Un violent choc idéologique à prévoir

Les Tigres et les Sags ne partagent pas la même ardeur amoureuse pour les bagarres


Publié le 20 mars 2017

Yanick Jean

©TC media-Frédéric Marcoux

Yanick Jean effectue un grand retour à l'amphithéâtre Gilbert-Perreault en séries. Cette fois-ci, il sera dans le clan ennemi des Tigres. Avec ses Saguenéens, il débarquera dans les Bois-Francs avec l'unique ambition de mettre fin à la saison de son ancien employeur dès le premier tour.

Jean connaît très bien les Tigres, ayant passé une dizaine d'années au sein de l'organisation. Il y détient la plupart des records de concession importants. C'est à Victoriaville qu'il a fait ses classes, ayant bien souvent appris à la dure lors d'éliminations hâtives en première ou en deuxième ronde.

Les amateurs de hockey junior des Bois-Francs le connaissent tout autant. Ils savent très bien que l'entraîneur adore jouer toutes les cartes qu'il a sous la main durant les séries. Il ne serait pas surprenant de le voir tenter de déstabiliser l'équipe de son homologue Louis Robitaille par l'entremise des médias. Il pourrait aussi être tenté de pratiquer un style de jeu défensif, comme sa fameuse trappe 1-3-1, pour avoir le meilleur sur son rival à l'usure. Pour l'instant, du moins à la lumière de ses propos, il compte plutôt imposer son style aux Félins.

«Nous allons nous concentrer sur nous et sur la façon dont on a progressé durant la deuxième moitié de la saison. Parfois, en séries, on s'ajuste à l'adversaire, mais ce ne sera pas notre cas», a-t-il confié, lundi, alors que son équipe sortait d'une courte retraite fermée depuis dimanche.

Favoris ou négligés? À cela, Jean n'y accorde aucune importance. Il estime plutôt que le prochain test face aux Tigres ne sera pas de tout repos pour les siens. «Je m'en fiche d'être considéré comme favori ou négligé. Nous avons de la grosse besogne devant nous. Nous nous préparerons toute la semaine pour un gros défi», lance-t-il.

L'affrontement entre les Tigres et les Saguenéens sera non seulement des retrouvailles, mais également un violent choc idéologique. Louis Robitaille adore la robustesse et les joueurs teigneux. Les Victoiravillois ont dominé la Ligue de hockey junior majeur du Québec au cours du calendrier régulier pour le nombre de bagarres (46). Yanick Jean, de son côté, prône la discipline. Il préfère tenter de tirer avantage des unités spéciales pour savourer la victoire. Il avait même dit, plus tôt cette saison, que le style de jeu pratiqué par les Tigres était dépassé.

«Nous avons été l'une des équipes les plus disciplinées du circuit cette saison. Nous sommes aussi ceux qui ont livré le moins de combats. On ne compte pas changer ça. Jouer avec émotion ne veut pas dire qu'il faut se battre. En séries, d'ailleurs, il n'y en a pas. Je ne me souviens pas de la dernière fois que mon équipe s'est battue durant les éliminatoires», a-t-il poursuivi.

Jean, par ailleurs, n'a pas caché que son équipe traînait sur ses épaules la pression du succès instantané, ayant fait l'acquisition de plusieurs vétérans au cours de la saison morte, dont les jumeaux Klima et le défenseur Olivier Galipeau, que les Tigres convoitaient également. Nicolas Roy vit aussi ses derniers moments dans la LHJMQ, réduisant la fenêtre des Sags pour gagner avec ce pilier dans l'alignement.

«Nous nous sommes en effet améliorés durant la période des échanges en prévision de cette année et l'an prochain», a conclu Jean, qui est aussi directeur général de son équipe.