Les frères Chauvette… 36 ans sous le capot!

Par heleneruel
Les frères Chauvette… 36 ans sous le capot!
Steeve Bédard (au centre) a acquis le garage des frères Denis (à gauche) et Jacques Chauvette. Denis continue d'y travailler alors que Jacques retraite. (Photo : www.lanouvelle.net)

Après avoir travaillé ensemble pendant 36 ans, les frères Denis et Jacques Chauvette viennent de vendre leur garage du 292, Grande-Ligne à Steeve Bédard. L’affiche Garage Chauvette et frères trône encore à la devanture de l’établissement victoriavillois au-dessus de la nouvelle enseigne Garage GSB.

Leur garage n’était pas à vendre, soutiennent les frères Chauvette. C’est Steeve Bédard qui, voilà un an, s’est arrêté chez eux. De bouche à oreille circulait cette rumeur voulant que les Chauvette songeaient à la retraite.

Le travail devenait de plus en plus laborieux pour Jacques, 63 ans, affaibli par la maladie depuis près de dix ans. Quant à son frère aîné, Denis, 66 ans, s’il n’est pas prêt à abandonner complètement son travail au garage, envisage aussi la retraite dans un futur rapproché.

Pour l’instant et depuis que les frères ont vendu leur entreprise, Denis demeure au poste; «la santé devant décider de tout», dit-il.

Les deux frères remontent le fil du temps et se souviennent que c’est le «lock-out» de l’automne 1981 chez les concessionnaires de l’automobile des Cantons-de-l’Est, comme on le disait alors, qui les a incités à créer leur garage.

Originaires de Chester-Nord (fusionné à Saint-Norbert-d’Arthabaska), Denis et Jacques avaient tous deux étudié la mécanique automobile et avaient travaillé, chacun de son côté, dans des garages différents. Un plus grand nombre d’établissements du côté de Jacques (Godbout, Baril, Lucien Côté) que pour Denis (Chrysler Robitaille).

Sans travail et en pleine flambée des taux d’intérêt, les deux frères décident de créer leur emploi, de lancer leur entreprise. Ils ont d’abord loué les installations du 1999, rue Notre-Dame Ouest (Vic Auto aujourd’hui). Un an plus tard, en 1983, ils achetaient le 292, de la Grande-Ligne, ce qui avait été St-Hilaire Auto.

La passion de la mécanique

La mécanique auto a constitué une véritable passion pour les frères Chauvette. Ils en ont fait leur boulot et leur loisir, ardents participants à des courses d’accélération (auto) et de jeep. C’est sous le capot de ces véhicules qu’ils ont aussi enrichi leurs connaissances.

Qu’est-ce qui a changé en 36 ans? La réponse fuse de la bouche des deux Chauvette. «Mais tout! Tout a changé!», disent-ils.

Ils évoquent des moteurs aujourd’hui construits par ordinateur, si performants que le palan utile à les extraire du véhicule ne sert plus. «Avant, on n’avait pas le temps de l’accrocher au mur tellement on avait de moteurs à changer», se souvient Jacques. Les huiles, de minérales à synthétiques ont aussi contribué à la longévité des voitures, comme la meilleure qualité des matériaux.

«Jadis, une auto qui atteignait 160 000 kilomètres, c’était un exploit. Aujourd’hui, on fait la mise au point à l’automne et au printemps. Autrefois, avant d’entreprendre, chaque fois, un long voyage… vers Montréal, on s’assurait que l’auto était en ordre!».

«Maintenant, on travaille beaucoup à l’entretien du véhicule», dit Denis.

Ce dernier reconnaît que le travail de mécanicien s’est complexifié, le monde automobile évoluant vite avec une plus grande diversité de modèles. «Avant, c’était Ford, Chrysler, GM.»

L’électronique a aussi contribué à compliquer le travail des mécaniciens. «Mais sous l’électronique, il y a encore de la mécanique», affirme Denis.

Si l’on peut se former à la mécanique, les frères Chauvette et Steeve Bédard s’entendent pour dire que le métier a quelque chose d’inné.

«Si, à 16 ans, tu n’as pas démantelé… et remonté ton bicycle, le métier n’est pas pour toi», illustre Denis.

Jacques se souvient qu’à 12 ans, il s’était patenté un go-kart doté d’un moteur à gaz. Les trois mécaniciens reconnaissent que d’être nés et d’avoir grandi sur une ferme leur a donné un élan.

Des jeunes se sentent attirés par la mécanique lorsque sur le Web, ils ont l’impression que «c’est facile». Plusieurs déchantent dans la réalité du garage.

Il faut de la curiosité et de la patience, disent les frères. Ils ont travaillé en tandem pendant toutes ces années et avec un bagage similaire. Tant et tant que sur la même voiture, l’un pouvait facilement poursuivre le travail entrepris par l’autre. «On a souvent travaillé sur le même véhicule, ce qui, en termes de temps, était bénéfique pour le client», soutient Jacques.

Les frères Chauvette conviennent que ce qui leur a plu pendant ces trois décennies, c’était de s’adonner à leur passion de la mécanique et aux contacts avec les clients; près de quatre générations y sont passées. Leur garage s’apparentait, parfois, à ce qui était la boutique de forge d’autrefois, lieu d’effervescences pour les nouvelles de ce qui se passe en ville. Le petit banc sous l’établi a bien servi!

Jacques ne s’ennuiera pas de l’hiver qu’il «haït». «Se faire geler à travailler sur une auto gelée!!! Se geler les genoux et se brûler les mains sur le manifold!!!»

Cumulant 30 ans d’expérience en mécanique auto chez Auto DR à Saint-Étienne-de-Lauzon et chez Pièces d’auto Dumont à Saint-Gilles-de-Lotbinière, Steeve Bédard, originaire de Sainte-Agathe-de-Lotbinière, a déjà mis sa touche dans ce garage devenu sien. C’est la première fois que le mécanicien de 49 ans exploite sa propre entreprise.

«Le garage n’est pas mort!», se réjouit Denis Chauvette. Le nouvel exploitant a investi dans de nouveaux équipements (électroniques, notamment) et s’est installé une vitrine sur le Web.

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