Pour une ministre Thériault «féministe et engagée»

Par heleneruel
Pour une ministre Thériault «féministe et engagée»
Sylvie Fradette et Silvie Lemelin

S’inspirant de l’initiative de l’écrivain Yann Martel qui acheminait par courrier des livres à l’ex premier ministre Stephen Harper pour le sensibiliser à la littérature, des enseignantes de cégep se sont mises en train de faire «l’éducation féministe» de la ministre de la Condition féminine Lise Thériault.

Les membres du Comité de la condition des femmes de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep affiliée à la CSQ  avaient été «heurtées» d’entendre la ministre dire – en février 2016 – qu’elle n’était pas féministe, mais égalitariste.

Partant de la Journée internationale des femmes du 8 mars 2016, pendant un an, de différents collèges du Québec, tous les 8 du mois, une ou des enseignantes ont fait parvenir et une lettre et un livre à la ministre Thériault pour lui faire valoir que féminisme et égalitarisme ne s’opposent pas, mais «constituent deux composantes d’une même réalité».

Contrairement à Yann Martel, elles ont stoppé à 12 – et à pas à cent – le nombre d’ouvrages qu’elles ont fait parvenir à la ministre.

En cette Journée internationale des femmes 2017, elles rendent public le recueil de lettres qu’elles ont acheminées à la ministre pendant toute l’année. On peut accéder au recueil par le lien suivant : http://bit.ly/2n2Is78.

Si elles n’ont reçu qu’un accusé réception du bureau de la ministre, les enseignantes se réjouissent de l’avoir entendu clamer en octobre dernier qu’elle était féministe à l’occasion d’une manifestation pour dénoncer les violences sexuelles. Elles invitent la ministre à poser des actions pour démontrer cet engagement.

Les membres de la CSQ réclament la réintégration d’un cours d’éducation sexuelle au primaire et au secondaire; un meilleur soutien des groupes de femmes; des analyses différenciées selon les sexes lorsque vient le temps pour les ministères d’élaborer des politiques et l’adoption d’une loi pour favoriser la pleine participation démocratique des femmes au pouvoir politique.

Dans une des lettres envoyées à la ministre Thériault, Sylvie Fradette, responsable du Comité de la condition féminine de la FEC, définit le féminisme.

«Selon le Petit Robert, le féminisme se définit comme l’«Attitude de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes». À la relecture de cette définition, comment une ministre de la Condition féminine peut-elle préférer employer le terme «égalitaire» à celui de «féministe»? Se dire féministe, c’est nommer ce sentiment d’appartenance à la cause des femmes qui croient à l’égalité entre les hommes et les femmes. Être féministe, c’est vouloir que la place

et la condition de la femme soient reconnues et que l’apport de la femme à la société soit valorisé. N’ayons ni peur ni gêne d’utiliser les termes «féministe» ou «féminisme» qui nous permettent de garder bien vivantes dans nos mémoires ces femmes qui se sont battues pour

nos droits. Nous honorons ainsi leurs combats et leurs victoires. Il ne faut pas oublier que, malheureusement, il reste encore bien des luttes à mener».

La liste des lectures suggérées

Manuel de résistance féministe de Marie-Ève Surprenant

Second début : cendres et renaissance du féminisme de Francine Pelletier

Mines de rien : chroniques insolentes d’Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin

Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Aichie

Unfinished Business d’Anne-Marie Slaughter

Grandes voies du féminisme de Nicole Pellegrin

Benoîte Groult, une femme parmi les siennes de Benoîte Groult

Les libéraux n’aiment pas les femmes : essai sur l’austérité d’Aurélie Lanctôt

Femmes et pouvoir : les changements nécessaires de Pascale Navarro

#Bitch : les filles et la violence de Jasmin Roy

Abécédaire du féminisme de Marie-Louise Arsenault et Noémie Désilets

La revanche des moches de Léa Clermont-Dion

 

 

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