Saint-Samuel : un maire ayant à cœur le développement… durable

Par Claude Thibodeau
Saint-Samuel : un maire ayant à cœur le développement… durable
Camille Desmarais, le nouveau maire de Saint-Samuel (Photo : www.lanouvelle.net)

«La politique municipale ne m’intéresse pas pour faire de la politique. Elle m’intéresse pour trouver de nouvelles façons de développer les ressources de manière durable.» Ainsi parle le nouveau maire de Saint-Samuel, Camille Desmarais, récemment rencontré au bureau municipal de cette localité de 775 habitants.

Deux jours plus tôt, l’homme natif de Drummondville présidait sa toute première séance du conseil municipal. Une expérience qu’il a grandement appréciée. «C’est une équipe formée de quatre jeunes et de deux conseillers expérimentés. Cela s’est super bien déroulé. Me joindre à une équipe déjà en place depuis un an avec des jeunes qui expriment de nouvelles idées, j’ai trouvé cela emballant comme expérience. Une séance qui a été marquée par des échanges stimulants. Joindre les rangs d’une telle équipe, je ne pouvais demander mieux», fait valoir le maire Desmarais, propriétaire depuis 1976 d’une résidence secondaire en campagne, à l’embouchure des rivières Nicolet et Bulstrode.

Saint-Samuel compte 775 habitants.

Les élus samuelois ont discuté d’avenir. «Que va-t-il se passer à Saint-Samuel en 2050? A-t-on la possibilité d’influencer le devenir de la municipalité? Je pense qu’on peut le faire facilement», confie Camille Desmarais tout en précisant que les membres du conseil partagent une vision d’avenir. «C’est vraiment un travail d’équipe. En tant que capitaine, je suis là un peu pour guider le bateau, mais tous travaillent également. Chacun apporte  son expertise, sa connaissance. On met tout ça ensemble et je pense que ça ira bien», exprime-t-il avec optimisme.

Plan de match

Retraité du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Camille Desmarais, géographe de formation et détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire, est maintenant travailleur autonome, oeuvrant comme consultant dans le domaine de l’aménagement du territoire et du développement rural.

À Saint-Samuel, signale-t-il, l’agriculture occupe 70% du territoire comparativement à 30% pour la forêt. «On a passablement bien développé l’agriculture, mais ce développement présente peut-être des problèmes en agroenvironnement. Nous allons travailler avec de nouveaux outils qui se développent pour réduire les pertes de fertilisants chimiques et réduire les pesticides. Cela fait notamment partie de notre plan de match», fait-il remarquer.

Mais il n’y a pas que ces deux secteurs dans la vision du conseil municipal. «Il existe d’autres fonctions et secteurs d’activité vraiment intéressants», souligne-t-il.

Et l’habitat dispersé, un concept peu développé au Québec, en fait partie. Une façon, croit-il, de redynamiser les rangs et les campagnes qui se sont vidés avec les années. «Des 160 000 fermes que comptait la province en 1941, il n’en existe plus que 28 000. Cela signifie qu’on a vidé nos rangs alors que les fermes maintenaient l’activité économique des villages qui en sont venus à perdre leur forgeron, leur caisse populaire, leur église, leur dépanneur. Il ne reste plus personne dans les rangs», se désole-t-il.

Confiant, le maire de Saint-Samuel estime possible de repeupler les campagnes par d’autres activités, comme l’habitat dispersé et la notion de hameau. «On le voit en Europe. Ce sont cinq ou six résidences entremêlées de bâtiments de ferme. On en retrouve un à la limite de Saint-Félix-de-Kingsey et de Richmond, un petit hameau avec une église, quelques maisons et trois ou quatre fermes. C’est vraiment joli et bien aménagé. Un équilibre parfait et un exemple à suivre qui permet, dit-il, de faire vivre un milieu et d’éviter l’isolement des agriculteurs se sentant isolés au bout des rangs.»

Le centre multifonctionnel a été rénové.

Le développement de Saint-Samuel passe aussi, selon le maire, par des activités récréatives, touristiques et de villégiature. «Le long de la rivière, on pourrait facilement augmenter de 50, 60 et même 100 le nombre de maisons et de chalets, ce qui se traduirait par un impact positif sur le village qui a vu, il y a deux ou trois mois, la fermeture du restaurant», note-t-il.
Et la municipalité n’a plus de dépanneur, de caisse populaire ni de station-service. L’école du village, toutefois, marche à plein régime. «C’est génial, la commission scolaire doit même y construire un nouveau gymnase», souligne M. Desmarais. Les élus ont également à cœur la protection des ressources naturelles, de l’eau, le maintien de la biodiversité, la conservation et la mise en valeur des paysages. «Si nous sommes en mesure d’atteindre un certain équilibre entre les différents usages, cela favorisera un développement durable», fait valoir le maire.

Services aux citoyens

Pour les membres du conseil, la question des services aux citoyens demeure une priorité. Les actions du passé en témoignent, rappelle le maire Desmarais, citant en exemple le projet de garderie dans lequel la Municipalité s’est impliquée. «Un service essentiel pour les jeunes familles et qui fonctionne très bien», se réjouit-il, tout en saluant aussi le bénévolat et l’engagement des gens dans la rénovation du centre multifonctionnel, sans compter l’aménagement d’un parc pour tous, enfants, adultes et aînés.
Camille Desmarais note au passage tout le travail accompli ces dernières années pour l’assainissement des eaux. Et les projets ne manquent pas pour la suite des choses, comme cette idée soumise pour couvrir la patinoire. «C’est certain qu’on va le faire. L’été, on pourrait s’en servir comme chapiteau. Nous voulons, en fait, des activités pour faire sortir les gens. Et nous allons équiper la municipalité pour le faire», assure-t-il.

Dans le même sens figure l’aménagement d’un sentier pédestre d’une trentaine de kilomètres longeant la rivière en plus de l’aménagement d’accès publics à ce cours d’eau. «On a vraiment un beau plan de match», plaide le maire Desmarais qui dit aussi souhaiter faire de Saint-Samuel une municipalité à carbone neutre. «Cela signifie un plan stratégique pour la réduction des combustibles fossiles dans la municipalité», précise-t-il.

Programme de subvention, système de covoiturage et même de navette pour les résidents qui travaillent à Victoriaville, Drummondville et Trois-Rivières, voilà quelques initiatives qui pourraient être mises de l’avant. «Dans un petit village, c’est assez facile à organiser. Mais il faut changer les mentalités et les habitudes», observe Camille Desmarais qui se montre optimiste pour l’avenir. «C’est d’essayer d’identifier dans les différentes tendances celles étant les mieux adaptées à notre milieu, à nos besoins», conclut-il.

Le bureau municipal

 

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