Le nouveau départ de Daniel Grenier

VICTORIAVILLE. Depuis la séparation des membres du groupe les Chick’N Swell, Daniel Grenier est revenu dans la relève des humoristes. Seulement l’année dernière, il a fait plus de 200 shows, dans différents bars et salles du Québec, question de réapprivoiser le métier et, surtout, d’apprendre à être seul sur scène.

On pourra voir le résultat de cette année de travail le vendredi 1er mai puisqu’il vient présenter une heure et demie de spectacle (Daniel Grenier en Prismacolor) au Cactus de Victoriaville (dès 21 h 30). Chose certaine, Daniel n’a pas ménagé les efforts pour monter ce spectacle dans lequel il n’hésite pas à laisser aller son imaginaire hors du commun…

«J’ai joué partout. En fait, je me suis obligé à jouer partout afin que les «jokes» présentées soient à la hauteur de mes attentes», confie-t-il. Parce que l’humoriste a dû revenir à la base de l’humour, passant d’un groupe de trois personnes à seul sur la scène. «Ce n’est pas du tout la même chose. Le contact est différent, c’est plus intime, plus engageant émotivement», a-t-il remarqué. En plus, en étant seul sur scène, il est toujours là, n’a jamais de répit comme c’était le cas avec les Chick’N Swell.

«On peut dire que je suis vraiment à l’aise sur scène seulement depuis décembre. Mais je suis toujours en rodage et je fais en moyenne quatre spectacles par semaine», raconte-t-il. Parmi ces prestations, il y a la première partie du spectacle de Mike Ward. Un 17 minutes pendant lequel, pour 12 minutes, il y va avec des valeurs sûres et il se garde un 5 minutes pour essayer de nouvelles choses. «Je suis toujours en exploration.»

Un rythme de spectacle assez intense pour n’importe qui, mais qui est énergisant pour le principal intéressé. «Quand je suis capable de faire rire avec des affaires «débiles mentales», c’est ma récompense», apprécie-t-il.

Pour Daniel, les blagues sont comme une toile qui se crée au fur et à mesure des représentations. «J’apprends tout le temps et ce que j’apprécie particulièrement, c’est la totale liberté dont je dispose. Quand j’ai une idée, je la fais. J’aime faire des liens entre des choses qui n’en ont pas au préalable. Je vais dans les magasins et je trouve plein d’accessoires que je fais vivre autrement», indique-t-il.

Dans son spectacle, il inclut des blagues, des chansons (qu’il compose lui-même) et des sketchs visuels. Le tout dans un savant mélange dont lui seul a la recette.

Et il est très heureux de venir à Victoriaville pour montrer le fruit de son travail de la dernière année. «Le Cactus, c’est une belle place pour un spectacle. En plus, c’est devant du monde que je connais», dit le Victoriavillois d’origine en ajoutant fièrement que l’affiche de son spectacle est un dessin réalisé de main de maître par un autre Victoriavillois, Francis Gingras.

Il s’agit donc d’un nouveau départ pour l’humoriste dans la quarantaine, qui n’a pas peur de refaire ses classes. «Il y a eu des moments difficiles financièrement, mais je ne suis pas triste d’être plus libre. C’est un cadeau créativement parlant. J’ai vécu plein de choses le fun.» Avant, il y avait le filtre du groupe avant celui du public. Maintenant, il peut essayer directement tout ce qui lui passe par la tête et c’est seulement les spectateurs qui décident si c’est bon ou non. Et Daniel ne sait jamais ce qui va fonctionner auprès de ce public

L’humoriste est particulièrement heureux lorsqu’il parvient à faire rire les gens avec ses sketchs muets. D’ailleurs, ses sketchs pourraient bien être diffusés très bientôt. Son but serait de parvenir à faire des saynètes d’au moins 10 minutes sans paroles. Chose certaine, son imaginaire continue toujours de le nourrir.

Et les Chick?

Si le groupe s’est séparé depuis plus d’une année, les trois gars se voient de temps en temps. «On est toujours contents de se voir et je souhaite qu’ils soient heureux. On a vécu des affaires vraiment le fun ensemble. Ce qui me manque le plus, c’est de faire beaucoup de choses en même temps (avec la force du nombre)», note-t-il.

Et pour les nostalgiques du groupe, ils pourront retrouver un peu des Chick’N Swell dans le spectacle de Daniel. Après tout, il faisait partie du groupe et continue dans l’humour absurde. «À mon show, ils vont découvrir autre chose, même si j’ai gardé deux minutes de chansons des «Chick». Des chansons que j’ai écrites et que j’aimais bien», souligne-t-il.

Aujourd’hui, il se dit vraiment heureux de ce qu’il fait, lui qui a dû vivre avec des périodes d’anxiété auparavant. «J’ai réussi à éliminer cette facette de ma vie cette année», dit-il fièrement.

Ce retour à la base, aux sources, lui a permis de voir que l’humour n’était plus comme avant et que les jeunes humoristes étaient très bons et travaillent très fort. «Mais ma mère est toujours là pour m’encourager, tout comme mon frère et gérant, Michel.»

On ne peut que lui souhaiter qu’il continue de laisse aller son imaginaire et nous faire rire avec son humour à nul autre pareil.