Décès d’une fillette à Granby : espérons le réveil des autorités gouvernementales

Tribune libre
Décès d’une fillette à Granby : espérons le réveil des autorités gouvernementales
(Photo : Archives)

Une onde de choc a frappé la population du Québec dans les derniers jours à la suite de l’annonce du décès de la jeune fille de 7 ans à Granby. L’APTS-MCQ tient à réagir à cette nouvelle afin de participer à la réflexion collective qui se tiendra, espérons-le, dans les prochains mois.

Nous tenons à réitérer à la population québécoise que les travailleuses sociales, les psychoéducatrices, les psychologues, les éducatrices spécialisées et les autres intervenantes du réseau font ce métier par passion et par total dévouement envers le bien-être des enfants qui sont sous la responsabilité du Directeur de la protection de la jeunesse. Il ne faudrait surtout pas commettre l’erreur de les tenir pour responsables des ratés du réseau de la santé et des services sociaux.

Nous constatons au quotidien les conditions de travail difficiles du personnel oeuvrant en CJ qui compose avec des usagers aux prises à de grandes vulnérabilités, qui ont des problèmes sévères d’adaptation sociale, de consommation ou de santé mentale par exemple. Ce personnel croule sous la paperasse administrative et un nombre de dossiers trop grand à leurs charges pour permettre de mener à bien les évaluations et les suivis. Le taux de roulement est élevé, les absences nombreuses, le tout étroitement lié aux conditions de travail dans ce milieu. Les délais d’évaluation sont trop longs, beaucoup trop longs. Les taux de signalement ont augmenté sans ajout de ressources. De nombreux postes sont vacants au surplus.

Hier, la classe politique, dans un élan d’émotion, semble avoir eu une grande prise de conscience. Il a fallu le décès d’un enfant pour que ces gens réalisent que cela fait plus de 10 ans que les services de protection de la jeunesse appellent à l’aide. Cela ne date pas d’hier que la magistrature, les syndicats et la population interpellent les CISSS, les CIUSSS et la classe politique pour dénoncer le manque de ressources humaines, la charge administrative, l’augmentation exponentielle des dossiers signalés à la protection de la jeunesse et la gestion axée sur la performance statistique comme si ces travailleuses évoluaient dans une perspective de rentabilité d’entreprise. Au surplus, le système de protection de la jeunesse grâce aux réformes du gouvernement libéral est maintenant engouffré dans un système »hospitalocentrisme » et géré comme une entreprise privée comme s’il fallait faire du soin de nos enfants, une course au rendement statistique.

Espérons que le voeu de l’Assemblée nationale d’hier ne reste pas en vain. Espérons que la CAQ saura réussir, saura agir là où les libéraux ont largement échoués.

Steve Garceau, directeur à l’exécutif local APTS CIUSSSMCQ et représentant CJ

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