Une Semaine pour parler d’amour…et de sexualité

Par heleneruel
Une Semaine pour parler d’amour…et de sexualité
Karine Manningham et Véronique Vanier

VICTORIAVILLE. À l’occasion de la Saint-Valentin… au cœur même de la Semaine de la santé affective et sexuelle (11 au 18 février), les ados et leurs parents entendront parler évidemment d’un aspect de la santé, de responsabilité, de sexualité et d’amour.

Plusieurs activités ponctueront cette Semaine, là où se trouvent les jeunes, à l’école et dans les maisons de jeunes, expliquent Karine Manningham et Véronique Vanier, toutes deux membres du comité organisateur de la Semaine et également membres du Comité ITS (infection transmise sexuellement) Arthabaska-Érable.

Travailleuse sociale, Karine représente le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d’Arthabaska-et-de-l’Érable alors que Véronique représente le Bureau local d’intervention sur le sida (BLITS).

Elles invitent les jeunes… et les moins jeunes à fréquenter la page Facebook (Semaine de la santé affective et sexuelle), laquelle sera particulièrement animée au cours de la Semaine.

Tous les jours, on y joindra des photos, des vidéos, des liens, des messages.

Véronique et Karine expliquent qu’il s’agit, par cette Semaine, de promouvoir des relations saines et égalitaires. Et pour les établir, il faut de la communication, de la confiance, du respect.

Avant, les jeunes amoureux fantasmaient sur un idéal de relations sexuelles, explique la travailleuse sociale. Aujourd’hui, c’est le contraire. Actifs sexuellement, ils fantasment sur la relation amoureuse. Il y a quelque chose de triste là-dedans, déplore Karine. «Les relations sexuelles sont souvent banalisées.»

Banalisées la sexualité et les ITS

Les campagnes de «peur» ne collent plus aux ados, soutient Véronique. «Les jeunes ne se projettent pas dans l’avenir. C’est la psychologue Danie Beaulieu qui disait que les jeunes avaient besoin d’une «prothèse» au cerveau et que cette prothèse s’appelle un parent!», ajoute Karine.

À l’ère de l’Internet et des médias sociaux qui font éclater la notion d’intimité, on peut se surprendre, par ailleurs, d’apprendre que ce sont encore les parents qui demeurent les principales sources d’information sur la sexualité pour les jeunes. D’autant que les cours d’éducation sexuelle sont, depuis longtemps, sortis des écoles.

C’est d’ailleurs peut-être un des facteurs pouvant expliquer la recrudescence des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) chez les 15 à 24 ans, selon Véronique. Dans la région sociosanitaire Mauricie-Centre-du-Québec, on dénombrait 1400 cas déclarés de chlamydia, un nombre sûrement plus élevé puisque chaque fois qu’on en diagnostique un, se trouve, à l’extérieur du cabinet, un partenaire infecté.

On en parle comme d’une épidémie silencieuse parce que la chlamydia est asymptomatique et que le seul moyen de savoir si on en est affecté, c’est de se soumettre à un dépistage.

Le VIH ne fait plus peur non plus. «Il est aussi banalisé», observent Karine et Véronique. Comme le sont les autres infections, tels l’herpès et le virus du papillome humain.

Karine dit souvent aux jeunes qu’elle rencontre que de se lancer dans une relation sexuelle sans protection, c’est un peu comme de remettre à quelqu’un sa carte de crédit et son numéro d’identification personnelle. «C’est sa santé que l’on met en jeu. C’est poche d’être aux prises avec de l’herpès à vie!»

Elle admet qu’il est tout aussi gênant de demander un dépistage que d’exiger une relation sexuelle protégée.

Dans les ateliers qu’elle anime pour les jeunes, Véronique dit que si la responsabilité incombe aux deux partenaires, c’est aux garçons d’assumer celle reliée au port du condom. Ce ne sont pas toutes les filles qui sont capables d’exprimer leur volonté d’être respectées.

Pendant cette Semaine de la santé affective et sexuelle, c’est à forger le jugement et l’estime de soi qu’on s’emploiera. Quant au BLITS, il sera présent, d’un stand d’information, au supermarché Loblaws, les jeudi, vendredi et samedi, 12, 13 et 14 février.

Quelques activités

Dans les maisons de jeunes et les écoles secondaires, on profite de la Semaine de la santé affective et sexuelle pour remettre des cartes câlins, des chocolats, des bracelets parlant d’amour.

On remet aussi des feuillets explicatifs et un condom. «Pas une incitation, mais une initiation à ce moyen de protection.»

Outre les activités tenues au cours de la Semaine, le Comité ITS va à la rencontre des jeunes et surtout de leurs parents lors de la remise des bulletins en novembre. On les invite à être présents, à l’écoute de leurs enfants pour parler sexualité avec eux.

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