Depuis quelques années, l'École peine à recruter des étudiants pour ce programme de 900 heures menant à un diplôme d'études professionnelles. Elle peine tellement qu'elle a même dû suspendre la formation cette année, les deux dernières cohortes de 2008 et de 2009 ne parvenant pas à dépasser la douzaine d'élèves annuellement.
Deux enseignants, Alain St-Pierre et Gilbert Boisvert, ont entièrement révisé la manière de le dispenser et se sont inspirés de la formule entrée continue, sortie variable du programme de soudure offert à Plessisville par la Commission scolaire des Bois-Francs.
«C'est ce qui a sauvé le programme de soudure», a dit Jacques Juneau.
À compter de l'automne prochain, plusieurs dates (six ou sept) d'entrée au cours de l'année seront offertes aux élèves désireux de s'engager dans le programme de rembourrage. «Cela peut éviter à quelqu'un d'attendre toute une année avant d'entreprendre sa formation», a précisé M. Juneau.
L'entrée continue aura pour effet de fractionner le groupe d'élèves et de favoriser un enseignement plus individualisé, expliquent les enseignants.
D'autant qu'ils ont intégré les technologies de l'information, ce qui donne un caractère encore plus novateur au programme. Par exemple, les élèves auront accès, à l'écran de leur ordinateur, à tout le contenu théorique de chacun des modules du programme. Plus encore, ils pourront aussi, voir… et revoir les démonstrations enregistrées sur vidéo.
Les profs ont expliqué qu'il était laborieux d'expliquer comment on enfile une machine à coudre à un groupe de 15 élèves. «Celui qui se trouve derrière n'a pu voir comment on s'y prend et il faut constamment répéter.» Tout ce temps perdu à répéter pourra plutôt être consacré à aider un élève en difficulté.
Les enseignants croient aussi que par la nouvelle approche, le rythme d'apprentissage de chacun sera respecté, ce qui est plus stimulant pour le plus rapide et moins démobilisant pour celui qui progresse plus lentement.
Une technique délaisséeAu-delà des innovations pédagogiques apportées à son programme, l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie a à remettre le rembourrage à la liste des métiers recherchés. «Il y a encore de l'avenir pour le rembourrage!», a souligné M. Juneau. Les employeurs auraient du mal à recruter de la relève dans ce domaine.
Le directeur a poursuivi en disant que le rembourreur pouvait travailler à son compte ou en entreprise, et pas seulement dans le secteur du meuble. Des pièces rembourrées, on en trouve dans l'univers de la moto, de l'auto, de l'autobus, du train, de l'avion. On peut créer des pièces rembourrées… et en réparer.
Lorsque des jeunes leur demandent si le métier est bien payé, les enseignants leur répondent que le salaire est tributaire de l'entreprise… et de la qualité du travail de l'employé. «Il y a de bonnes et de moins bonnes entreprises, comme il y a de bons et de moins bons employés», a dit Alain St-Pierre.
La journée de portes ouvertes du samedi 29 janvier (entre 9 et 15 h 30) au cégep de Victoriaville devrait permettre aux personnes intéressées d'en savoir davantage sur les changements apportés au programme de rembourrage.