L’Église baptiste évangélique veut remettre les pendules à l’heure

RÉACTIONS. L’Église baptiste évangélique de Victoriaville tient à se dissocier de Claude Guillot, qui fait l’objet d’accusations criminelles à Québec, et à remettre les pendules à l’heure concernant un texte paru dans La Nouvelle Union du 3 avril et coiffé du titre «Une présumée victime se confie», un texte qui, plaident-ils, manque de rigueur et qui aurait nécessité une investigation plus approfondie.

Rencontrés dans les locaux de l’Église situés au coin des rues Saint-Paul et Blais, le pasteur Benoît Rancourt et un conseiller et consultant Walter Paquette ont, d’entrée de jeu, dit éprouver de la tristesse envers Jacques, la présumée victime.

«Nous sommes extrêmement attristés concernant cette affaire déplorable. Nos pensées et nos prières se tournent d’abord vers les personnes ayant pu être victimes de l’accusé, souligne le pasteur. Nous souhaitons que toute la lumière soit faite. Nous laissons la procédure judiciaire suivre son cours en espérant que justice soit rendue et que si l’accusé est jugé coupable, il reçoive la sanction appropriée.»

Dans la même veine, le pasteur Rancourt poursuit en précisant que l’Église n’en a pas contre Jacques. «Je sais qui il est. Je l’ai même contacté pour lui offrir mon aide, mon appui», dit-il.

Cela dit, le texte, dans lequel Jacques se confie au sujet de corrections corporelles qu’il aurait subies il y a plus de 30 ans, a créé une onde de choc parmi les quelque 200 membres de l’Église.

Pour le pasteur, l’article manque de nuance. «Une enquête plus approfondie, insiste-t-il, aurait permis de préciser que ce n’est pas l’Église comme organisation, ni aucun de ses membres actuels qui sont accusés, mais un individu qui a été employé par l’Église il y a 33 ans et qui a été congédié par le pasteur de l’époque. Certaines mesures avaient alors été prises pour remédier à la situation. Une distinction claire entre les deux n’a pas été faite, ce qui a entraîné un amalgame s’apparentant à de la diffamation, soit un préjudice grave à l’endroit de l’Église et de ses membres.»

Pour les représentants de l’Église baptiste évangélique, cette autre époque est révolue et n’a rien à voir avec l’organisation actuelle. «Il n’y a actuellement plus personne, dans les rangs de l’Église, qui faisait partie de l’équipe embauchée à ladite école, à l’époque où M. Guillot était directeur. De plus, parmi les membres actuels, il n’y a que très peu de personnes qui étaient là en 1983-84. On a oublié de nuancer qu’il y a eu deux époques», explique Benoît Rancourt, entré en poste comme pasteur en 1986-87, après donc les présumés événements.

«C’était une conception archaïque de l’autorité, ajoute Walter Paquette. Voilà pourquoi on parle d’une autre époque.»

Si l’école appelée La Bonne Semence était clandestine au moment des faits allégués, le pasteur Rancourt, à son arrivée, a entrepris des démarches avec la Commission scolaire pour la faire reconnaître officiellement vers le début des années 1990. «On a eu, rappelle-t-il, de bons rapports avec la commission scolaire. À un moment, les élèves étant bien intégrés, on a convenu de fermer l’école.»

Le pasteur fait aussi valoir l’importance qu’ont les enfants pour la communauté. «La protection et l’intégrité physique et morale des enfants sont pour nous tout à fait prioritaires et font partie de nos valeurs fondamentales comme Église», indique M. Rancourt, précisant la mise en place, depuis plusieurs années, d’une politique exhaustive concernant les abus de toutes sortes afin de protéger, non seulement les enfants, mais toute personne qui sert dans l’Église ou assiste à ses activités.

«Chaque personne qui travaille actuellement auprès des enfants doit montrer patte blanche, signale-t-il. Elle doit accepter de fournir le document «Vérification de l’existence d’un casier judiciaire» émis par la Sûreté du Québec. De plus, des références sont également exigées.»

Ouverte et transparente

Le pasteur Benoît Rancourt fait valoir la transparence de l’organisation et son côté démocratique. «Ce sont les membres qui ont le dernier mot lors de réunions d’affaires. De plus, nos enseignements sont disponibles au grand public sur notre site Web. Parler de concepts tels «d’adeptes endoctrinés et d’omerta» est tendancieux et ne correspond pas à la culture actuelle de l’Église, explique-t-il, tout en notant une ouverture dans le milieu. «On favorise le bon voisinage. Nous ne sommes pas des sectaires. Nous louons des locaux à la Commission scolaire des Bois-Francs. Nous ne sommes absolument pas fermés», signale-t-il tout en énumérant différentes actions que pose, dans le milieu, l’Église baptiste évangélique qui, annuellement, distribue des paniers de Noël aux démunis, organise une collecte de sang avec Héma-Québec et s’implique dans l’intégration et le soutien financier de nouveaux arrivants (plus d’une quarantaine d’immigrants soutenus dans les deux dernières années).

Cela sans compter diverses corvées pour effectuer des travaux importants pour des organismes communautaires, comme la Maison de la famille, le Support ou le Restaurant populaire, ou encore l’organisation d’activités de financement pour certaines causes, dont la Fondation les Amis d’Elliot et la Maison Fontaine de vie.

«En fait, depuis deux ou trois ans, l’Église a distribué, dans la communauté de Victoriaville, plus de 15 000 $», conclut le pasteur Rancourt.

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