Cannabis : en affaires à Victoriaville

Par Andrée-Anne Fréchette
Cannabis : en affaires à Victoriaville
Marie-Pierre Cossette, responsable de projet des Fonds de recherche du Québec, et Jonathan Prévost d'ASTRL Cannabis, lors de la remise des prix du 21e Défi OSEntreprendre Centre-du-Québec (Photo : gracieuseté)

Jonathan Prévost, ingénieur mécanique et étudiant à la maîtrise en gestion organisationnelle, caresse le projet de se lancer en affaires depuis un moment. La légalisation du cannabis constitue pour lui une opportunité à saisir et un univers à découvrir. Son entreprise, en démarrage à Victoriaville, ASTRL Cannabis, reçoit déjà des honneurs.

Le jeune entrepreneur rassure d’emblée ses concitoyens, vu la nature du produit qu’il espère cultiver à Victoriaville. «C’est un beau projet qui s’en vient. Je ne navigue pas dans rien de mauvais. Ce qui est projeté est tout à fait légal et procurera des retombées importantes pour la région», souligne-t-il. D’ailleurs, pour opérer dans ce secteur, les règles à observer s’avèrent nombreuses.

Originaire de Thetford Mines, Jonathan Prévost vit à Victoriaville depuis quatre ans. Il évolue dans le domaine de l’industrie manufacturière. Attaché à la région, il souhaite y faire prospérer son entreprise de production et de transformation de cannabis. Habitué de la gestion de bâtiments et de l’environnement, il croit détenir plusieurs qualités essentielles pour arriver à ses fins. «On voit ce qui se fait au Colorado et en Californie. Ce sont des marchés florissants et innovants. La légalisation amènera ce courant-là ici. J’ai toujours désiré me lancer en affaires, alors un plus un égale deux», explique-t-il.

Le potentiel économique à court et à long terme de la production de cannabis récréatif destiné à la Société québécoise du cannabis (SQDC) pourra prochainement profiter à la région par l’entremise d’ASTRL. Et le 21e défi OSEntreprendre Centre-du-Québec n’a pas hésité à le souligner en remettant au projet de M. Prévost le prix coup de cœur étudiant créateur d’entreprise. «Je crois que ce qu’ils ont trouvé intéressant, c’est que ça ouvre la porte à toutes sortes d’innovations et à des possibilités d’y jumeler des projets de développement», commente-t-il.

Pour l’instant, les plans comprennent un bâtiment de 40 000 pieds carrés, l’embauche de personnel administratif, de techniciens et d’un biologiste-chimiste, entre autres. Annuellement, il estime à 800 kilogrammes les récoltes annuelles d’ASTRL.

Mais avant, M. Prévost devra s’atteler à l’obtention de sa licence de culture, de transformation et de vente auprès de Santé Canada. «Il faut répondre aux standards de qualité de produit. Je devrais moi-même me soumettre à des enquêtes d’habilitation de sécurité auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC)», énumère-t-il. Quant au site, il doit respecter des normes de contrôle des accès et prévoir des caméras, entre autres. «On ne peut pas faire ce qu’on veut dans nos locaux, tout est très encadré», résume Jonathan Prévost. Les plans passeront sous plusieurs loupes avant l’érection du bâtiment. Puisque l’acquisition du terrain souhaité reste à faire, il ne peut révéler le lieu où l’entreprise s’installera. Ce qu’il peut confirmer, c’est que la construction durera plusieurs mois et nécessitera des millions de dollars en investissement.

Recherche

Une douzaine de producteurs québécois fournissent actuellement la SQDC. Pour M. Prévost, il y a encore beaucoup de recherches à mener afin de développer les produits désirés par les consommateurs. On connait bien le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), mais aussi le cannabidiol (CBD). «Il n’est pas psychoactif. Quelqu’un pourrait le fumer sans ressentir d’effet. Or, ses effets thérapeutiques sont très prisés. C’est un des cannabinoïdes, parce qu’il y en a beaucoup d’autres, et même certains que nous ne connaissons pas encore, qui est très populaire, car il procure l’apaisement de symptômes. On entend parler d’application pour l’épilepsie et pour la douleur, notamment», exprime-t-il.

Rapidement, il désire s’installer et atteindre le volume de production escompté. «Dès l’automne prochain, il y aura la légalisation des concentrés et des consommables. On voudrait diversifier, en ce sens, nos produits d’ici 3 à 5 ans. Oui, on misera certes sur ce qui est mangeable, mais on peut aussi penser à des crèmes topiques et à une panoplie d’autres dérivés», projette-t-il.

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Daniel fortier
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Daniel fortier

Bravo Jos