Colloque : des centaines de personnes entendront parler bio à Victo

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Par Claude Thibodeau
Colloque : des centaines de personnes entendront parler bio à Victo
Le directeur du CETAB+, Jean Duval, et le chargé de projets Geoffroy Ménard, principal organisateur du colloque avec Josée Allard (Photo : www.lanouvelle.net)

Pour une cinquième année, le CETAB+ du Cêgep de Victoriaville organise le colloque Bio pour tous, les mercredi et jeudi 20 et 21 février, à l’Hôtel Le Victorin.

Les engrais verts, les grandes cultures et l’ailliculture constituent les thèmes privilégiés pour l’édition 2019 qui attirera une participation record de plus de 400 personnes. L’an dernier, quelque 350 personnes y avaient participé.

«Un tel colloque permet de diffuser les résultats de nos recherches effectuées avec des producteurs biologiques un peu partout dans la province, indique Jean Duval, le directeur du CETAB+. Ce sera aussi à présenter les résultats d’essais réalisés ailleurs par d’autres acteurs que le CETAB+. De plus, c’est un lieu de rassemblement pour les intervenants du secteur bio surtout dans les grandes  cultures et, cette année, dans le volet horticulture, on a un thème plus précis, celui de l’ail».

Un regroupement a vu le jour il y  a cinq ans, l’Association Ail Québec, qui regroupe 154 des  267 producteurs pour 192 hectares, au total. De 30% à 40% de la production est biologique. «L’Association avait une journée de l’ail très populaire. On nous a approchés pour jumeler les deux événements. Le directeur général d’Ail Québec, Serge Pageau, s’est beaucoup impliqué dans l’élaboration et la coordination du volet ailliculture au colloque tout comme quatre conseillers du MAPAQ, dont Sam Chauvette de Victoriaville», souligne Geoffroy Ménard, chargé de projets au CETAB+, organisateur principal du colloque avec Josée Allard, agente de projets en services-conseils et opérations  au CETAB+.

Programmation

Le colloque Bio pour tous réunira pas moins de 46 conférenciers. «On commence, au départ, avec un tronc commun, des conférences concernant un peu tout le monde au cours desquelles il est question des enjeux du bio en général», précise Geoffroy Ménard.

Par la suite, les participants se dirigent, selon leurs intérêts, vers les grandes cultures ou l’ailliculture.

Pour lancer le colloque, le président d’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, prononcera le mot d’ouverture, suivi d’un «conférencier vedette», Gérald Huber, venu d’Europe. «Il est  un spécialiste des engrais verts, confie Geoffroy Ménard. Les engrais verts, ce sont ces plantes qu’on fait pousser sans les récolter et qui sont retournées au sol pour en améliorer la fertilité. Cela concerne toutes les productions végétales. Voilà un des moyens utilisés en bio pour augmenter la fertilité.»

Différents sujets seront abordés lors des deux jours du colloque, notamment le désherbage (le nerf de la guerre dans les grandes cultures, note M. Ménard), de même que certaines techniques de fertilisation, entre autres.

En ailliculture, on y traitera d’un peu de tout, de la lutte  à la maladie à la fertilisation, en passant par la  mécanisation, un enjeu crucial au Québec. «La plupart des producteurs sont faiblement mécanisés, c’est artisanal, observe Geoffroy Ménard. Si on veut obtenir des prix concurrentiels, entrer dans les grands réseaux de distribution, il faut pouvoir réduire le coût unitaire et créer des produits. La mécanisation est importante. Cela nécessite de l’équipement pour semer et récolter.»

La question du séchage de l’ail constitue aussi un autre enjeu de taille. «Car ce n’est pas tout le monde qui le réussit bien», fait remarquer l’organisateur.

Tant dans l’ail que dans les grandes cultures, la notion de variétés revêt aussi son importance.

La deuxième journée du colloque s’ouvrira par des déjeuners-conférences. Ail Québec en profitera pour tenir son assemblée générale annuelle, tandis que dans le volet des grandes cultures, Sébastien Angers, un jeune producteur dynamique et innovateur de la région, prendra la parole pour dresser un bilan de ses observations lors d’un voyage effectué aux États-Unis auprès de différents producteurs ayant développé de nouvelles méthodes de production.

Suivront, par la suite, différentes conférences techniques pour la plupart. Et les organisateurs ont favorisé une formule plus souple, plus légère, en faisant appel à une dizaine de présentateurs, différents intervenants et producteurs, qui, en 10 ou 15 minutes, exposeront un bon coup ou des innovations qui ont particulièrement bien fonctionné au cours de l’année.

Par ailleurs, les participants au colloque pourront visiter et échanger avec une vingtaine d’exposants. «Des entreprises qui vendent de l’équipement, des certificateurs et d’autres organisations qui veulent se faire connaître auprès de notre clientèle», note Geoffroy Ménard.

Enfin, le comité organisateur, cohérent avec ses valeurs, se fait un devoir de servir de la nourriture biologique et a entrepris les démarches pour obtenir la certification Monarque de la Ville de Victoriaville qui reconnaît les événements écoresponsables. L’organisation limite aussi l’utilisation de matériaux jetables.

Le biologique en croissance

L’agriculture biologique ne cesse de se développer au Québec, révèlent les statistiques.

Ainsi, de 2015 à 2018, le nombre d’entreprises agricoles détenant une certification biologique est passé de 690 à 1113, ce qui a fait grimper de 54 344 à 94 642 le nombre d’hectares en production.

Aujourd’hui, 2078 entreprises sont certifiées biologiques.

En grandes cultures bio, le Québec compte 524 entreprises, dont 44 au Centre-du-Québec.

«On observe beaucoup, dans les grandes cultures, des transitions vers le bio. Une étude d’ailleurs a démontré que la production biologique est plus rentable que la conventionnelle, souligne Geoffroy Ménard. Plusieurs gens en culture conventionnelle se montrent intéressés par le bio, étant réticents à utiliser des pesticides et des OGM. La perspective d’une meilleure rentabilité et le souci de l’environnement ont de quoi attirer les producteurs.

Le Québec dénombre, par ailleurs, 142 entreprises en ail biologique, dont trois en sol centricois.

L’ail se vend entre 22 $ et 28 $ le kilo. Au Québec, la «Music» constitue la variété la plus commune. Elle se conserve près de six mois.

La fleur d’ail, fait-on valoir, prend de plus en plus de place et gagne des adeptes d’année en année.

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