Jean Vanier : faire avec eux et les professionnels de coeur

Tribune libre
Jean Vanier : faire avec eux et les professionnels de coeur
(Photo : Archives)

Jean Vanier est décédé aujourd’hui à Paris. Il était le fils de l’ancien gouverneur général du Canada, le général Georges Vanier. Il avait 90 ans. Il avait fondé l’Arche à Trosly dans le nord de la  France, dans les années 60, après des études à Paris, en philosophie et théologie. Plus tard, les Arches ont essaimé partout dans le monde.

J’avais entendu parler de lui une première fois en 1972. Une amie de Campbellton (Lorraine L.) voulait aller le rejoindre en France. Puis j’avais lu son histoire dans un Sélection de 1976. Plus récemment, je recevais régulièment son infolettre par Internet.

Deux choses m’avaient marqué lorsque j’avais lu son histoire, dans un Sélection de 1976. Dans le début des années 60, il avait fait son stage en peignant une chapelle pour handicapés mentaux à Trosly. Il avait alors dit : «J’ai été frappé par le fait suivant : Quand la société s’occupe des déshérités, elle agit pour eux, de l’extérieur et non pas avec eux. Il est extrêmement rare que quelqu’un ose s’aventurer à partager leur expérience».

Vanier avait alors décidé de vivre avec eux. Il avait acheté une maison délabrée et s’y était installé avec deux handicapés mentaux : Raphaël et Philippe. Par la suite, on le sait, cette maison a grandi et s’est multipliée. Des personnes handicapées ont passé. Elles y ont travaillé. Elles étaient rémunérées. Le but de Vanier était de leur donner un sentiment de sécurité et la certitude d’être aimé. Ensuite, elles se retrouvaient ailleurs dans le monde.

Pour lui aider, Vanier a eu des bénévoles : des  travailleurs sociaux, des psychologues, des physiothérapeutes, etc  qui allaient à l’Arche pour apprendre. Ceux-ci n’y allaient pas uniquement en stage de quelques mois. Ils y passaient parfois plus d’une année et venaient alors de plusieurs pays.

Ce sont eux que Vanier appelait «LES PROFESSIONNELS DE CŒUR». Il leur disait, quand certains se demandaient s’ils en faisaient assez : «Votre présence ici est ce que vous pouvez leur donner de plus précieux».

Voilà.  «FAIRE AVEC»  «LES PROFESSIONNELS DE CŒUR» sont des mots qui définissent bien ce que j’ai toujours vu dans le milieu communautaire…et que j’ai toujours souhaité voir dans le milieu de la santé et des Services sociaux.

C’est peut-être avec ça qu’on commence à changer le monde!

Henri-Paul Labonté

Victoriaville

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