Retour en mars 1969 : le procès Fraser et le projet de polyvalente

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Par Andrée-Anne Fréchette
Retour en mars 1969 : le procès Fraser et le projet de polyvalente
Copie de la Une de L'Union du mardi 4 mars 1969. (Photo : SHGV)

Les temps changent, mais bien des préoccupations restent les mêmes. Une visite à la Société d’histoire et de généalogie de Victoriaville (SHGV) a permis de retracer des faits marquants et d’autres nouvelles d’intérêt de l’époque, rapportés par les journaux régionaux. Voici quelques titres  accompagnés d’extraits de textes publiés dans les éditions de mars 1969 de L’Union et La Nouvelle.

Dans ces premières sélections, il est question du procès de Maurice Fraser et des débats entourant le projet de construction d’une polyvalente à Victoriaville.

Menottes aux poignets, Maurice Fraser entreprend son procès pour meurtre…

«Depuis sept ans, il est détenu en marge de deux meurtres, celui de M. Jacques Côté et celui de M. Gilbert Pépin, deux chauffeurs de taxi de Victoriaville, et en marge d’une tentative de meurtre sur la personne de sa belle-sœur, Mme Donate Fraser, également de Victoriaville. […] Ceux qui connaissent Maurice Fraser ont trouvé que les années avaient grandement travaillé le physique du détenu; un peu plus gras, le front beaucoup plus dégagé, et les tempes grisonnantes et la moustache qu’il portait il y a sept ans, est disparue. Mais il n’a rien perdu de ses cernes aux yeux et de ses yeux sans expression. […] D’un côté, on sait que Maurice Fraser n’a pas subi son procès dans les années précédentes, parce qu’il était jugé inapte à le subir. Cet aspect reviendra, croit-on, bien souvent sur le tapis durant le procès. »

  • L’Union, mardi 4 mars 1969, cahier 1, page 2.

Maurice Fraser restera sous clé…

«Parce que Maurice Fraser était un débile mental au moment où il a tué Gilbert Pépin, un chauffeur de taxi de Victoriaville trouvé le corps transpercé de balles de calibre .22 en bordure de la route 34, le 5 décembre 1961, les douze membres du jury l’ont acquitté de l’accusation de meurtre simple pesant contre lui.»

  • L’Union, mardi 11 mars 1969, cahier 1, page 2.

M. Roch Gardner s’en prend au projet de la polyvalente

«Le député unioniste qui représente le comté d’Arthabaska à l’Assemblée nationale du Québec, M. Roch Gardner, s’est engagé dimanche dernier dans une dure lutte qui risque de lui faire rencontrer son «Waterloo». Alors qu’il était invité à prendre la parole à l’inauguration officielle de l’école La Manège, de Victoriaville […] M. Gardner s’est dit non favorable au projet de la Commission scolaire régionale des Bois-Francs qui a rapport avec la construction d’une imposante école secondaire polyvalente qui pourrait desservir environ 3500 étudiants et dont le coût de construction se chiffrerait à près de six millions de dollars. […] Dans sa déclaration, M. Gardner précise quelles sont les raisons qui l’incitent à ne pas vouloir être le «parrain d’un monstre» qui peut accueillir autant d’élèves.

  • L’Union, mardi 4 mars 1969, cahier 1, page 3.

La polyvalente est devenue essentielle à Victoriaville

««Rien d’officiel n’est parvenu à la Commission scolaire régionale nous avisant que le ministère de l’Éducation était en désaccord avec le projet de l’école polyvalente de Victoriaville ». Telle est la réponse de M. Marc St-Hilaire, président de la Commission scolaire régionale des Bois-Francs, aux assertions faites par M. Roch Gardner le 2 mars lors de l’inauguration de l’école Le Manège de Victoriaville.»

  • L’Union, mardi 11 mars 1969, cahier 1, page 3.

Les enseignants rendent publiques leurs positions

«Selon M. Michel Brouillard, secrétaire-exécutif de l’Association des enseignants des Bois-Francs, il est inadmissible que l’on puisse penser, comme l’a proposé M. Gardner, à l’utilisation de locaux de fortune pour dispenser « économiquement » l’enseignement aux enfants de Victoriaville. […] Par contre, les Enseignants des Bois-Francs reconnaissent, tout comme M. Gardner, qu’il existe des dangers d’anonymat et de mauvaise organisation dans une école qui doit accueillir plus de 3000 élèves.»

–        L’Union, mardi 11 mars 1969, cahier 1, page 3.

Un principe déjà accepté : l’enseignement polyvalent

«Si « mieux vaut tard que jamais » est un proverbe que plusieurs connaissent, on peut rendre un petit hommage au député Gardner qui a eu le courage de s’exprimer durant la cérémonie même du dévoilement de la maquette de l’édifice. […] L’époque est finie – et c’est accepté en général par les étudiants et les parents – où l’élève est confiné continuellement dans le même local ; il a besoin de locaux divers, de bibliothèque, de laboratoires, d’ateliers, de gymnases et aussi de cafétéria.»

–        Marcel Rivard, «Éditorial», L’Union, mardi 11 mars 1969, cahier 1, page 4.

Les textes des éditions consultées ne sont pas signés, hormis quelques actualités de Princeville qui portent les initiales GAB et d’autres de Victoriaville, CIC. La cartouche de L’Union stipule que le rédacteur en chef de l’époque était Marcel Rivard et le rédacteur, Rémy Pilon. Trois collaborateurs y figurent : Alcide Fleury, Georges Béchard et Raymonde Provencher.  La Nouvelle précise le nom de Jacques Roux à la rédaction.

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