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Agression sexuelle : Jean-Christophe Martin condamné


Publié le 19 mai 2017

Dans l'ordre, Jean-Christophe Martin, condamné à la peine minimale, François Blondeau en attente d'une peine, et Dominic Vézina, lui, conteste la constitutionnalité de la peine minimale.

©TC Media - Claude Thibodeau

Alors qu'en principe les parties se retrouvaient pour fixer une date pour les représentations sur la peine, on a plutôt eu droit à un autre scénario en fin de matinée, vendredi. Jean-Christophe Martin, reconnu notamment coupable le 6 mai par un jury d'agression sexuelle avec lésions sur une adolescente de 15 ans, a plutôt fait savoir, lors d'une audience tenue par visioconférence au palais de justice de Québec, qu'il était prêt à faire face à la musique.

Le jeune homme n'interjettera pas appel du verdict et ne contestera pas non plus la constitutionnalité de la peine minimale de cinq ans de pénitencier. «J'accepte pleinement les gestes posés, a-t-il témoigné. Mes excuses au procès envers la victime étaient vraies, sincères. Je suis vraiment désolé. Je m'excuse pour tout. Je croyais qu'elle avait plus de 15 ans et je n'avais pas l'intention de lui causer des lésions.»

Depuis La Tuque, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Éric Thériault, a fait valoir qu'il faisait de la peine minimale une suggestion commune avec la défense, tout en évoquant des facteurs aggravants comme la gravité des gestes, leur fréquence au cours de la soirée et les conséquences sur la victime. «Il est important qu'on insiste sur les critères de dénonciation et de dissuasion», a-t-il soulevé.

Le juge François Huot de la Cour supérieure du Québec l'a donc condamné à la peine minimale de cinq ans de pénitencier en retranchant la détention provisoire, ce qui signifie à compter d'aujourd'hui (vendredi) une peine à purger de 59 mois et une semaine.

Le juge Huot a imposé la peine non sans avoir adressé quelques mots au jeune homme. «Vous traversez sans doute des heures sombres. Mais vous avez commis avec Blondeau et Vézina des crimes terribles. C'est normal que vous en souffriez», a indiqué le magistrat laissant poindre une lueur d'espoir.

«Comprenez bien qu'à votre âge, votre vie ne se termine pas aujourd'hui. Elle commence. Dans tous ces événements malheureux, je retiens deux points positifs : le fait d'accepter pleinement votre responsabilité constitue une étape majeure dans votre réhabilitation. Et puis, a souligné le magistrat, sachez que malgré les regrets, la peine, la souffrance et le désespoir qui peuvent vous habiter, vous avez la chance, contrairement à d'autres condamnés, d'être entouré de personnes aimantes qui vous ont apporté un support inconditionnel. Il y a une lumière pour vous au bout du tunnel. Vos proches seront là à votre sortie.»

Le juge Huot l'a invité, en détention, à se tenir loin des mauvaises influences et des personnes peu recommandables. «Payez votre dette, comme un homme, en vous éloignant de ceux qui pourraient vous faire dévier de votre route. Vous comprenez aussi qu'il y aura des conséquences à long terme pour la victime. Purgez votre peine et revenez ensuite un actif pour la société», a terminé le président du Tribunal. La jeune victime et ses proches n'ont pas assisté à l'audience.

Blondeau : le juge manifeste son incompréhension

Pierre-François Blondeau, alias le chanteur Midaz, trouvé coupable d'agression sexuelle, n'entend pas non plus en appeler du verdict. Il s'attendait à faire face à une peine. Or, le juge Huot n'a pas caché son étonnement lorsque la poursuite et la défense lui ont fait valoir une suggestion commune d'un an de prison. Juste avant, Pierre-François Blondeau s'est exprimé, disant avoir entrepris, depuis son incarcération, une grande réflexion. «J'ai pris conscience de la gravité de mes gestes. Je tiens à m'excuser sincèrement à la victime. Je vais prendre le temps de réfléchir et de travailler sur ma personne», a-t-il confié.

Le juge François Huot a fait savoir qu'il lui appartenait, pour rendre sentence, de déterminer les faits qu'il croit prouver hors de tout doute raisonnable. «Je suis très étonné de la suggestion commune. Je doute fortement de son caractère raisonnable. Je ne suis pas prêt à l'entériner pour l'instant. J'estime nécessaire que les parties m'exposent les raisons pour lesquelles elles considèrent que seul un acte de fellation serait relié à Blondeau», a exprimé le magistrat.

Ainsi, la poursuite et la défense feront valoir leur point de vue le 6 juin prochain au palais de justice de Victoriaville. Quant à Dominic Vézina, trouvé également coupable d'agression sexuelle avec lésions, il conteste pour sa part la constitutionnalité de la peine minimale. Il en sera également question le 6 juin.