Au centre-ville, jusqu’au bout de la nuit : Le Cactus

Par Claude Thibodeau
Au centre-ville, jusqu’au bout de la nuit : Le Cactus
Patrick Girard, copropriétaire du Cactus avec Antoine Paquet (Photo : lanouvelle.net)

Le déclin des discothèques, la fermeture de débits de boisson et le durcissement de plusieurs lois pourraient laisser croire que les bars et boîtes de nuit de Victoriaville sont voués à s’éteindre.

Or, le besoin d’une vie sociale composée de vrais contacts humains en demeure un essentiel pour bien des gens. La Nouvelle Union en a discuté avec quatre  tenanciers d’établissements bien connus du centre-ville afin de découvrir leurs astuces pour garantir une vie nocturne bien vivante.

Année de fondation

1992

Nombre d’employés

65

Type d’établissement

Pub

Copropriétaire

Patrick Girard

Comment les mœurs ont-elles évolué? Qu’est-ce qui attirait la clientèle il y a 20 ans et qu’est-ce qui fonctionne aujourd’hui?

Ce que les gens vont consommer dans un bar, cela a évolué, c’est certain, mais ce n’est pas l’enjeu pour nous. Ce qui attire la clientèle qu’on veut avoir, les jeunes (parce qu’on parle de la vie nocturne), c’est l’aspect plaisir. Quand tu sors le soir, tu viens t’amuser et ce qui attire les gens dans un établissement, c’est le potentiel à s’amuser. Ça, ça n’a jamais changé et ça ne changera jamais, peu importe le type d’établissement. Un besoin qui a peut-être évolué beaucoup, c’est celui de socialiser. Les gens vont répondre à ce besoin d’une façon plus virtuelle.

Quelles sont les stratégies développées au fil des ans pour rester attractif?

Étant donné que les habitudes de consommation changent, on doit adapter nos stratégies. On s’assure de pouvoir mettre à l’avant-plan le fait qu’on va s’amuser, avoir du plaisir. Attire-t-on la clientèle avec des bas prix? Pas vraiment. En a-t-on? Certains soirs, oui, sur des bases ponctuelles plutôt que régulières. Au Cactus, cela a changé. On avait 30, 35 soirées «Calverre» par année. C’est fini. On n’a plus besoin de faire ça. C’est devenu un autre concept, les soirées Captus (9 par année), mais ça demeure dans le plaisir, dans le côté ludique et sur le fait qu’on va retrouver quelque chose qui ne s’apparente en rien à ce qui se fait ailleurs. C’est ce qui fait la notoriété du Cactus. On renouvelle notre clientèle de cette façon. Si on les fait aimer l’établissement de 18 à 21 ans, on pense qu’ils vont l’adopter.

Est-ce que la boîte de nuit, le bar-spectacle, s’avère un passage obligé dans le développement social des jeunes?

Ça reste du divertissement ouvert tard le soir. C’est dans les options. C’est quoi les alternatives pour quelqu’un qui veut se faire du «fun» le vendredi soir? Mais ce serait erroné d’identifier le Cactus à ces seules soirées. Le Cactus, c’est un pub, les gens viennent y consommer de la bière, souper, assister à des spectacles, veiller autour d’une table avec leurs amis et s’amuser jusqu’à 1 h du matin, souvent sans qu’il y ait un party thématique.

Qu’est-ce que le client de 2019 recherche lorsqu’il entre dans un bar?

Nous attirons la clientèle qui cherche à s’amuser, à socialiser. C’est uniquement ça. On ne répond pas à d’autres besoins. Les spectacles qu’on présente font partie des outils pour divertir les gens. Il y en a maintenant partout, mais au Cactus, c’est inscrit dans notre ADN. On a toujours eu une scène et nous avons maintenant de plus grosses productions.

La vie nocturne est-elle en forme à Victoriaville?

Je dirais que la vie nocturne est moins intense qu’elle ne l’a déjà été. Il faut se diversifier, faire en sorte que les gens sortent de la maison. Je parlais de la socialisation virtuelle. Il y a bien des gens qui peuvent passer une soirée entourés de leurs amis, seuls chez eux. Les gens sortent peut-être un peu moins aussi et sont davantage sensibilisés à l’alcool au volant. On n’est plus à l’époque du triangle Cactus, Évasion, Christophe où les gens traversaient et se promenaient d’un établissement à l’autre. Toutefois, il existe une vie nocturne très intéressante et très diversifiée, ne serait-ce que par les spectacles qui sont tous très différents et par l’offre de certains (les cocktails). Il existe une intéressante variété. Et les gens sont plus allumés sur ce qu’il se fait et ont des goûts plus spécifiques. Cela fait en sorte que le porte-folio vie nocturne à Victo s’est élargi.

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