pour fixer la date de leur réalisation.

À la même époque, en 2018, le maire Jean-François Pinard avait laissé entendre en entrevue au www.lanouvelle.net, qu’une étude serait menée afin d’établir si la route ne constitue pas un chemin de traverse en direction de Sainte-Hélène-de-Chester. Si l’on en arrivait à cette conclusion, avait-il affirmé, la Municipalité envisagerait de l’asphalter (https://bit.ly/2Iy9FtU).

Or, bien qu’on parle d’un passage de quelque 500 véhicules quotidiennement, selon les résidents, l’artère ne figure toujours pas au Plan d’intervention en infrastructures routières locales (PIIRL). M. Tousignant confirme que des améliorations seront apportées dans le rang 6, mais aucune route ne sera asphaltée, du moins à court terme.

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