Décontaminer les sols pour les revaloriser

SAINT-ROSAIRE. Un partenariat entre la firme EnGlobe Corp., Gesterra et Gaudreau Environnement a mené à la mise en place, au lieu d’enfouissement technique (LET) de Saint-Rosaire, de plateformes pour le traitement des sols contaminés de la région. Le projet a nécessité des investissements importants qui demeurent, toutefois, confidentiels.

Pour décontaminer les sols, le centre de traitement de Saint-Rosaire utilise un procédé biologique développé il y a plus de 25 ans et qu’on a baptisé «Biopile». «Il s’agit de mettre en piles des sols contaminés et de s’assurer que les micro-organismes déjà présents dans les sols se réveillent, s’activent et se multiplient pour venir absorber les contaminants. Pour ce faire, on retourne les biopiles en y ajoutant quelques nutriments, notamment du fumier animal, pour activer le tout. Nous accélérons, en quelque sorte, le processus de décontamination naturelle des sols. On crée des conditions favorables à la croissance des micro-organismes qui utilisent les contaminants pour s’alimenter», a expliqué Alain Robichaud, vice-président des centres de traitement de sol Solution Eau Air Sol, une division de EnGlobe Corp.

Le centre de traitement de Saint-Rosaire dispose d’une capacité de traiter, en même temps, 25 000 tonnes de sols contaminés. «Une capacité qui peut aller jusqu’à 75 000 tonnes. Cela nous donne une plus grande flexibilité pour accommoder davantage de clients», a indiqué M. Robichaud lors de l’ouverture officielle, mardi après-midi, en présence de plusieurs invités.

Le nouveau centre vise une clientèle principalement régionale, des particuliers jusqu’aux entrepreneurs généraux et en excavation en passant par les consultants en environnement, par exemple.

«Nous traitons des sols contaminés non pas par des métaux lourds, mais par des matières volatiles, plus faciles à traiter», a précisé Johnny Izzi, directeur général de Gaudreau Environnement.

Ainsi, le centre de traitement peut notamment recevoir des sols contaminés par des hydrocarbures pétroliers, des composés organiques volatils et des chlorobenzènes.

Une fois décontaminés, les sols retrouvent une nouvelle vie, un nouvel usage. «Nous voulions une technologie moderne, a fait valoir M. Izzi, pour que les sols traités puissent être utilisés comme matériel de recouvrement sur notre site.»

Le projet ne crée pas de nouveaux emplois, ou si peu. «En fait, cela dépendra du volume global. Il pourrait y avoir un ou deux emplois dans les périodes plus occupées. Mais je suis fier de souligner que les employés de Gaudreau Environnement opèrent tout le site, à l’exception de l’analyse et des technologies relevant d’Englobe», a souligné Johnny Izzi.

Le projet, au départ, devait se réaliser en deux étapes. Mais la tragédie de juillet 2013 à Lac-Mégantic a accéléré le processus.

Un bon choix

Ce projet, les différents intervenants y travaillent depuis un bon moment. Il a nécessité, comme l’a signalé Alain Robichaud, plus de deux ans de travail intensif.

Et l’ex-directeur général de Gesterra, Robert Béliveau, y est pour quelque chose. «Je remercie et salue Robert Béliveau pour son implication dans le projet. Il a travaillé à sa planification et à son organisation», a observé l’actuel directeur général Charles Lemieux.

Gesterra, a-t-il noté, souhaitait une solution pour le traitement, à proximité, des sols contaminés. «On devait parcourir de bonnes distances avec des camions pour la décontamination des sols. Ça ne faisait pas très développement durable», a-t-il fait remarquer.

Si Englobe Corp. a été choisie, c’est parce qu’elle possédait les critères essentiels pour mener à un partenariat public privé. «La firme occupe une excellente position dans le marché. Il s’agit d’une compagnie soucieuse, reconnue pour ses méthodes de travail et pour son souci et son respect des normes environnementales», a indiqué Charles Lemieux.

«On croit à la revitalisation des sols pour assurer le développement économique, pour récupérer une ressource plutôt que l’enfouir. Le sol peut servir à d’autres usages», a fait valoir Alain Robichaud, tout en ajoutant que cette passion de vouloir innover et revaloriser avait guidé l’entreprise dans le choix de Gesterra et de Gaudreau Environnement comme partenaires.

Ce projet et ce partenariat s’inscrivent parfaitement dans la philosophie de Gaudreau Environnement, a noté Johnny Izzi. «On faisait depuis longtemps le transport de sols contaminés sur de longues distances. On a vu une opportunité en s’associant à ce projet qui nous tient à cœur, celui de la décontamination des sols contaminés de la région avec une façon de faire acceptable, selon nos valeurs, dans le respect de l’environnement et la recherche de la valorisation des matières qui, autrement, se retrouveraient au site d’enfouissement. Faire avancer le monde sans faire reculer la Terre, cela motive chacune de nos décisions», a rappelé le directeur général de Gaudreau Environnement.

Ce projet, a-t-il ajouté, constitue une corde de plus à son arc. «On travaille, par ailleurs, à d’autres projets pour amener d’autres types de partenariat sur notre site», a fait savoir M. Izzi.

Le président et chef de la direction d’EnGlobe Corp., Denys Turcotte, un homme natif de Saint-Léonard-d’Aston, participait aussi à l’ouverture officielle et il a signalé, entre autres, l’esprit d’ouverture des intervenants. «On essaie de travailler avec les gens de la communauté. C’est la seule vraie façon de travailler, je pense. Il faut l’acceptation sociale et la flexibilité du milieu. Merci de votre ouverture», a-t-il dit, indiquant aussi que son entreprise, qui a ouvert un centre en Israël il y a quelques mois, avait des visées pour l’Afrique et les États-Unis, notamment.

«Nous voulons continuer à prendre de l’expansion. On prévoit rayonner à partir du Québec vers d’autres marchés et en développant la technologie. Nous, on veut innover et bâtir sur la force technologique qui nous a bien servis dans le passé», a-t-il conclu.

Le centre de Saint-Rosaire est le septième centre de traitement d’EnGlobe qui en possède également un à Montréal, trois dans la région de Québec, un autre en Estrie et un centre en Ontario.

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