H2O Innovation porte bien son nom

HAM-NORD. Après trois brevets développés au cours des trois dernières années, H2O Innovation, présente à Ham-Nord avec deux divisions, innove, une fois de plus, en proposant un nouveau produit dans le secteur acéricole. Les acériculteurs peuvent désormais s’équiper du système de contrôle et d’automatisation Smartrek/H2O. Un outil pour faciliter la vie des producteurs de sirop d’érable et augmenter leur rentabilité.

Avec une tablette électronique ou un téléphone intelligent, l’acériculteur pourra, à distance, savoir ce qui se passe dans son érablière grâce à des capteurs et des contrôleurs modulaires branchés sur le réseau sans fil.

«C’est un système de surveillance qui envoie l’information sur une tablette ou un téléphone intelligent. L’idée, c’est de savoir ce qui se passe en temps réel», note Matthieu Fortier, directeur des ventes érablières-Canada.

Un système qu’on voulait accessible, facile à installer. «On utilise une application sur androïde. On n’a qu’à scanner avec l’appareil photo chaque boîte. Chacune d’elles installées dans les érablières redistribue le signal de toutes les autres», explique Rock Gaulin, directeur des opérations manufacturières.

Des systèmes semblables existaient déjà depuis quelques années, note-t-on, mais ils impliquaient des capteurs reliés avec des fils, les rendant ainsi vulnérables.

Le Smartrek/H2O, développé en collaboration avec une entreprise de la Beauce, est un système sans fil qui a fait ses preuves. «Le système est solide, résistant, fait pour le climat québécois. L’Université du Vermont a effectué des tests menant à des résultats concluants», précise Rock Gaulin.

Le Centre de recherche, de développement et de transfert technologique acéricole (Centre ACER) de Saint-Norbert-d’Arthabaska utilise aussi ce type d’appareil pour assurer l’exactitude de sa collecte de données.

Outil pratique

Concrètement, le Smartrek/H2O peut détecter rapidement une fuite sur le réseau de tubulures d’une érablière, ce qui est directement relié à son rendement.

L’identification de la fuite évite à l’acériculteur une énorme perte de temps à détecter les bris, à sillonner des kilomètres de forêts enneigées.

«L’acériculteur peut lire, sur sa tablette ou son téléphone, les niveaux de vacuums à la fin de chaque ligne, ce qui lui permet de savoir s’il y a une fuite. Il peut savoir aussi, par exemple, l’heure du dégel d’une ligne. On connaît la température et le niveau des vacuums de chacune des lignes. L’acériculteur connaît aussi le niveau de ses bassins et s’il y en a un qui déborde. Des alarmes peuvent aussi être envoyées. On peut aussi arrêter et démarrer à distance des pompes vacuum. C’est vraiment le contrôle intelligent de toute une érablière qui arrive sur votre téléphone intelligent», explique Rock Gaulin.

Cette technologie, dit-il, ne peut qu’amener une meilleure rentabilité. «Le système permet un gain d’environ 10% au niveau de la quantité d’eau d’érable qui arrive à la cabane à sucre, souligne-t-il. Au moins 10% de plus d’eau, c’est donc 10% plus de revenus.»

H2O Innovation estime que le jeu en vaut la chandelle, que l’investissement abordable, de l’ordre de quelque 10 000 $ pour une érablière de 5000 entailles, sera vite récupéré. «Avec les gains réalisés, le retour sur l’investissement se fait rapidement, entre deux et trois ans», soutient M. Gaulin, estimant que, d’ici cinq ans, toutes les érablières d’une certaine envergure disposeront d’un tel système.

Le super concentrateur

Les dernières années ont également mené H2O Innovation à développer un appareil appelé le super concentrateur permettant de concentrer l’eau d’érable à un plus haut niveau.

Des tests, réalisés au cours des deux dernières années, ont permis de défaire un mythe voulant qu’une concentration plus forte altère le goût du sirop. «C’est totalement faux, affirme Rock Gaulin. On a effectué des tests avec le Centre ACER qui nous confirmeront bientôt que le goût et la couleur ne sont pas affectés. Il faut seulement apprendre à bouillir le sirop en conséquence.»

Une entreprise en pleine croissance

Travaux de rénovation de 400 000 $ en cours à Ham-Nord, embauche régulière d’employés, réalisation d’importants projets et un dernier trimestre record, bref, tout roule pour H2O Innovation pour qui tout a commencé en 2000 avec l’acquisition de l’entreprise Darveau.

Depuis, H2O Innovation, qui compte 150 employés, a fait l’acquisition de plus d’une dizaine entreprises, la majorité en sol américain.

À Ham-Nord où on retrouve quelque 40 travailleurs sur le plancher et une dizaine d’autres dans les bureaux, H2O Innovation dispose d’une division érablière et d’une usine d’assemblage des systèmes de traitement d’eau potable et d’eaux usées. «Pour la seule division acéricole, on embauche une ou deux personnes par année. On enregistre une croissance de plus de 20% au cours des trois dernières années, signale Rock Gaulin. Notre entreprise, d’ailleurs, remporte depuis cinq ans des prix pour les entreprises qui connaissent les plus importantes croissances en Amérique du Nord.»

Et l’entreprise qui, depuis juillet, a augmenté de 40 le nombre total d’employés, continue sur sa lancée ayant connu un dernier trimestre record. «C’est notre meilleur trimestre à vie, reconnaît M. Gaulin, avec des profits de plus de 800 000 $ pour le trimestre.»

Enfin, H2O Innovation, qui a son siège social à Québec, pilote actuellement d’importants projets en matière de traitement d’eau à Calgary, au Manitoba et dans le Nord québécois.

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