Un pasteur haut en couleurs!

Photo de Claude Thibodeau
Par Claude Thibodeau

VICTORIAVILLE. Rare de voir arriver à son mariage le célébrant en moto, revêtu de son aube. Eh bien, c’est bien ce qu’a fait, samedi, à Saint-Albert, le pasteur Bertrand Lavallée pour répondre à la demande de Monique Girouard et Léon Croteau qui se mariaient à leur domicile.

Le révérend Bertrand Lavallée de Victoriaville fait partie de l’organisation Le Nouveau Penser qui l’a ordonné pasteur en 2011. Le mouvement en compte une quarantaine au Québec.

«Nous sommes une corporation religieuse sans confession. On a les bras ouverts. On ne ferme la porte à personne. Nous pouvons marier des divorcés, des catholiques ne se retrouvant plus dans l’Église, des gais et lesbiennes. Les unions interconfessionnelles sont possibles aussi», explique M. Lavallée.

Homme souriant, dégageant la joie de vivre, le révérend, un ancien pilote de ligne pendant 30 ans, décrit les membres du Nouveau Penser comme des humanistes. «Un regroupement d’humanistes. C’est l’humain qui aime l’humain», note-t-il.

À titre de pasteur et ministre, Bertrand Lavallée célèbre des mariages, mais peut aussi accompagner des familles pour les baptêmes et les funérailles.

Cette année, 17 célébrations de mariage figurent à son agenda. Le révérend Lavallée ratisse les régions Centre-du-Québec, Estrie, Mauricie et Chaudière-Appalaches. Il présidera des cérémonies notamment à Victoriaville, Bromont, Granby, Warwick, Daveluyville, Richmond, Magog et Trois-Rivières. «En moyenne, je célèbre environ 15 mariages par année. Je ne veux pas trop me surcharger non plus. J’aime la moto et les voyages. Il faut savoir s’amuser dans la vie», lance-t-il dans un grand éclat de rire.

Des unions reconnues

Reconnus par le gouvernement du Québec, les mariages célébrés par les représentants du Nouveau Penser sont enregistrés auprès du directeur de l’État civil.

«Les cérémonies durent environ une demi-heure. Elles ont un côté spirituel et philosophique. Je dirais que c’est un compromis entre le palais de justice et l’église», souligne Bertrand Lavallée.

L’aspect légal est important. Les couples désireux vivre un mariage doivent présenter une pièce d’identité avec photo pour vérifier l’identité.

Les personnes nées au Québec doivent fournir leur certificat de naissance de l’État civil. Les divorcés, eux, ont à présenter leur jugement de divorce. Et pour un veuf ou une veuve, le certificat de décès est requis. Puis, pour les personnes nées au Canada ou ailleurs, on exige le baptistère.

«De plus, 20 jours avant le mariage, un avis de publication signé par un témoin, doit être publié, affiché, au lieu de la cérémonie», mentionne le révérend.

La cérémonie

Les conjoints choisissent le lieu de leur cérémonie. Certains optent pour une chapelle, d’autres comme Monique et Léon le font chez soi. «Les célébrations se tiennent bien souvent à l’extérieur, avec de beaux paysages. J’en ai célébré au club de golf, au Parc Marie-Victorin, au Moulin Lapierre, dans les boisés du Complexe Sacré-Cœur. Parfois, certaines célébrations ont un cachet particulier. J’ai célébré notamment un mariage sous le thème du Moyen-Âge», se rappelle Bertrand Lavallée.

La cérémonie du mariage s’ouvre sur une musique. Puis, le célébrant procède à la lecture des textes de loi. «J’enchaîne ensuite avec un commentaire d’ordre spirituel et j’invite par la suite un invité à procéder à une lecture qui aura été composée ou bien choisie dans une liste de lectures proposées», indique le révérend Lavallée.

Viennent ensuite les échanges des vœux et des alliances que le pasteur bénit avant de déclarer les conjoints mariés.

Le célébrant procédera ensuite à la cérémonie de la rose. «Tous les couples l’acceptent. Il s’agit de l’échange d’une rose rouge, symbole d’amour, qui peut supporter les conjoints dans les moments plus difficiles», dit-il.

Enfin, la signature des registres viendra mettre un terme à la cérémonie.

Le Nouveau Penser

Développé aux États-Unis dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le Nouveau Penser (New Thought) est un courant de pensée philosophique et métaphysique qui ne discrimine aucune religion, statut matrimonial ou orientation sexuelle.

Dans son dépliant, l’organisation explique que le Nouveau Penser se veut une philosophie, une façon de vivre, un enseignement spirituel qui libère l’humain de ses limitations, l’amenant à prendre sa vie en main et l’aide à devenir un être libre. «On n’est pas une secte. On est ouvert à tout le monde», affirme Bertrand Lavallée.

Partager cet article

Poster un Commentaire

avatar
  Subscribe  
Me notifier des