Affaire d'agression sexuelle : le jury est choisi


Publié le 20 mars 2017

L'un des accusés, Pierre-François Blondeau, chanteur du groupe Midaz et Ellie

©TC Media - Claude Thibodeau

Au terme d'une sélection qui a duré environ quatre heures, lundi, au palais de justice de Victoriaville, six hommes et six femmes ont été choisis pour former le jury qui décidera du sort de trois jeunes hommes de la région de Québec accusés d'avoir agressé sexuellement une adolescente de moins de 16 ans dans la nuit du 24 au 25 octobre 2014 lors d'une soirée «rave» pour adolescents au Complexe Sacré-Cœur de Victoriaville.

En début de journée, avant le début de la sélection, la greffière a fait la lecture des chefs d'accusation portés à l'endroit des trois accusés. Pierre-François Blondeau, Jean-Christophe Martin et Dominic Vézina font chacun face à quatre chefs d'accusation : agression sexuelle avec lésions sur une adolescente de moins de 16 ans, agression sexuelle avec la participation d'une autre personne, contacts sexuels et incitation à des contacts sexuels.

Avant qu'on entame la sélection du jury, le juge François Huot de la Cour supérieure du Québec, qui préside le procès, s'est adressé aux candidats qui s'entassaient dans deux salles d'audience. Pendant environ 30 minutes, le juge Huot a expliqué la procédure aux candidats jurés, précisant aussi que, selon certaines estimations, le procès pourrait durer cinq semaines. En principe, les audiences se dérouleront de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h.

Des centaines de personnes, au moins 400, a-t-on appris, avaient été convoquées pour cette sélection. Pas moins de 70 candidats auront finalement été nécessaires pour que les parties terminent la composition du jury. Les jurés retenus proviennent principalement de Victoriaville, mais aussi de Saint-Christophe-d'Arthabaska, de Warwick et de Saint-Louis-de-Blandford. Leur âge varie entre 22 ans et 48 ans pour une moyenne de 35 ans.

Les jurés occupent diverses professions, du travail en usine à l'enseignement en passant par le service à la clientèle, la mécanique, le commerce de détail et le monde communautaire. Deux jurés suppléants, des femmes de 32 ans et de 31 ans, ont aussi été choisis pour prendre la place, au besoin, d'un juré qui pourrait, d'ici lundi, avoir été victime «d'un mauvais coup du sort» comme l'a dit le juge Huot qui s'est, une fois le processus terminé, adressé aux 12 jurés et aux deux jurées suppléantes.

«Merci de votre collaboration et de votre patience. La sélection d'un jury constitue un processus important et délicat qui doit respecter des normes et une façon de faire pour s'assurer de l'impartialité», a expliqué le magistrat avant de leur indiquer que, dès maintenant, ils allaient vivre avec un «précepte fondamental», celui de la présomption d'innocence. «Les trois accusés sont présumés innocents jusqu'à ce que le ministère public puisse vous convaincre du contraire hors de tout doute raisonnable», a fait valoir le juge Huot.

Le président du Tribunal a expliqué ensuite aux 12 jurés qu'ils allaient agir comme le juge des faits alors que lui-même agira en tant que juge du droit.

«Le sort des accusés incombera à vous, à vous seuls. Vous serez souverains dans l'appréciation de la preuve. De mon côté, j'ai le devoir de m'assurer de l'application des règles de droit. Je trancherai les questions de droit, vous ferez de même avec la question des faits», a souligné le juge François Huot avant de donner congé au jury jusqu'à lundi prochain, moment où doit s'amorcer véritablement le procès avec un premier témoin, vraisemblablement l'enquêteur au dossier, le sergent François Beaudoin.

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Éric Thériault, qui pilote ce dossier, assisté de Me Louis-Charles Bal, devrait faire entendre une quinzaine de témoins. En défense, chacun des accusés possède son avocat. Deux d'entre eux ont le support d'un confrère et d'une consoeur, de sorte que cinq procureurs agissent en défense.

D'ici lundi, les parties débattront hors jury des questions de droit que devra trancher le juge Huot. «Pour discuter du droit, de l'admission de certaines preuves, pour résoudre des questions de droit et vous éviter des attentes désagréables», a fait savoir le magistrat aux jurés leur ordonnant, par ailleurs, d'éviter de prendre connaissance de tout reportage sur cette affaire, que ce soit dans les médias ou dans les réseaux sociaux. «Vous avez prêté serment de rendre justice uniquement sur la preuve qui vous sera présentée», a rappelé le juge Huot qui, avant l'audition du premier témoin, prendra une cinquantaine de minutes pour faire part au jury de ses directives préliminaires et des règles fondamentales en droit criminel.

Dominic Vézina subit aussi son procès.

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Jean-Christophe Martin, le troisième accusé

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L'enquêteur au dossier, le sergent François Beaudoin et le procureur de la poursuite Me Éric Thériault

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