Un an plus tard, les défis de Jocelyne Fortin

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Par Manon Toupin
Un an plus tard, les défis de Jocelyne Fortin
Jocelyne Fortin entame sa deuxième année à titre de directrice et conservatrice du Musée Laurier. (Photo : www.lanouvelle.net)

Un an après son entrée en fonction à titre de directrice générale et conservatrice du Musée Laurier, Jocelyne Fortin trace un bilan de cette année et parle des défis qu’il lui faudra relever.

Les 12 derniers mois lui auront permis de faire le tour du propriétaire et d’engager des projets. La présentation de la première exposition, une création à 100% de l’équipe en place, est très stimulante pour elle et donne le ton à ce qu’elle souhaite proposer aux visiteurs des lieux.

Jocelyne veut surprendre les visiteurs, ce qui est tout à fait le cas dans cette exposition, présentée depuis le 14 décembre et jusqu’au 24 mars à l’Hôtel des Postes et qui porte le titre «Raconter l’humain, portrait d’une collection». Cela fait en sorte que l’Hôtel des postes sera ouvert pendant l’hiver et que le Musée Laurier a ouvert ses portes pendant la période des fêtes avec l’exposition sur les jouets (ce qui n’était pas le cas auparavant).

Elle veut mettre de l’avant la médiation culturelle et a même embauché une ressource, Sara Legault, dont c’est la principale tâche. «C’est beau de présenter des œuvres, mais il faut les expliquer, les mettre en contexte et faire en sorte que les gens trouvent intéressant de venir les voir au musée», explique-t-elle. Déjà, en 2018, le Musée a collaboré avec l’Association des proches aidants, pour une série d’ateliers qui s’est conclue par une exposition à la Maison Fleury et avec différents organismes pour la première édition de Gourmands de culture. Ce genre de collaboration est prisé par la directrice du Musée et elle veut multiplier les occasions d’en faire.

Au cours de sa première année en poste, Jocelyne Fortin aura aussi voulu axer sur le travail d’équipe et amener de nouvelles façons de voir les choses, en essayant toujours de le faire sans trop bousculer et de manière réaliste. «Il faut porter un regard différent. Et puisque je travaille avec des gens plus jeunes, cela permet de confronter les idées», apprécie-t-elle.

S’il lui faut demeurer réaliste dans tous les projets, c’est tout simplement parce que, comme elle l’explique, elle doit composer avec une petite (mais dynamique) équipe et un minuscule budget. «Je n’ai jamais travaillé avec si peu d’argent. Ç’a été ma plus grosse difficulté. Juste la charge des bâtiments, c’est énorme», a-t-elle découvert. Selon elle, tous les bâtiments ont besoin de rénovations, peut-être pas immenses, mais «aucun des bâtiments n’est en parfaite condition».

Le Musée Laurier et ses bâtiments ont donc besoin d’argent et c’est pourquoi l’équipe a élaboré, en nouveauté, deux activités-bénéfices. La première, qui se tiendra en février, est une brocante. Pour réaliser cette Grande brocante du Musée, les gens sont invités à apporter des objets en tout genre (propres et en bonne condition) qui seront vendus les 23 et 24 février et dont les profits seront remis au Musée de l’Hôtel des Postes pour un projet d’accessibilité de personnes à mobilité réduite. En effet, la directrice explique qu’il faut refaire l’entrée (et la rampe d’accès) pour en permettre l’accès aux fauteuils roulants. «Si on ne rend pas nos bâtiments accessibles dans trois ans, on ne pourra probablement plus avoir de subvention au fonctionnement. C’est une priorité», indique-t-elle.

Pour ce qui est du Musée Laurier, Jocelyne Fortin va voir s’il n’est pas possible d’obtenir une dérogation puisqu’elle ne voit pas comment il serait possible de faire accéder aux lieux une personne en fauteuil. «On pourrait faire une captation visuelle qui pourrait être vue à l’Hôtel des Postes», pense-t-elle.

L’autre activité est une exposition intitulée «Deuxième vie». Cette fois, on fait appel aux artistes et créateurs (et même M. et Mme Tout-le-Monde) pour transformer un objet utilitaire en autre chose. «Puisqu’on est dans le berceau du développement durable»,ajoute-t-elle. Les œuvres seront exposées et visibles par le Web. Puis un encan silencieux permettra de miser sur les œuvres, suivi d’un encan crié pour faire augmenter les mises. Les artistes, dont les œuvres auront été sélectionnées, s’engageront à remettre au moins 50% du montant de la vente.

«On va voir comment les gens vont répondre, mais on espère créer l’habitude de l’événement-bénéfice. Ce sera aussi un moyen d’amener les gens à collectionner… Avec l’industrialisation, on a perdu le goût de l’objet unique qui coûte un peu plus cher, mais qui a une sensibilité particulière», annonce la directrice.

Mettre en valeur la collection

Jocelyne Fortin s’est aussi donnée comme mission de mettre la collection du Musée Laurier encore plus en valeur. C’est ainsi qu’elle la mise de l’avant avec «Raconter l’humain», mais également elle était présente dans presque toutes les expositions de l’an dernier. «Il faut la diffuser toujours plus et voir les liens qu’on peut en faire avec les différentes thématiques.»

Et parlant de thématique, elle a annoncé un peu ce qui se tramait pour 2019. Cette année marquera le 90e anniversaire du Musée Laurier et les 100 ans de la mort de Wilfrid Laurier. «Nous allons faire une exposition commémorative pour montrer comment M. Laurier est encore présent dans notre communauté», annonce-t-elle. La pièce de théâtre estivale pour enfants de la Grange Fleury aura le même thème et permettra à tous les petits spectateurs de mieux connaître celui dont la photo se retrouve sur le billet de 5 $. Et à l’Hôtel des Postes, pour respecter la thématique, on mettra de l’avant l’art et la politique.

La directrice et conservatrice aura également comme préoccupation, en 2019, le renouvellement de l’exposition permanente du Musée Laurier. En ce sens, elle déposera de nouveau une demande de subvention. «J’espérais l’avoir l’année dernière. Ce sera notre objectif le plus difficile à atteindre en 2019», confie-t-elle.

Après une année, Jocelyne Fortin estime que son intégration est réalisée. «J’ai eu un bel accueil de tout le milieu culturel. Et pour la suite, je pense à plusieurs projets de collaboration, dont le retour de Gourmands de culture», ajoute-t-elle. La directrice et son équipe sont très motivées. Ensemble, ils vont tenter de sortir des sentiers battus et faire en sorte que le musée soit surprenant et amène à réfléchir.

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