Pier-Alexis Soulière, meilleur sommelier des Amériques

Par charlesantoinegagnon
Pier-Alexis Soulière, meilleur sommelier des Amériques
Pier-Alexis Soulière (Photo : gracieuseté)

Entouré par plusieurs de ses proches, Pier-Alexis Soulière a remporté un concours réunissant des sommeliers d’une dizaine de pays d’Amérique à l’Université du Québec à Montréal. Il a ainsi obtenu son laissez-passer pour une compétition se tenant tous les trois ans au cours de laquelle sera couronné le meilleur de sa profession dans le monde, en mars 2019, à Anvers, en Belgique.

Natif de Saint-Pierre-Bapstiste et ayant grandi à Plessisville, Pier-Alexis a dû s’illustrer parmi un groupe de 20 participants afin de se qualifier pour cette autre prestigieuse compétition. Parmi les 11 pays membres de l’Association de la sommellerie internationale, 10 étaient représentés par deux personnes. En raison d’un problème de visa, les Vénézuéliens ont dû s’absenter. Le Concours du meilleur sommelier des Amériques en était à première édition en sol canadien.

Lors des quatre jours de l’événement, les opposants ont été amenés à relever une série d’épreuves. Une pratique (avec le service de vins), une partie théorique (comprenant des questions très pointues) et des dégustations ont permis de les départager. Pour chaque étape, de la ronde quart de finale jusqu’à la finale, le groupe de participants a été réduit de plus de la moitié.

En remportant la compétition, le Plessisvillois dit s’être senti extrêmement bien. Selon lui, sa bonne préparation lui a permis de se distinguer par rapport aux autres participants. «Dans la compétition, on demande un faible pourcentage de nos connaissances, mais il faut être prêt à toutes éventualités.» Dans son cas, la qualification pour cet événement s’est faite en obtenant le titre de meilleur sommelier au Québec et une deuxième place aux Nationaux en 2017.

Domination du Québec

Depuis les débuts du concours panaméricain en 2004, quatre Québécois ont savouré les grands honneurs. Comment explique-t-on cette domination?

D’abord, il faut prendre en considération le facteur de la langue, croit son plus récent gagnant. Lors des compétitions internationales, chaque participant doit le faire dans une langue seconde, soit l’anglais, l’espagnol ou le français. Personne ne peut utiliser sa langue maternelle pour tenter de s’emparer du titre. Puis, estime Pier-Alexis, l’accessibilité de plusieurs vins internationaux à la Société des alcools du Québec favorise l’apprentissage dans le domaine. Selon lui, la valorisation grandissante du métier de sommelier depuis quelques années a aussi un effet bénéfique.

«C’est sûr qu’il y a une tendance qui commence à grimper. Il n’y a pas beaucoup de pays qui ont une tradition gagnante, mais les choses changent comme dans tout. Je ne pense pas que ça va être éternel le règne du Canada au concours des Amériques, mais historiquement on a une plateforme qui nous a avantagés.»

Par ailleurs, à la suite du concours, ses participants ont été invités à passer quelques jours en Nouvelle-Écosse. Des producteurs de vins tenaient à leur montrer leur travail. Pendant la semaine, à Montréal, d’autres activités de type découvertes ont été organisées.

Déjà en préparation

Cette visite en Nouvelle-Écosse a permis à Pier-Alexis d’entamer sa préparation pour les Mondiaux, dont il parle comme un privilège, mais aussi une responsabilité. Celui qui travaille au restaurant La Chronique, à Montréal, continuera de côtoyer des personnes ayant des spécialités différentes des siennes pour mettre les chances de son côté. Dans les prochains mois, il fera donc des dégustations à l’aveugle, étudiera ses livres et visitera certains endroits.

«C’est un concours où on peut démontrer qu’on est au top de notre profession. Dans n’importe quel domaine, je pense que les gens veulent s’associer au top de leur profession.» En 2019, le concours du meilleur sommelier du monde soulignera son 50e anniversaire.

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