Indra : l’art sous toutes ses soudures

Photo de Manon Toupin
Par Manon Toupin

VICTORIAVILLE. Pour Indra, l’art prend différentes formes, mais a toujours comme base des matériaux recyclés.

Rencontré à la Maison du rebut global, sur le mont Arthabaska, Indra était à mettre les dernières touches à sa plus récente création, qui vient rendre honneur à Normand Maurice et qui porte le titre Visionnaire engagé.

Plus de 2000 pièces de métal auront été nécessaires pour réaliser l’œuvre qui mesure 19 pieds de hauteur et qui est installée bien en vue sur le sommet de la montagne. Une belle pièce imposante, dont l’artiste est bien fier. Il n’a pas hésité à braver le froid pour venir compléter son travail. En fait, ce sont environ 500 heures qu’il a mises pour la réalisation de ce grand bonhomme.

Il faut dire qu’il a beaucoup de pain sur la planche (ou de morceaux de métal à souder). Le résident de Notre-Dame-de-Ham a encore des sculptures en forme d’oiseau à terminer. Celles-ci viendront s’installer sur le boulevard Labbé, tout près des deux (un héron et un cormoran-aigrette) qui y ont déjà fait leur nid. Il s’agit de commandes de la Ville de Victoriaville qui lui permettent de mettre son art en évidence dans la ville.

Aussi, il a récemment installé une gigantesque truite à Notre-Dame-de-Ham, qu’on peut voir en passant sur la route 161 et, faut-il le rappeler, il était finaliste pour l’obtention du prix du CALQ pour le Centre-du-Québec, il y a quelques semaines.

C’est donc une grosse année qui s’achève pour l’artiste, mais il en est très heureux. En fait, juste à lui parler, on voit bien qu’il est content de ses créations. «Tout est fait à partir de recyclage à la main, avec de l’huile de coude et un système de leviers», explique-t-il.

Ses sculptures sont aussi réalisées sans plan. Indra a tout en tête, autant les mesures que les angles à donner à ses réalisations. «La sculpture est ce que j’aime le plus», dira celui qui n’a pas manqué d’expériences commerciales et artistiques depuis son enfance.

Indien d’origine, il a multiplié les projets avant de s’installer à Notre-Dame-de-Ham et s’investir dans la sculpture. «J’ai décidé de poursuivre mon rêve», ajoute-t-il.

Et puisqu’il a l’habitude des travaux physiques (ayant construit sa maison et son atelier avec des arbres qu’il a lui-même coupés), la création avec du métal devient facile pour lui.

D’ailleurs, c’est depuis qu’il est tout petit qu’il s’intéresse, comme il le dit lui-même, à la ferraille. Son cheminement artistique a passé par plusieurs phases, mais actuellement, la sculpture de métal, de grand format, est prédominante.

Des idées plein la tête

S’il a dans la tête tous les plans de ses sculptures, Indra y garde aussi une multitude de projets à plus ou moins long terme, qui germent et qui impliquent tous des matériaux recyclés. Pour lui, tout peut devenir art. «Tout peut se transformer», insiste-t-il.

Ainsi, tout comme l’a fait Normand Maurice, Indra voudrait bien construire un atelier-école à Notre-Dame-de-Ham, où les enfants pourraient venir s’initier à l’art, gratuitement. «Une école gratuite pour donner accès à l’art et me permettre aussi de redonner», espère-t-il.

Côté création, il rêve à une sculpture monumentale en forme d’oiseau qui viendrait s’installer au réservoir Beaudet et sous laquelle les visiteurs pourraient s’installer bien à l’abri pour observer tous les volatiles qui viennent s’y reposer au cours de l’année.

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