Discussion sur la politique et les médias au congrès conservateur

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Par Claude Thibodeau
Discussion sur la politique et les médias au congrès conservateur
Un panel pour discuter de la politique et des médias. (Photo : lanouvelle.net)

Une journaliste d’expérience, un polémiste et un jeune chroniqueur ont échangé, samedi, sur la question de la politique et des médias à l’occasion du congrès général de l’aile québécoise du Parti conservateur du Canada qui se tenait au Centre des congrès de l’Hôtel le Victorin à Victoriaville en présence de 800 militants.

Animé par l’ex-journaliste et député fédéral Gérard Deltell, le panel a réuni la journaliste Emmanuelle Latraverse, analyste politique à TVA, Éric Duhaime, animateur de radio au FM 93 de Québec et Philippe Léger, chroniqueur au Journal de Montréal et fils de Jean-Marc Léger, président de la réputée firme de sondage du même nom.

Éric Duhaime et Gérard Deltell (Photo lanouvelle.net)

D’entrée de jeu, Éric Duhaime a parlé d’une campagne qui s’annonce historique, selon lui. «Cette élection risque d’être un tournant dans l’histoire politique canadienne», a-t-il dit.

Emmanuelle Latraverse, pour sa part, a notamment comparé une campagne électorale à une valse entre les militants, les candidats et le chef. «Mais pour gagner, a-t-elle noté, tous doivent danser au même rythme, selon la même chorégraphie que tous doivent avoir assumée».

La journaliste a pris bien soin de préciser que le rôle des médias ne consiste pas «à danser votre valse, à votre rythme, selon votre partition».

Mme Latraverse ajoute, par ailleurs, que les journalistes ne cherchent pas à faire trébucher le chef ou à mettre dans l’embarras les candidats ou les militants. «Le rôle (des médias) consiste cependant à voir là où l’harmonie n’est pas bonne, là où la musique est mal composée, et à voir si le chef est capable de s’ajuster et en mesure de répondre aux questions», a-t-elle souligné.

Philippe Léger et Emmanuelle Latraverse (Photo lanouvelle.net)

La journaliste illustre une campagne d’une autre façon, la comparant à une grande entrevue d’embauche pour un politicien. «Si votre chef veut être premier ministre, il doit faire face  aux questions», a-t-elle précisé.

Puisqu’il en fait partie, Philippe Léger, de son côté, dit connaître les jeunes «qui ne sont pas comme vous le pensez ou comme on les décrivait auparavant».

Selon lui, si un parti veut le pouvoir, il aura besoin de l’appui, du vote des jeunes. «À la prochaine élection, a-t-il souligné, les jeunes auront un poids électoral plus grand que toutes les autres générations.»

Ces jeunes, selon lui, ont entre 25 et 35 ans, ce sont de jeunes familles vivant avec une précarité financière. «Leur poids électoral est immense, a-t-il signalé. Mais je ne pense pas qu’ils détermineront le prochain gouvernement. Toutefois, ils décideront si le gouvernement est minoritaire ou majoritaire. Si les conservateurs veulent faire des gains, cela doit se faire dans la région du 450 et dans certaines régions du Québec, l’Abitibi, le Saguenay, Drummondville et Saint-Hyacinthe. C’est la clé pour un gouvernement conservateur majoritaire.»

Les médias sociaux

Comment doit-on composer avec les médias sociaux? a questionné Gérard Deltell.

Lui-même un ex-journaliste, Gérard Deltell a animé le panel. (Photo lanouvelle.net)

Pour Éric Duhaime, les médias traditionnels n’ont plus l’impact qu’ils avaient auparavant dans la population. «Vous, les conservateurs, vous n’aurez pas l’appui du parti des médias, a-t-il dit. Mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, c’est possible de rejoindre votre monde, une façon plus rapide, plus facile. Il y a moyen de passer votre message, malgré ceux qui sont censés être des diffuseurs officiels. Avec les médias sociaux, vous êtes des journalistes citoyens et vous détenez un rôle de diffuser de l’information.»

