Hélène Ruel honorée par Archives Bois-Francs

Hélène Ruel honorée par Archives Bois-Francs
Hélène veut accueillir les gens chez elle

L’organisme Archives Bois-Francs n’allait pas rater l’occasion de rendre hommage, pour sa grande contribution à l’information régionale, à la journaliste de La Nouvelle Union, Hélène Ruel, nouvelle retraitée depuis le 29 juin.

L’organisme a honoré, jeudi soir, celle qui a cumulé 42 années de journalisme à l’occasion d’une conférence qui réunissait un autre grand de l’information, Pierre Bruneau.

Pour rendre hommage à Hélène Ruel, Archives Bois-Francs a fait appel à Manon Samson, une grande amie et ex-collègue journaliste.

Elle a notamment décrit Hélène Ruel comme «une fille passionnée, rigoureuse et rieuse, qui a toujours porté le plus grand respect à la langue française et à l’importance d’utiliser le mot juste».

Mais la retraitée de La Nouvelle Union était aussi «une équipière extraordinaire». «Elle était toujours prête à collaborer, à apporter son aide, à se déplacer pour une photo, à aider un collègue», a confié Manon Samson.

Hélène, a-t-elle fait remarquer aussi, n’hésitait pas à joindre le groupe quand tout le collectif était tourné vers une affaire, comme le grand incendie du défunt Hôtel Central. «Elle était toujours déterminée à apporter un complément d’information», a fait remarquer Manon Samson, tout en précisant que la rigueur et les élans passionnés de Mme Ruel étaient contagieux pour son entourage. «Ils avaient pour effet de tirer tout le monde vers le haut, de tirer le journal vers le haut. Si pendant toutes ces années les gens ont été si nombreux à lire L’Union, puis La Nouvelle Union, c’est qu’il y avait une rigueur au sein de l’équipe», a-t-elle observé.

Amie et ex-collègue, Manon Samson a rendu hommage à Hélène Ruel. (Photo www.lanouvelle.net)

Hélène Ruel a su tirer de ce qu’il y avait de mieux, de ce que l’information et les journaux avaient à lui offrir pendant 42 ans, a soutenu son amie.

Au fil des ans, les médias et le journalisme ont changé. «Mais tu n’as jamais baissé les bras, a repris Manon Samson. Tu as maintenu la qualité de ton travail et tu as continué à tirer vers le haut. Tu as continué d’être exigeante, de donner le meilleur de toi-même, donnant ainsi aux autres l’envie de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ton parcours et ta contribution à l’information régionale sont remarquables. Voilà pourquoi Archives Bois-Francs tenait à te rendre hommage ce soir», a-t-elle conclu.

Ravie et émue

Invitée à s’adresser à l’auditoire, Hélène Ruel s’est dite à la fois heureuse, anxieuse, ravie, émue, mais aussi honorée de se retrouver à la même tribune que le chef d’antenne, Pierre Bruneau. «Son visage et sa voix sont tellement associés à TVA que certains en avaient oublié qu’il était originaire de Victoriaville», a-t-elle mentionné.

La nouvelle retraitée du journalisme a rappelé qu’au début des années 70, elle avait affirmé qu’elle ne pouvait envisager une carrière dans le domaine, se disant incapable de sauter d’une branche à l’autre. «C’est ainsi que je concevais alors le métier. Mais à 20 ans, j’ai choisi le journalisme, m’y suis formée et j’y ai voué 42 ans de ma vie.»

Depuis son départ à la retraite, les bons mots à son égard n’ont pas manqué. «Tellement que je me suis demandé si je ne devais pas retourner au journal, gonflée à l’hélium des éloges», a-t-elle blagué.

Humble, celle qui a consacré sa vie professionnelle à l’information régionale se demande si elle mérite tant une retraite que des éloges. «Je crois que c’est le temps, c’est l’histoire  qui déterminera si effectivement auront été utiles et méritoires mes quatre décennies au journal», a-t-elle exprimé.

Comme journaliste, a-t-elle expliqué, Hélène Ruel écrivait en ayant toujours en tête de nourrir le lecteur contemporain, tout en contribuant à rafraîchir la mémoire du lecteur du futur. «Pour ces raisons, a-t-elle admis, j’ai souvent pesté quand, par exemple, on réduisait une de mes photos, isolant mon sujet et faisant ainsi disparaître le décor, le contexte, le paysage ou l’édifice que je voulais montrer pour situer les lecteurs d’aujourd’hui et ceux de demain.»

Et il y avait une raison pour expliquer l’amoncellement de documents que conservait Hélène Ruel, tant au bureau qu’à la maison. «C’est que je voulais écrire avec la mémoire. J’ai toujours pensé que le papier demeurait le meilleur moyen pour les archives de traverser les époques. Quoi qu’en pensent mes jeunes collègues, a-t-elle précisé, on ne retrouve pas tout sur Google.»

La résidente de Saint-Christophe-d’Arthabaska se réjouit de l’existence de ces amoureux d’histoire. «Des gens capables de la fouiller, de la diffuser. Je pense notamment au regretté Denis St-Pierre et à des organismes comme Archives Bois-Francs et la Société d’histoire et de généalogie de Victoriaville.»

Les journalistes étant friands des primeurs, Hélène Ruel, qui a établi une nouvelle relation avec Archives Bois-Francs depuis le 22 octobre, en a profité pour annoncer qu’elle avait cédé à l’organisme tout ce qui composait l’œuvre de Pierre Turgeon, son compagnon de vie pendant près de 30 ans jusqu’à son décès en 2013.

Pierre Turgeon, un ancien graphiste à L’Union, a aussi été caricaturiste entre 1971 et 1996. «Avec quelques interruptions pour le moins intempestives, lui qui militait pour l’indépendance, la sienne et celle du Québec», a-t-elle confié.

Deux grandes personnalités de l’information, Pierre Bruneau et Hélène Ruel (Photo www.lanouvelle.net)

Outre les caricatures, le regretté Pierre Turgeon a aussi composé un grand nombre de pages publicitaires en plus de concevoir la une de L’Union pendant plusieurs années, sans compter diverses signatures et logos.

«Comme me l’a sagement et philosophiquement souligné mon actuel compagnon Reginald, l’œuvre de Pierre est maintenant sortie de la maison pour entrer dans la postérité. Les caricatures qu’il concevait illustraient les traits et l’humeur du temps, un dessin étant parfois plus évocateur qu’un article de journal», a fait remarquer Hélène Ruel qui a remercié Archives Bois-Francs de «protéger sa mémoire». «Et j’espère que les traces que Turgeon a laissées dans le paysage régional sauront inspirer d’autres œuvres», a-t-elle conclu.

 

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