La fresque de Diff-Art prend forme…

La fresque de Diff-Art prend forme…
Les quatre artistes : Jason

ARTS VISUELS. Avec leurs différences, les quatre participants au projet Diff-Art sont à élaborer une fresque qui les amènent aussi à travailler en équipe, à être résiliant tout en sensibilisant la population.

Rencontrés le 20 décembre dans leur local à la Grande Place des Bois-Francs de Victoriaville, les artistes en avaient beaucoup à dire sur ce projet. Après quelques jours passés à travailler l’œuvre, celle-ci avait déjà beaucoup avancé. Pour y arriver, chacun a dû mettre de l’eau dans son vin, laisser de la place à l’autre et bien communiquer ses intentions. Accepter les différences de chacun et même les mettre en évidence dans le travail artistique, voilà l’objectif de ce projet mis sur pied par RAS, le Réseau Autonomie Santé et Éric Sevellec.

Jason Grenier, artiste autiste, a expliqué sa participation à Diff-Art, simplement parce qu’il avait envie de le faire, pour connaître d’autres artistes. Aussi, pour lui, il s’agit d’une belle occasion de faire voir son travail et d’obtenir une reconnaissance pour celui-ci. «C’est un beau projet», note-t-il.

Chantale Richer fait aussi partie de l’équipe. Traumatisée crânienne, Chantale ne se dit pas artiste, mais bricoleuse seulement. «Ils m’ont quand même accepté», apprécie-t-elle.

De participer à Diff-Art lui permet de sortir de son isolement et de faire une incursion dans le monde créatif des artistes. «Je me laisse aller là-dedans. Les gens sont très gentils avec moi et ce n’est pas une corvée de venir ici deux jours par semaine», souligne-t-elle.

Pour l’artiste Nancy Rousseau, le projet est d’abord et avant tout une aventure humaine. «C’est facile de dire qu’on va travailler avec des personnes différentes, mais ça nous apprend beaucoup. On veut que ce soit beau et que tous puissent s’exprimer», a-t-elle découvert. Ainsi, c’est quand on ose s’abandonner que la beauté s’exprime, comme elle a appris avec ce projet.

Nancy a aussi expliqué que des démarches étaient entamées afin que l’œuvre, une fois complétée, puisse être exposée. «On ne peut pas dire où encore, mais à Victoriaville il n’y a pas 150 possibilités», dit-elle en souriant. Elle espère aussi un vernissage qui affichera, tout comme le projet, la différence de chacun.

Du côté de l’artiste de Ham-Nord, Claude Chayer, Diff-Art représente un beau défi, surtout celui de travailler à quatre sur une même toile. «Au début, chacun est arrivé avec ses travaux et ses couleurs. Il a fallu de la concertation pour en arriver à un tout harmonieux», a-t-il expliqué.

L’œuvre se veut un paysage fantastique dans lequel on retrouve des bâtiments connus de Victoriaville, comme le Musée de l’Hôtel des Postes ainsi que l’église Saint-Christophe. «Nous allons aussi ajouter des personnages qui ont marqué Victoriaville», explique-t-il.

Avec ce projet, Claude sort véritablement de sa zone de confort. Il apprécie particulièrement le fait, outre de travailler avec des gens passionnés, de pouvoir sensibiliser la population à l’importance de l’art visuel. En peignant devant les gens, ceux-ci s’arrêtent et posent des questions, autant sur le projet que sur l’art. «Nous allons prolonger les rencontres à Ham-Nord. J’ai trouvé un local où nous allons pouvoir finaliser la toile», ajoute-t-il.

L’instigateur Éric Sevellec n’a pas mis beaucoup de temps à mettre le projet en branle, même s’il y pensait depuis longtemps. «J’ai contacté Nancy et Claude, ils ont accepté en cinq minutes», souligne-t-il.

Et pour obtenir le maximum de visibilité, le projet s’est installé à la Grande Place des Bois-Francs pour quelques week-ends. D’ailleurs, le parrain d’honneur du projet, André Bellavance, se fait un devoir d’aller faire son tour régulièrement afin de voir l’avancement de la toile. «C’est ma 3e collaboration avec Éric et l’important avec ce projet c’est d’aplanir les préjugés envers la différence. Mais quand ils sont les quatre ensemble, il n’y a pas de différence», explique-t-il.

La sensibilisation est un aspect primordial de ce projet et voyant le nombre de gens qui s’arrêtent, on peut conclure au succès.

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