La Toast… une bière brassée avec du pain récupéré

Par heleneruel
La Toast… une bière brassée avec du pain récupéré
Il y avait de quoi porter un toast à la Toast. De gauche à droite, Marjorie Gagnon, Kévin Morin et David Verville. L'étiquette créée par Mélanie Grenier décrit, d'un coup d'œil, la particularité de la nouvelle bière. (Photo : www.lanouvelle.net)

C’est tout un «match» que vient de réaliser Synergie Victoriaville en reliant Multi-Brasses et la Sécurité alimentaire. L’entreprise de Tingwick vient de lancer la Toast, une nouvelle bière artisanale, brassée, entre autres, avec le pain que ne peut distribuer l’organisme communautaire parce qu’il est trop sec.

Les amateurs avaient pu y goûter l’automne dernier, lors de la Balade gourmande.

«Pourquoi pas, après tout, brasser de la bière, c’est notre gagne-pain!», avaient répondu Kévin Morin et son associé Georges Mayrand de Multi-Brasses lorsque l’idée leur a été soumise par le chargé de projet de Synergie Victoriaville, David Verville.

Il y a tout juste un an, naissait en effet Synergie Victoriaville. Son chargé de projet avait alors comparé la mission d’un organisme au travail «d’une agence de rencontres», cherchant le «match parfait» afin de trouver dans les rejets d’une entreprise la matière première pour en créer une autre.

Rien de mieux pour célébrer l’anniversaire de Synergie Victoriaville que trinquer avec la «Toast», a-t-il commenté.

Kévin Morin a expliqué que ce nouveau produit de la collection Multi-Brasses adopte le type «Pale Ale», une bière légèrement amère, à 5,5% d’alcool. Le pain séché remplace 30% du malt, ce qui donne à la Toast un léger goût de sel. La valeur du produit dépasse largement, en esprit, les économies réalisées sur le malt, a indiqué M. Morin.

Tant la Sécurité alimentaire qui récupère, coupe et fait sécher le pain que pour Multi-Brasses, il s’agit d’offrir un produit écoresponsable, de réduire le gaspillage alimentaire. Le brasseur a indiqué que selon des données du ministère de l’Agriculture, 2000 tonnes de pain étaient jetées aux ordures annuellement.

Certes, du côté de la Sécurité alimentaire, on ne jetait pas le pain séché à la poubelle – «on le donnait aux cochons», a dit en riant la coordonnatrice Isabelle Voyer -, mais on ne parvenait pas à distribuer tous les pains baguettes.

Adjointe aux opérations à la Sécurité alimentaire, Marjorie Gagnon a précisé que chaque semaine, l’organisme distribuait des sacs de pain à 200 ménages et des baguettes à volonté. Ces pains proviennent des surplus des boulangeries ou des supermarchés. Les baguettes sèchent rapidement de sorte qu’elles ne peuvent être distribuées, leur croûte devenant trop dure. Elle s’est réjouie que le pain séché ait une seconde vie.

L’idée de brasser de la bière avec du pain séché n’est pas nouvelle, a fait remarquer David Verville qui, par ses recherches, a découvert que le produit existait en France, en Belgique, en Angleterre et à New York.

Il a dit que la Toast constituait l’exemple parfait de la mission que poursuit Synergie Victoriaville  en diminuant les pertes, en créant un nouveau produit comportant une dimension sociale et jetant des ponts entre des entreprises, le monde des affaires et celui du communautaire dans le cas de la bière.

Parce qu’elle vise essentiellement à réduire le gaspillage, Multi-Brasses ne pourra augmenter sa production de la Toast au-delà de ce que la Sécurité alimentaire pourra lui fournir, a répondu Kévin Morin. Il signale que pour un brassin de 600 litres (l’équivalent de 60 caisses de 24 bouteilles), il a besoin de 36 kilogrammes de pain séché.

Reste que les brasseurs de Tingwick – depuis 2002 – pourraient, outre la Toast, fabriquer plusieurs déclinaisons en modifiant les variétés de malt. Ils laissent déjà entendre qu’à court terme, ils songent à produire une bière blanche.

«Quand on a instauré Synergie Victoriaville, on pensait surtout au secteur manufacturier», a dit le maire de Victoriaville, André Bellavance, aussi président de la Corporation de développement économique de Victoriaville et sa région, laquelle a accompagné les démarches des deux organisations. Il a ajouté que ce produit constituait une excellence initiative, d’autant plus géniale qu’elle était le fruit d’un partenariat.

De son côté, Isabelle Voyer a annoncé que les chefs du prochain souper Venaison (le 11 avril) avaient accepté d’introduire le nouveau produit local à leurs recettes, l’agneau braisant à la Toast.

La nouvelle bière sera disponible chez Bières et Saveurs du terroir, à La Manne et au Dépanneur Victo-BSG de Victoriaville, au IGA de Princeville, au Marché Houblonné de Plessisville, chez Accommodation Gaz Store et chez IGA Desrochers à Warwick. Au pavillon du mont Arthabaska et au Salon funéraire Bergeron, on la servira sur place.

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Frédéric Bouchard
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Frédéric Bouchard

Ici je déplore que cette entreprise copie intégralement une marque de commerce en nommant son produit « Toast » qui est aussi le nom du produit d’une entreprise présente en Europe et Amérique du Nord qui fait le même type de bière. http://www.toastale.com. Mise a part çà d’avoir élaboré sa propre recette reste une bonne idée. Par contre après une courte validation la compagnie Toast Ale a commencée les démarches pour enregistrer sa marque de commerce au canada en juin 2017. Franchement nos entreprises seraient si mal conseillées en terme de marque de commerce au Québec? Du pain récupéré jusque… Read more »