Au centre-ville, jusqu’au bout de la nuit : Complexe Évasion

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Par Ghislain Chauvette
Au centre-ville, jusqu’au bout de la nuit : Complexe Évasion
Patrick Rondeau, copropriétaire du Complexe Évasion (Photo : lanouvelle.net)

Le déclin des discothèques, la fermeture de débits de boisson et le durcissement de plusieurs lois pourraient laisser croire que les bars et boîtes de nuit de Victoriaville sont voués à s’éteindre.

Or, le besoin d’une vie sociale composée de vrais contacts humains en demeure un essentiel pour bien des gens. La Nouvelle Union en a discuté avec quatre  tenanciers d’établissements bien connus du centre-ville afin de découvrir leurs astuces pour garantir une vie nocturne bien vivante.

Année de fondation

1975

Nombre d’employés

Entre 80 et 100, selon la période de l’année

Type d’établissement

Bar-terrase, restaurant grill, pub irlandais, lounge, casino, etc.

Copropriétaire

Patrick Rondeau

Comment les mœurs ont-elles évolué? Qu’est-ce qui attirait la clientèle il y a 20 ans et qu’est-ce qui fonctionne aujourd’hui?

Ici, ç’a été un pool room puis un bar rock. En 1990, on a rénové pour se transformer en disco club puis en 1994 on a fait le restaurant. En 2007, lors de mon retour, on a fait le tour du business en commençant par l’avant, puis le lounge, pour finir par la discothèque, puis on a recommencé. Au début des années 1990, la clientèle était plus vieille, car les jeunes se tenaient au Christophe. À un moment donné, c’est devenu un mélange des deux. Les jeunes allaient dans le bar en arrière, où il y avait des verres à 1 $, des ladies night et d’autres promotions qui étaient tolérées par la Régie des alcools des courses et des jeux et qui ne le sont plus aujourd’hui. Les gens sortaient plus aussi à cette époque, car il n’y avait pas de réseaux sociaux. Pour rencontrer une femme ou un homme, on allait au bar. Les gens attendaient les slows à 2 h 45. Quand ça commençait, le cœur du gars se mettait à battre. Il approchait une fille en ayant peur de se faire dire non. S’il avait de la chance, il était heureux. Les restaurants étaient ouverts toute la nuit : le Vétéran, le Jardin, le Burger King, le McDo. Au Plus, il y avait des centaines de personnes qui soupaient à 3 h du matin.

Quelles sont les stratégies développées au fil des ans pour rester attractif?

Dans le temps, le monde sortait pour sortir. Aujourd’hui, ils ont besoin d’une raison. Il faut leur donner un petit «plus» pour venir chez nous plutôt qu’ailleurs ou que de simplement choisir leur salon. Avec le prix de la bière, il y a un gros écart. Tu vas acheter une caisse de bières à 24 $ au dépanneur ou tu en as seulement quatre ici pour le même prix. L’ambiance doit jouer un rôle. Il doit y avoir un musicien live, ce qui ne se faisait plus dans les années 1990. Ce n’était plus à la mode. On préférait les DJ. Aussi, les soirées doivent commencer tôt, car les gens se couchent de bonne heure. Ici, ils peuvent souper et ensuite prendre une bière. C’est là que nous devons les accrocher. L’avantage de notre place, c’est qu’après le repas et le pub, les clients peuvent se diriger vers la discothèque ou le casino, où il y a un band. Il y a donc trois atmosphères différentes pour eux.

Est-ce que la boîte de nuit, le bar-spectacle, s’avère un passage obligé dans le développement social des jeunes?

Ç’a fait partie de la culture de notre génération. Nos grands-parents allaient à la salle paroissiale et dans les soirées dansantes. Maintenant, les jeunes voyagent et ont d’autres intérêts. Est-ce un must de passer par les bars? Ils le feront toujours, mais ce n’est plus l’endroit pour «rencontrer» comme ça l’a été pour nous. Ils viennent manger, mais pas nécessairement «cluber».

Qu’est-ce que le client de 2019 recherche lorsqu’il entre dans un bar?

Une place sécuritaire, belle et qui propose les produits dont ils ont envie. Ils ont des marques, tandis qu’à l’époque on était dans les bières de volume. On pouvait boire 18 Coors Light, alors qu’aujourd’hui on veut découvrir de nouvelles bières, des nouveaux cocktails, des sortes de vodka et de whisky. Les habitudes de consommation ont changé. Les gens sont prêts à payer pour obtenir certains produits. Avant, on prenait un coup.

La vie nocturne est-elle en forme à Victoriaville?

C’est ma plus grosse année à vie. Ici, la santé est bonne. Mais il faut faire attention, parce qu’on peut être la saveur du moment. Il n’y a rien d’acquis. La clientèle se promène. Il faut écouter ses demandes et voir ce qui se fait à l’extérieur. Il y a aussi le personnel qui peut faire une différence. Le service offert est très important.

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