Emmanuelle Latraverse, elle, a servi une mise en garde et un appel à la prudence. «Vous serez surveillés et évalués, a-t-elle confié aux candidats et militants. Il ne faut pas minimiser l’importance des médias sociaux. C’est une arme hyper utile pour mobiliser et rejoindre les gens. Quant à moi, je ne publie rien que je ne suis pas prête à dire à la télé ou en public.»

Même son de cloche du côté de Philippe Léger. «Les propos que vous tenez peuvent être retenus contre vous», a-t-il mentionné.

Les conséquences, certes, peuvent être négatives, mais aussi positives. «Avec les médias sociaux, vous pouvez répondre directement aux électeurs, a-t-il souligné. Reste que ce que les citoyens consomment sur les médias sociaux est produit par les médias traditionnels.»

L’influence des élections provinciales

L’élection récente de gouvernements conservateurs en Alberta, à l’Île-du-Prince-Édouard et en Ontario pourrait profiter au Parti conservateur du Canada, estime Éric Duhaime. «Le timing est bon pour les conservateurs fédéraux puisque les élections sont récentes. Le Parti conservateur (fédéral) risque de profiter de cette lune de miel.»

Emmanuelle Latraverse a fait valoir, pour sa part, qu’au Québec (avec la CAQ) et en Ontario, les circonstances ne sont pas les mêmes. L’usure du pouvoir et le désir de changement ont fait pencher la balance.

Mais l’Alberta, croit-elle, constitue un défi pour Andrew Scheer. «C’est clair que les libéraux feront de Jason Kenney un élément de campagne. Ils vont s’en servir comme d’un épouvantail, a-t-elle dit. Ça devient difficile pour un chef conservateur national de ne pas être à la solde de l’Alberta. Voilà un gros défi pour M. Scheer, car M. Kenney a une stature, il a beaucoup d’influence. Il sera important pour Andrew Scheer de ne pas avoir l’air du petit frère des leaders provinciaux.»

Pour Philippe Léger, Justin Trudeau dispose de plusieurs cibles à attaquer, dont Jason Kenney et Doug Ford. «Il n’a pas besoin d’attaquer Andrew Scheer actuellement», a-t-il soutenu, ajoutant qu’au Québec, les citoyens ont un grand appétit pour la question de l’environnement. «Et pour les gens, il ne s’agit pas d’un enjeu partisan. Cet enjeu doit appartenir à tous les partis politiques.»

Mais pour Éric Duhaime, bien que l’environnement fera du bruit et retiendra l’attention des médias, les électeurs, selon lui, ne voteront pas pour cet enjeu, mais plutôt sur les questions de l’économie et de l’identité nationale.

À cela, Emmanuelle Latraverse a renchéri en soulignant que les citoyens ne voteront peut-être pas sur l’environnement, mais «l’environnement peut amener les gens à ne pas voter pour les conservateurs». «Les électeurs ont besoin d’être rassurés que le parti prenne la chose au sérieux, a-t-elle précisé. Il est essentiel que les conservateurs se dotent d’une plateforme crédible, solide, de façon à rassurer l’électorat, surtout au Québec.»

L’environnement, de l’avis de Philippe Léger, constitue un élément important. «Les gens veulent parler d’environnement, a-t-il fait valoir. Actuellement, c’est le talon d’Achille pour les conservateurs. Cela peut devenir un irritant dans la campagne. Et un électeur irrité peut voter pour un autre parti.»

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Mon choix est fait ,votons bloc québécois ,avec les libéraux ou conservateur c’est du pareil au même ,alors si on veut être reconnu à Ottawa ,ce n’est pas ces deux parties qui vont entendre nos demandes ,car quand ils sont élus la surdité est là on ne reconnaît plus le Quebec