Conor Garland produit et… dérange

Publié le 31 mars 2016
Ce n'est pas le grand amour entre Conor Garland et Olivier Tremblay. (Photo TC Media – Benoît Plamondon)

HOCKEY. Voilà longtemps que les amateurs de hockey junior des Bois-Francs ne se sont pas montrés aussi hostiles à l'endroit d'un joueur adverse que Conor Garland, des Wildcats de Moncton.

Considéré comme étant l'attaquant le plus redoutable de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, il est également un véritable verbomoteur sur la surface glacée. Les partisans des Tigres se sont époumonés à le huer. Ils ont pris un vilain plaisir à l'injurier.

Après le premier match à Victoriaville, des partisans l'ont même attendu près du corridor menant au vestiaire des Wildcats pour conspuer. L'entraîneur-chef Darren Rumble, parlant aux journalistes non loin de là, a interrompu le point de presse pour bloquer le chemin à son petit surdoué. Le pilote de l'équipe a aussitôt demandé à la sécurité de contraindre les partisans chahuteurs. «C'est correct. Je m'en attendais. Ça m'arrive tous les soirs. Je vis bien avec ça», a partagé Garland, interrogé sur l'accueil que les amateurs lui réservaient.

Il ne fait pas de doute que le vétéran dérange. Il s'avère non seulement une peste, mais il est aussi une menace constante sur la glace. Il est, de loin, le joueur qui bénéficie du plus important temps de jeu au sein des deux équipes.

Garland se tient constamment derrière le jeu, espérant se faire oublier par la défensive adverse. Rarement on le voit supporter ses coéquipiers en territoire défensif. Il pratique un style qu'on ne voit nulle part ailleurs au sein du circuit Courteau. Combiné à son talent exceptionnel, ça a fait de lui le meilleur pointeur de la LHJMQ durant le calendrier régulier.

La commande est lourde pour les joueurs qui doivent le surveiller. Mathieu Ayotte a eu cette responsabilité la majeure partie du temps. Le joueur des Tigres, parfois au bout de ses limites, a été appelé, à l’occasion, à en mettre un peu plus pour le réduire au silence. Mercredi, en deuxième période, il y est allé d'une mise en échec dangereuse à la tête à l'endroit du numéro 8 des Wildcats. Ayotte a été expulsé du match.

«C'est tellement difficile de le surveiller. C'est un petit joueur qui mise sur des habilités hors du commun. Il est comme une couleuvre. Il ressemble un peu à Mike Ribiero, dans le temps, qui trichait énormément. Il faut gérer l'espace qu'on lui laisse lorsqu'on se porte à l'attaque. Il n'y a pas de recette magique. Il faut le frapper quand on en a la chance et demeurer alerte», a commenté Bruce Richardson.

La personnalité de Garland ne passe pas inaperçue. Il a souvent eu maille à partir avec le gardien des Tigres Olivier Tremblay. Les deux n'ont pas cessé de dialoguer durant la période d'échauffement, mercredi. Ça fait bien rire l'entraîneur-chef des Tigres, d'ailleurs.

«Il est cocky. Ça fait partie de son style de jeu. Il aime ça! D'ailleurs, il dit à tout le monde qu'il est riche. On sait maintenant qu'il a signé un contrat. Il passe devant notre banc et nous dit : I'm rich, I'm rich. Je suis bien content pour toi mon ami! Moi, je ne le suis pas!», a partagé le pilote des Félins en rigolant.

Garland, de son côté, n'a pas semblé vouloir s'épancher sur ce dossier. «Je ne sais pas de quoi il parle. Je n'ai rien dit. Je ne me concentre que sur le hockey, pas sur ce qui se passe en dehors de la glace», a-t-il conclu.