Accident à Maddington : Boudreault coupable de négligence criminelle causant la mort

VICTORIAVILLE. Normand Boudreault, un résident du secteur Sainte-Gertrude à Bécancour, a décidé de couper court au processus judiciaire. Alors que devait s’amorcer, mercredi, son enquête préliminaire, l’accusé a reconnu sa culpabilité à une accusation de négligence criminelle causant la mort. La poursuite, devant ce fait, a réclamé à la Cour un arrêt des procédures quant à l’accusation de conduite avec les capacités affaiblies causant la mort.

Avant que l’accusé n’enregistre son plaidoyer et que le juge David Bouchard de la Cour du Québec le déclare coupable, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Cynthia Cardinal, a exposé les faits de la présente affaire.

Le tragique événement, qui a causé le décès de Jean Thibeault, un ami de l’accusé, s’est produit en septembre 2012 sur la route 261 à Maddington.

Ce soir-là, les deux hommes ont entrepris, en début de soirée, une tournée des clubs et des bars qui prend fin vers 23 h 30, moment où ils décident de rentrer à la maison.

«L’accident survient vers minuit, a raconté Me Cardinal. Le véhicule conduit par M. Boudreault a capoté et s’est retrouvé dans un fossé. Le conducteur s’est extirpé du véhicule, constatant aussi que son passager était conscient. Il a essayé, mais sans succès, de le dégager.»

L’accusé a alors quitté les lieux en direction de sa résidence. «Il a marché pendant trois heures, environ 9 à 10 km. Il ne s’est arrêté à aucune maison pour demander de l’aide. Plusieurs maisons se trouvaient toutefois sur son chemin», a fait remarquer la représentante du ministère public.

Arrivé chez lui, Normand Boudreault explique la situation à une dame présente, raconte que son passager à un bras coincé. «Ce qui presse pour lui, c’est de retourner sur les lieux. Mais il prend une douche», a précisé Me Cardinal.

Boudreault se rendra, de nouveau, sur les lieux de l’accident avec un voisin. «Sur place, on constate le décès de l’homme. L’autopsie confirme une mort par noyade. C’est ce voisin qui alertera les services d’urgence vers 4 h 45. Et comme l’accusé souhaite s’en retourner, le voisin le reconduit à son domicile», a relaté la procureure de la poursuite.

Le voisin en question retournera sur les lieux avec sa conjointe afin d’indiquer l’endroit aux ambulanciers, puisque le véhicule, profond dans le fossé, était peu visible.

Boudreault, de retour à sa résidence, a aussi composé le 9-1-1. Il était environ 5 h, et l’accident s’était produit cinq heures plus tôt.

L’avocat de Boudreault, Me Jean-Philippe Anctil, a fait savoir au Tribunal que son client reconnaissait les faits relatés par la poursuite. «Les faits sont admis, à l’exception du fait que mon client ne reconnaît pas la conduite avec les capacités affaiblies. C’est plutôt l’omission de porter secours, d’apporter l’aide nécessaire qui a causé la mort de son ami. L’homme était vivant après l’accident. Il aurait tenté lui-même de s’extirper, mais il s’est noyé dans 30 cm d’eau», a souligné Me Anctil.

En raison de la gravité objective, de la complexité du dossier et de l’absence d’antécédents de l’accusé, son avocat a demandé et obtenu la confection d’un rapport présentenciel, un processus d’une durée d’environ six mois.

Ainsi, les parties se retrouveront, de nouveau, devant le juge Bouchard le 12 février pour les représentations sur la peine.

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