Au centre-ville, jusqu’au bout de la nuit : Le Caméléon

Par Claude Thibodeau
Au centre-ville, jusqu’au bout de la nuit : Le Caméléon
Samuel Carbonneau, propriétaire du Caméléon (Photo : lanouvelle.net)

Le déclin des discothèques, la fermeture de débits de boisson et le durcissement de plusieurs lois pourraient laisser croire que les bars et boîtes de nuit de Victoriaville sont voués à s’éteindre.

Or, le besoin d’une vie sociale composée de vrais contacts humains en demeure un essentiel pour bien des gens. La Nouvelle Union en a discuté avec quatre  tenanciers d’établissements bien connus du centre-ville afin de découvrir leurs astuces pour garantir une vie nocturne bien vivante.

Année de fondation

Décembre 1999

Nombre d’employés

Une quarantaine

Type d’établissement

Resto-bar

Propriétaire

Samuel Carbonneau

Comment les mœurs ont-elles évolué? Qu’est-ce qui attirait la clientèle il y a 20 ans et qu’est-ce qui fonctionne aujourd’hui?

Le divertissement, assurément. On crée des événements très souvent en allant chercher ce qui est vraiment populaire en ce qui a trait aux choix musicaux, aux styles de soirée. Le hip-hop attire beaucoup aujourd’hui. Les gens s’associent beaucoup aux tendances. Il y a 20 ans, c’était davantage des rendez-vous hebdomadaires. Ils connaissaient les employés, ils pouvaient venir pour y rencontrer leur serveuse, par exemple. Les gens venaient voir du monde. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, ils s’informent de la soirée qui les intéresse et viendront précisément pour cette soirée-là. Avant les gens se déplaçaient, ils venaient voir. Aujourd’hui, la clientèle est moins fidèle qu’auparavant. Les gens vont sortir à un endroit où il y a des gens réunis, mais pas dans un établissement où ils sont nécessairement habitués d’aller.

Quelles sont les stratégies développées au fil des ans pour rester attractif?

On utilise beaucoup les médias sociaux, Facebook, Instagram et autres pour attirer une clientèle plus ciblée et les plus jeunes. C’est le support utilisé pour propulser un événement que l’on crée et que les gens vont ensuite partager, commenter et pour lequel ils lanceront des invitations.

Est-ce que la boîte de nuit, le bar-spectacle, s’avère un passage obligé dans le développement social des jeunes?

Un passage obligé? Bien, c’est du divertissement, en fait. Les clients viennent socialiser, discuter, échanger, partager des goûts musicaux, découvrir des trucs, des tendances musicales. Les formules 5 à 7 continuent à bien fonctionner, en général. Mais on constate qu’avec les réseaux sociaux, les personnes s’isolent de plus en plus.

Qu’est-ce que le client de 2019 recherche lorsqu’il entre dans un bar?

Le besoin de se divertir. Voilà pourquoi nous créons des événements, nous changeons de DJ aux deux semaines parce que la clientèle aime le changement, les styles différents. Les gens sont peut-être aussi un peu plus exigeants, conséquence de l’accessibilité des médias sociaux. On connaît les DJ, on a accès à des musiques différentes. On recherche la variété. Parfois, les gens nous parlent, nous adressent des demandes. Nous nous devons donc d’être à l’affût des tendances.

La vie nocturne est-elle en forme à Victoriaville?

Ce ne sont plus les belles années. Les gens dépensent beaucoup moins par personne. Mais il y a plus. La Régie des alcools, des courses et des jeux nous fait mal avec sa règlementation stricte, les nombreux permis exigés avec les coûts qui s’y rattachent. C’est difficile. On se bat pour offrir de belles soirées, on se bat fort pour attirer la clientèle en créant des événements, mais on se fait mettre des bâtons dans les roues. Ce n’est pas plaisant quand, à 1 h, les policiers débarquent, allument les lumières et procèdent à des vérifications alors qu’on n’a rien à se reprocher. La présence policière fréquente nous casse les reins, nous fait très mal.

 

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