La belle folie de Jonathan Leclercq

La belle folie de Jonathan Leclercq
M. Leclercq envisage de nouveaux projets pour son entreprise qui produit déjà 150 000 bottes et mocassins annuellement.

Natif de Plessisville et âgé de seulement 38 ans, Jonathan Leclercq est le président et propriétaire de l’entreprise Auclair & Martineau de Saint-Émile, qui fête cette année son 60e anniversaire de fondation.

L’entreprise de la région de Québec, qui fabrique localement quelque 150 000 bottes et mocassins tout en employant plus d’une centaine de travailleurs, connaît un grand succès, plus particulièrement depuis 2012, avec le développement d’une nouvelle gamme de produits tournant autour de ses marques maison (Amimoc, Martino et Maël), la mise en place du commerce électronique et l’ouverture de ses premières boutiques à Québec, Montréal de même qu’à Ottawa cette année.

Ingénieur industriel de formation, Jonathan s’est joint à l’entreprise de son père en 2003 pour en faire l’acquisition en 2007. «C’est à l’époque où nos manufactures ont eu la chienne et décidé de transférer leur production en Asie. Pour notre part, nous avons choisi de rester au Canada et de développer notre département de design et d’offrir des produits à valeur ajoutée pour faire face à la nouvelle situation du marché.» Pour ce faire, Jonathan s’est même rendu à Milan, en Italie, avec l’un de ses designers, pour y suivre une formation et ramener cette connaissance ici.

«Nous offrons aujourd’hui de nouveaux produits qui s’inspirent des plus grandes villes telles que New York, Paris et Los Angeles et importons nos matériaux de plusieurs pays tels que la Finlande, la Chine, le Brésil et l’Argentine. Notre mocassin de base est disponible dans un choix de 22 couleurs et notre botte vedette pour femmes dans plusieurs couleurs et largeurs également. Il y a peu d’entreprises qui proposent une telle variété», assure M. Leclercq.

Ce dernier mijote plusieurs autres projets pour poursuivre sur cette lancée. «Je souhaiterais ouvrir une nouvelle boutique à Vancouver en 2017 et établir un réseau de cinq à dix boutiques au Canada et aux États-Unis. Même Tokyo, qui est l’un de nos plus importants marchés à l’exportation, fait partie de nos plans, mais à plus long terme», ajoute-t-il.

L’entreprise, qui montre un chiffre d’affaires d’entre 5 et 10 millions $ annuellement, vend pour près de 60 000 chaussures sur le marché de l’exportation, notamment au Japon, en Corée du Sud et aux États-Unis. Près de 10 000 chaussures sont également vendues à partir de ses propres boutiques alors que l’autre moitié est écoulée chez ses quelque 150 détaillants au Canada et aux États-Unis.

Une histoire père-fils

Son père Xavier, qui est d’origine française, travaillait à l’époque pour Les Tricots Lasalle à Plessisville avant que l’usine ne ferme au début des années ’80. Celui-ci a continué à travailler dans le domaine de la chaussure pour devenir consultant en production, d’abord pour des usines en Amérique du Sud, en Afrique du Nord et dans les Caraïbes et, ensuite, plus près de chez lui pour des usines à Montréal, Sherbrooke et Québec.

Tout en gardant la maison familiale à Plessisville, il choisissait d’avoir pignon sur rue dans la région de Québec pour se concentrer davantage sur le marché de Québec. Puis en 1995, il procédait à l’acquisition de l’entreprise Auclair & Martineau.

Jonathan, pour sa part, a fait son cheminement primaire dans les écoles Saint-Calixte et Saint-Édouard à Plessisville pour se retrouver au Collège d’Arthabaska pour son secondaire. Il a ensuite étudié au Campus Notre-Dame-de-Foy à Québec pour finalement obtenir son baccalauréat en génie industriel à l’École polytechnique à Montréal. «Mes quatre années au baccalauréat m’ont permis de développer cet intérêt que je portais pour la fabrication et la production», a-t-il expliqué.

Après ses études, il a œuvré pendant deux ans à titre de consultant pour une douzaine d’entreprises touchant à divers domaines, que ce soit l’industrie de la bière, pharmaceutique, des circuits imprimés, des portes de garage et autres, et ce, tant au Canada et aux États-Unis, avant de revenir à Québec pour éventuellement prendre les rênes de l’entreprise de son père.

«J’ai vécu de beaux moments à Plessisville», raconte-t-il. «C’est une ville où on pouvait tout faire. Elle n’est pas énorme, mais assez grande pour se réaliser. Pour ma part, j’ai cueilli des fraises chez Fillion et je les vendais à mon kiosque sur la rue Savoie. J’ai fait ma jeunesse, avec mon frère Nicolas, sur les terrains de tennis où j’ai été instructeur durant plusieurs années et organisé de nombreux tournois. Je me suis même marié à Plessisville», de dire celui qui est le père de quatre jeunes enfants âgés entre 2 et 9 ans avec son épouse Marie-Charlotte Crevier et qui habite le quartier Saint-Sacrement à Québec.

Son père Xavier, à la retraite depuis 2012, habite toujours Plessisville. Sa mère est décédée il y a deux ans. «Je reviens souvent à Plessisville l’été et les fins de semaine. Et mon pèlerinage annuel demeure le Festival de l’érable. C’est toujours très agréable de m’y retrouver», de conclure le jeune homme d’affaires.

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