Établissement Drummond : un service express pour la diète halal

DRUMMONDVILLE. Y a-t-il un service à deux vitesses à la cafétéria du pénitencier de Drummondville, dont un réservé pour la nourriture halal?

La réponse à cette question, posée par un détenu dans une lettre envoyée au journal L’Express, semble bien être affirmative, selon un renseignement obtenu auprès des Services correctionnels du Canada.

Un détenu de l’Établissement Drummond, qui ne se nomme pas, se contentant de signer comme étant un détenu «bain» ordinaire, a porté en effet à notre attention une situation qu’il qualifie de choquante, dénonçant le fait que «à la cafétéria de l’Établissement Drummond, il y a un service à deux vitesses : les plats halal pour les détenus musulmans et les plats réguliers pour les autres détenus».

«Ceux qui pratiquent le Coran ont droit à un service «express», ils passent devant toute la file, en avant des catholiques, des protestants, des témoins de Jéhovah, des bouddhistes, des indiens des Premières nations, des détenus du 3e âge… Est-ce grâce à Allah? Pourquoi ont-ils un tel statut, un privilège comme celui-là? Le chef de la cuisine m’a répondu qu’il n’avait aucune raison technique, pourquoi alors? Est-ce un accommodement raisonnable? Sommes-nous bien au Canada?», a-t-il ajouté.

La question a été relayée aux Services correctionnels du Canada où un gestionnaire des communications, Jean-Yves Roy, a confirmé lors d’un entretien téléphonique qu’il existe bien des diètes religieuses dans les cuisines des prisons fédérales.

«Nous sommes tenus par le règlement de respecter les besoins religieux. Il y a une diète halal et il y a une diète casher. À l’Établissement Drummond, il existe trois points de service et un de ceux-là est réservé aux diètes religieuses», a expliqué M. Roy, selon qui on dénombre 40 détenus (sur environ 440) qui sont de religion différente.

«Pour nous, c’est un moyen de favoriser la réhabilitation et la réinsertion sociale. C’est aussi une question de respect envers les différentes cultures. Il ne faut pas oublier que le milieu carcéral est aussi un milieu de vie où le maintien d’un climat de respect est important», a précisé M. Roy.

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