Santé mentale : comprendre avant de juger

Par Matthew Vachon
Santé mentale : comprendre avant de juger
(Photo : Pixabay)

CHRONIQUE – «Moi je ne comprends pas ça la maladie mentale pis je ne crois pas à ça.»

Combien de fois a-t-on entendu ces mots durs être prononcés par des gens qui n’ont jamais souffert d’un trouble de santé mentale? Beaucoup trop souvent, si vous voulez mon avis. Pour plusieurs, il est bien plus aisé de rejeter tout ça du revers de la main que de faire l’effort de comprendre.

«Prends sur toi, ça va passer.»

Si seulement c’était si facile, nous n’aurions pas besoin de toutes ces campagnes de sensibilisation année après année pour que les choses changent en mieux. C’est primordial. Le tout s’est amorcé, mais puisqu’il demande un changement de mentalité au sein de la population en général, il n’est pas encore complété, loin de là. Ça prend du temps et c’est une lutte de tous les instants.

Selon le gouvernement du Canada, un Canadien sur trois devra, à un moment ou à un autre au cours de sa vie, lutter contre une maladie mentale. C’est énorme. Impossible de faire comme si ça n’existait pas. Peut-être que vous n’avez pas eu à vivre une telle épreuve personnellement jusqu’à maintenant, et je ne vous le souhaite pas d’ailleurs, mais autour de vous, il est clair que vous avez au moins un collègue, un ami ou un proche qui en a été affecté. Il est également fort possible que vous ne le sachiez même pas, car trop souvent, ces personnes prennent la décision de souffrir en silence, de peur d’être jugées ou rejetées par leur entourage. Elles préfèrent prétendre que tout va bien alors que ce n’est aucunement le cas.

Et il est là tout le problème.

Quand une personne est atteinte d’un cancer, nous ne sommes pas là à lui dire de prendre sur elle et que ça va passer. Nous prenons ça au sérieux, nous sommes atterrés et nous démontrons notre soutien à celles et ceux qui en souffrent. Rien de plus naturel, c’est parfait ainsi. Nous savons qu’il existe des traitements qu’elle doit suivre pour l’aider à s’en sortir et nous l’encourageons dans cette sinueuse route vers la guérison.

Alors, pourquoi faire différemment avec la santé mentale? C’est une maladie comme une autre pourtant qui comporte son lot de risques. Ils ne sont évidemment pas les mêmes qu’avec le cancer. Le débat n’est pas là.

Pour la maladie mentale, il y a des traitements à suivre, qui ont fait leur preuve, et qui permettent de se sortir de la maladie ou, à tout le moins, d’apprendre à cohabiter avec celle-ci. Ce n’est pas toujours facile, il faut faire des efforts et, dans certains cas, ça devient une lutte de tous les instants afin d’éviter de sombrer.

C’est d’ailleurs ça le plus gros enjeu de la sensibilisation. Il est primordial que nous gardions l’esprit ouvert, que nous nous informions à propos de la santé mentale, que nous écoutions ceux qui souffrent et que nous leur démontrions notre support en ces moments plus difficiles à vivre.

Lorsque ma conjointe a été diagnostiquée avec un trouble panique et anxieux, j’ai eu à comprendre sa maladie. Au début, je ne comprenais pas du tout ce qui se passait, je voulais qu’elle prenne sur elle et qu’en un claquement de doigts, tout se règle. J’ai compris toutefois que ça ne marchait pas comme ça. Je me suis renseigné, j’ai posé des questions et j’ai été là pour elle dans ses moments les plus sombres. Ça n’a pas toujours été facile, mais avec le bon soutien, elle a été en mesure de retrouver une qualité de vie qui lui permet de faire ses activités quotidiennes sans problème. Comme toute autre maladie, il y a évidemment des journées ou des semaines plus difficiles, mais les meilleurs moments sont beaucoup plus nombreux.

Les gens qui en sont victimes ont besoin de notre gentillesse, de notre amour. Dans ces moments de grandes noirceurs, un simple mot, une simple présence peuvent faire la différence.

Nous avons le pouvoir d’améliorer les choses. Pourquoi ne pas faire la différence?

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