La «grande austérité» afflige la Maison de thérapie

Par heleneruel
La «grande austérité» afflige la Maison de thérapie
Le Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles a déjà des répercussions sur la Maison de thérapie Victoriaville-Arthabaska. À l’avant-plan

VICTORIAVILLE. L’imminente entrée en vigueur du nouveau Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles a déjà des incidences sur la Maison de thérapie Victoriaville-Arthabaska.

Pour pallier les contrecoups de cette réforme, laquelle privera la Maison d’un peu plus de 100 000 $ par année, le conseil d’administration a dû adopter certaines mesures.

«Des mesures à court terme pour éviter que le bateau coule», note le directeur général Benoît Prince.

Pour hommes seulement

Ainsi, pour réduire ses coûts de fonctionnement, la Maison de 34 places n’admettra plus de femmes devenant un centre pour hommes seulement. La mixité obligeait la Maison à doubler la surveillance.

On diminuera les heures d’ateliers, coupera les sorties permettant aux résidents d’assister à des réunions de fraternité (AA, par exemple), réduira le temps consacré aux rencontres individuelles. Ces mesures permettront d’abolir deux des 15 postes et les employés ont accepté un gel de leur salaire. «Déjà plus bas que ce qu’il devrait être en regard de leurs compétences», signale M. Prince.

Depuis plusieurs mois, tant le directeur général de la Maison d’ici que l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendances ont dénoncé et tenter de contrer les mesures que vient tout juste d’adopter le gouvernement du Québec à l’égard des prestataires d’aide sociale.

À partir du 1er mai, ces gens verront leur chèque réduit à 200 $ par mois lorsqu’ils se trouvent dans un centre de thérapie. «Le message que le gouvernement envoie, c’est : «Si tu viens te rétablir, on coupe tes revenus. Donc, en plus de cesser de consommer, tu n’aurais plus l’argent nécessaire pour tes transports, pour t’acheter du savon et du shampoing», souligne M. Prince.

Cette coupe dissuadera les prestataires d’aide sociale de s’engager dans un traitement, craint-il. «Ils préféreront rester dans la rue pour garder leur chèque», croit-il. Déjà, à la fin de la semaine dernière, en apprenant l’imminence de l’entrée en vigueur du règlement, quatre résidents ont quitté la Maison et dix autres ont manifesté leur intention de le faire avant le 1er mai.

Non seulement, poursuit M. Prince, cette «grande austérité» du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale a des répercussions directes et fâcheuses sur des gens déjà mal pris, mais elle constitue aussi une «attaque déguisée» à l’encontre des centres de traitement en dépendance.

Le gouvernement maintient l’octroi d’une allocation quotidienne de 49,88 $ pour l’hébergement des résidents prestataires. Mais la Maison ne recevra plus, des mains des résidents prestataires, les 10 $ par jour qu’ils versaient pour leur traitement et l’accompagnement par les gens de la Maison. «On les accompagne pour leurs rendez-vous à la Cour, au Centre local d’emploi, chez le dentiste, chez le médecin. Plusieurs de ces sorties favorisent leur réintégration dans la société.»

Benoît Prince reproche aux ministres Sam Hamad et Lucie Charlebois de comparer les maisons de thérapie avec les centres de traitement en psychiatrie, en réadaptation physique et les centres pour femmes en difficulté. «Ceux-là reçoivent un financement de 100 $ par jour par résident et n’ont pas à fournir le transport pour les sorties.»

Il se dit «outré» que le gouvernement prenne ainsi en «otage» des dépendants, des gens démunis à tous points de vue et qui font des efforts surhumains pour redevenir des citoyens respectables et utiles.

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