Installations sonores : un dixième qui en met plein la vue et les oreilles

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Par Manon Toupin
Installations sonores : un dixième qui en met plein la vue et les oreilles
Érick d'Orion pose devant «La bête à sept têtes». (Photo : www.lanouvelle.net)

C’est le dixième anniversaire des Installations sonores du Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV). L’occasion parfaite de faire le tour et s’en mettre plein les yeux et les oreilles, et ce, jusqu’au 19 mai.

Les choses ont changé depuis 10 ans, comme l’explique le commissaire aux installations sonores, Érick d’Orion. En effet, si au départ les gens se surprenaient de voir ces œuvres dans le décor du parc Sainte-Victoire, ce n’est plus le cas. Même que certains s’informent pour savoir quand ils pourront faire la tournée. Cette portion du festival s’est même forgé une réputation au fil du temps qui fait en sorte que plusieurs artistes souhaitent y présenter une œuvre. «Les Installations sonores font maintenant partie du paysage. Les gens ne sont plus étonnés de les voir», apprécie-t-il.

Érick a bien vu l’évolution au fil du temps. «Au départ, nous avons fait des erreurs avec ce projet inventé. Mais maintenant, il y a un régisseur sur place, des guides et des responsables des bénévoles», fait-il remarquer.

Des œuvres qu’on regarde, qu’on écoute et qu’on touche aussi parfois. .
Les enfants écoutent attentivement les explications de la guide, Danielle LeBlanc.

La fréquentation des lieux a également connu une belle croissance, si bien que l’an dernier, ce sont 42 groupes qui ont fait la visite guidée. «Et on en espère sensiblement le même nombre en 2019», ajoute-t-il.

En nouveauté, cette année, un questionnaire auquel le FIMAV met les gens au défi. Une question par installation et les réponses sont disponibles sur le site du festival.

Visite

Lundi matin, il y avait déjà des groupes d’élèves qui bénéficiaient d’une visite guidée des Installations sonores. Parmi eux, un de maternelle de l’école Sainte-Marguerite-Bourgeois. L’enseignante a expliqué qu’elle vient chaque année avec ses élèves. «Ils sont attentifs et je suis toujours surprise de leur réaction.»

Leur visite a commencé avec Émilie Payeur et «Je ne souviens, tu m’avais dit…». Une tente-roulotte remplie d’objets divers, d’images, de son, et qui invite les gens à s’arrêter à l’intérieur et contempler. Une ambiance  à voir et à ressentir, au son du bruit.

«La bête à sept têtes» est plus bruyante. Réalisée par L’Orchestre d’Hommes-Orchestres, l’œuvre est constituée de sept aspirateurs, reliés à des cornets de cuivre. Le tout se retrouve dans un vieux camion et ce sont les appareils de dépoussiérage qui alimentent les instruments qui offrent des moments sonores assez impressionnants. Les oreilles sensibles ne voudront pas trop s’attarder…

Le circuit se poursuit un peu plus calmement avec «Akousmaflor+Lux», œuvre de Senocosme (un duo qui vient de la France). Petite incursion nature avec cette installation où, au premier coup d’œil, on ne voit que cinq plantes vertes accrochées au plafond. Mais il faut s’approcher et toucher doucement les plantes afin d’enclencher les bruits puisqu’elles réagissent à l’énergie des passants. Les enfants n’ont pas hésité, calmement, à effleurer les feuilles et produire des sons.

Le terrain de pétanque du parc, pour sa part, accueille l’œuvre de Ludovic Boney, intitulée «Fontaine d’intérieur». Une œuvre imposante formée de cuves de plastique de 1000 litres empilées et reliées avec des tuyaux où passe l’eau et imite à perfection le son d’une chute. «Pour certains ce bruit peut-être apaisant, mais pour d’autres (qui vivent les inondations par exemple), il peut être stressant», explique la guide Danielle LeBlanc. Une installation où s’arrêter pour écouter le doux clapotis de l’eau.

La Vélogare, de son côté,  abrite un orchestre réduit. En effet, l’œuvre de Georges Azzaria, «Réduction d’orchestre», propose différentes composantes d’instruments de musique, réunis et animés ensemble. La base est formée de tambours sur lesquels des baguettes vibrent. Vient ensuite la table d’un violoncelle où sont posés, notamment, des marteaux de piano qui frappent doucement sur le bois. Le tout est amplifié et vient produire une musique qu’il faut voir et entendre.

La visite se poursuit du côté du Carré 150 avec une autre œuvre de Senocosme, portant le titre de «Métamorphy». Encore une fois, le visiteur sera invité à toucher et pousser un peu le filet en face de lui afin d’activer l’œuvre formée de sons et de lumières. Il sera aussi en vedette, son image étant reflétée dans un miroir derrière le filet.

La bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot, finalement, propose une œuvre aux lignes esthétiques intéressantes. «Telharmonium 2.0» est formée de trois modules indépendants avec boutons et petits moteurs. On peut contrôler la musique soi-même en tournant les boutons manuellement ou encore y aller en mode automatique et apprécier l’ambiance.

De l’art accessible

Les Installations sonores permettent aux passants d’accéder à l’art actuel. Ils peuvent s’arrêter et découvrir le talent des artistes qui savent allier son et art visuel en plus de la technologie souvent reliée à ces œuvres.

Une discipline qui prend de plus en plus d’importance dans le monde artistique et pour laquelle le FIMAV donne une belle vitrine depuis 10 ans maintenant. «Les Installations sonores du FIMAV, c’est un concept assez unique autant au Québec qu’au Canada, notamment par sa forme récurrente», termine Érick d’Orion.

Il est présent depuis le début dans cette aventure et voudrait bien être en mesure, financièrement, de recruter dans les prochaines années des artistes de l’extérieur du Québec et les inviter à créer des œuvres spécialement pour le FIMAV.

 

 

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