Œuvre de Suzor-Coté aux enchères : qui dit mieux?

Œuvre de Suzor-Coté aux enchères : qui dit mieux?
Le Musée Laurier possède plusieurs œuvres signées Suzor-Coté et deux palettes dont celle-ci. (Photo gracieuseté)

PEINTURE. L’annonce de la vente aux enchères d’une œuvre de Suzor-Coté propriété de la Fabrique de la paroisse St-Jean-Baptiste, la semaine dernière à Sherbrooke, démontre bien que des tableaux du célèbre peintre originaire de l’ancien Arthabaska ne sont pas toutes répertoriées et dans des musées.

La toile qui porte le titre La vieille église de Sherbrooke-Est par temps de neige aurait été peinte en 1913 par Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. Elle sera mise aux enchères par la Maison Heffel avec un prix de départ de 150 000 $ et l’argent servira à la restauration de l’église.

Le directeur et conservateur du Musée Laurier de Victoriaville, Richard Pedneault, a expliqué qu’il y avait encore plusieurs œuvres du peintre chez des collectionneurs privés. «À son décès en 1937, son épouse a vidé son atelier et vendu des œuvres. Il faut dire qu’à une certaine époque, on ne s’imaginait pas que ses tableaux valaient autant», a-t-il ajouté.

Si bien qu’aujourd’hui il est difficile d’avoir un répertoire précis de l’œuvre complète de Suzor-Coté. «Souvent les gens possèdent des toiles, mais n’en parlent pas», ajoute M. Pedneault.

En ce qui concerne l’œuvre dont il est question à Sherbrooke, M. Pedneault l’a connaît. «J’ai vu cette œuvre, mais faite au pastel», ajoute-t-il en soulignant que cette vente était triste. «On ne sait pas où l’œuvre va se retrouver», déplore-t-il. Il explique que la scène d’hiver dont il est question est typique de l’artiste et n’est pas une œuvre sur le motif.

M. Pedneault est bien conscient que la Fabrique a besoin d’argent, mais pour lui, l’importance de conserver le patrimoine devrait primer. D’ailleurs, il entend bien garder un œil sur la vente de l’œuvre afin de s’assurer qu’elle demeurera au moins chez un acheteur canadien. «On ne peut rien faire tant qu’elle reste au Canada».

Si jamais la toile trouvait preneur et devait quitter pour l’Europe ou les États-Unis le Musée Laurier pourrait faire une demande du côté de la Direction des politiques et des programmes de Patrimoine Canadien afin d’obtenir une subvention pour acquérir l’œuvre sous certaines conditions.

«Le Musée Laurier n’a pas les moyens de l’acheter. En fait il n’y a pas un musée qui a les moyens puisqu’il faut couper partout», croit-il.

Mais il demeure convaincu que cette œuvre devrait se retrouver dans un musée. «Le patrimoine ça n’a pas de prix», insiste le directeur conservateur.

Le Musée Laurier possède actuellement 84 œuvres signées Suzor-Coté. Il y a des tableaux, des sculptures, des dessins et même deux palettes avec lesquelles l’artiste a peint.

Du côté de la Ville de Victoriaville, il n’y pas de politique d’acquisition d’œuvres d’art. «Nous fonctionnons au cas par cas, généralement pour des dons car aucun budget n’est actuellement prévu pour ça», a expliqué Danielle Croteau, coordonnatrice arts et culture loisir, culture et vie communautaire.

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