Les femmes afghanes dans l'esclavage sexuel



Les femmes afghanes dans l'esclavage sexuel

Les femmes afghanes dans l'esclavage sexuel

Richard Cléroux
Publié le 10 Avril 2009
Publié le 15 Avril 2010
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C’est difficile à croire que ni Stephen Harper ni ses ministres étaient au courant de la nouvelle loi sur la famille du Président Hamid Karzai de l’Afghanistan, cette loi même qui expose les femmes à l’esclavage sexuel, dans leurs propres foyers.

Sujets :
Agence canadienne de développement international , Groupe Droits , Kaboul , Afghanistan , Pakistan

La loi qui s’appelle « Statut personnel des Chiites » a été préparée en secret par des comités du parlement afghan en février. Le 31 mars Karzai y apposait sa signature pour en faire une loi. Aucune des 89 femmes qui siégent au parlement afghan n’a été invitée à siéger sur les comités qui préparaient cette loi sur la famille.

Curieusement, il y a au moins six mois, des représentants de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) présidée par la ministre Bev Oda avaient fourni à l’ambassade canadienne à Kaboul un rapport expliquant qu’une telle loi était en gestation.

De plus, en octobre 2008, des travailleurs canadiens du groupe Droits et Démocratie ont publié un rapport sur la loi et le rôle qu’il ont joué comme conseillers à la préparation de la loi.

Même notre ministre responsable pour l’ Afghanistan, Stockwell Day, qui a visité Karzai quelques jours avant qu’il signe la loi, insiste que Karzai ne lui a pas glissé un mot sur ce qu’il entendait faire.

La constitution afghane prévoit que les Chiites qui sont 10% à 15% de la population de 30 millions en Afghanistan ont droit à leur propre code de la famille.

Avec des élections présidentielles en septembre, Karzai s’est hâté de donner à la communauté Chiite leur code de la famille pour attirer leurs votes.

La loi de Karzai qui donne aux hommes un contrôle quasi-total sur leurs épouses, stipule qu’un époux Chiite a droit à des relations sexuelles avec sa femme un minimum d’une fois tous les quatre jours, sauf si la femme est malade. Puis, «c’est de la responsabilité de l’épouse d’être prête à satisfaire sexuellement son mari et de ne pas quitter la maison sans autorisation, sauf en cas de besoin ou de difficulté. » Les critiques ont surnommé cela « la loi du viol conjugale. »

Une autre clause interdit aux femmes de travailler sans le consentement de leur mari.

Les travailleurs de Droits et Démocratie, affirment dans un rapport qui a fini à l’ambassade canadienne à Kaboul, que n’eut été d’eux, il y aurait eu une clause permettant aux hommes d’épouser des filles âgées d’aussi peu que neuf ans.

Depuis deux ans Harper ne parle plus de la chasse à Osama bin Laden. Tout le monde sait que bin Laden est déjà de l’autre côté des montagnes, au Pakistan. Plutôt, les bonzes du gouvernement conservateur claironnent que nos troupes sont là pour sauver les femmes et les filles afghanes et leur donner une meilleure vie.

Mais des lois comme celles que vient de parapher Karzai jettent un doute sérieux sur notre raison-d’être dans ce pays criblé de conflits et de coutumes presqu’incompréhensibles pour nous.

Pour remédier au problème politique posé par cette loi, Harper a vite annoncé la semaine dernière que Karzai l’avait suspendue.

Faux. La loi est simplement sous révision par un comité du ministère de la justice afghan. À Kaboul on dit que la révision prendra plusieurs mois, et la décision ne sera pas connue avant les élections de septembre. Question pour Karzai de ménager le chou et la chèvre ou encore ses élections et l’aide étrangère…

Mais pensons-y bien.

Question 1 : Est-ce que, comme le suggère Harper, notre ambassade à Kaboul a oublié de faire son travail?

Question 2, Pire encore, l’ambassade l’a-t-elle fait par exprès pour garder le gouvernement canadien dans l’ignorance?

Question 3, Pourquoi le ministre des relations étrangères Lawrence Cannon n’a-t-il jamais été mis au courant du rapport de l’ACDI?

Question 4 : Comment pouvons-nous justifier l’aide monétaire et autre envoyée à l’Afghanistan, devant une telle charade de Karzai?

Et enfin, la question qui tue….

Question 5 : Comment les Canadiens peuvent-ils continuer à envoyer notre jeunesse défendre des idéaux si contraires aux valeurs canadiennes, dans un pays si confus voir si corrompu, sans protester?

Pendant ce temps, les travailleurs de Droits et Démocratie sont soulagés de savoir qu’ils ont, au moins, réussi à faire biffer une clause qui aurait donné aux hommes le droit d’épouser des jeunes filles de neuf ans.

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