Les mycorhizes, une révolution verte décortiquée

Par Andrée-Anne Fréchette
Les mycorhizes, une révolution verte décortiquée
J. André Fortin, biologiste auteur de Les mycorhizes, l'essor de la nouvelle révolution verte (Photo : gracieuseté)

Le 9 avril, J. André Fortin présentera le fruit de ses travaux et réflexions sur les mycorhizes à la faveur d’une conférence qui se tiendra à la Salle de regroupement du Cégep de Victoriaville, de 17 h à 19 h. On y convie les étudiants et toute la population.

Le conférencier s’avère le fondateur de l’Institut de recherches en biologie végétale de l’Université de Montréal. Il a consacré sa carrière de chercheur et de professeur à la biologie des champignons. À présent, il diffuse les résultats de ses études et démontre que ses usages promettent une agriculture plus verte.

Simon-Louis Lajeunesse, chercheur au Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA), a invité le scientifique reconnu à exposer ses constats aux étudiants de l’Institut national d’agriculture biologique (INAB) du Cégep de Victoriaville, mais aussi à toute la communauté collégiale et victoriavilloise qui nourrit un intérêt pour des méthodes agricoles plus vertes. «Ça inclut deux aspects d’intérêt. Les mycorhizes et la révolution dans leur usage, des questions pertinentes du côté du Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+). Puis, du point de vue du changement de mentalité, donc social, par rapport à l’utilisation des pesticides. Évidemment, cette approche n’utilise pas les pesticides puisqu’ils tuent les mycorhizes», nous informe le chercheur à propos de la pertinence d’une telle proposition au Cégep.

«Le chapeau du champignon, ce que l’on voit, en constitue la partie reproductrice. Mais le champignon lui-même peut faire des kilomètres de long. C’est ce qu’on appelle du mycélium, qui ressemble un peu à une toile d’araignée qui se répand dans le sol», commence M. Lajeunesse. Ainsi, le labourage brise ce délicat tissage et déséquilibre la faune du sol. Les techniques agraires, incluant les mycorhizes, revoient carrément toutes les façons de faire des cultures. Plus question de remuer le sol. On y injecte plutôt des champignons de différentes familles, selon les variétés de légumes, par exemple, cultivées. Ils pourront éradiquer d’autres champignons pathogènes.

Pour illustrer la puissance naturelle des mycorhizes, Simon-Louis Lajeunesse parle de ces arbres qui poussent sur les falaises. «Les champignons microscopiques décomposent la roche et donnent à la plante les minéraux dont elle a besoin. En échange, la plante fournira du sucre aux champignons. C’est une symbiose végétale», exemplifie-t-il.

Nous avons longtemps envisagé les forêts comme un amas d’individus, alors que tous communiquent par ce mycélium. Des arbres de différentes familles peuvent s’échanger des minéraux, de l’information, du sucre et tutti quanti. Ils participent ainsi à la survie des autres espèces autour d’eux. «Les champignons peuvent envoyer des messages chimiques à la grandeur d’une forêt, ce qui fait qu’on la considère de plus en plus comme une grande forme de vie», de dire le chercheur.

Enfin, cette rencontre du 9 avril deviendra une source de sensibilisation et d’information au sujet des possibilités méconnues offertes naturellement par les champignons. Il s’agit d’une des rares occasions, à
Victoriaville, de rencontrer et de discuter avec J. André Fortin à propos de sa carrière et ses travaux.

L’événement demeure ouvert à tous et gratuit. Les participants courront la chance de remporter un exemplaire de Les mycorhizes, l’essor de la nouvelle révolution verte, dédicacé par M. Fortin.

 

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Nouvelles innovantes - Mars 2019 - Squirële
1 année

[…] Les mycorhizes, une révolution verte décortiquée« Nous avons longtemps envisagé les forêts comme un amas d’individus, alors que tous communiquent par ce mycélium. Des arbres de différentes familles peuvent s’échanger des minéraux, de l’information, du sucre et tutti quanti. Ils participent ainsi à la survie des autres espèces autour d’eux. «Les champignons peuvent envoyer des messages chimiques à la grandeur d’une forêt, ce qui fait qu’on la considère de plus en plus comme une grande forme de vie», de dire le chercheur. » […]