Complot pour vol qualifié : travaux communautaires imposés


Publié le 17 mars 2017

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©africa-studio.com (Olga Chernetska and Leonid Yastremskiy)

Une Princevilloise de 32 ans, Claudia Teasdale, a bénéficié, vendredi, d'un sursis de sentence prononcé par le juge Bruno Langelier de la Cour du Québec qui lui a notamment imposé 150 heures de travaux communautaires à réaliser d'ici un an.

Arrêtée avec trois complices pour un événement survenu au début de décembre 2013 à Victoriaville, Claudia Teasdale a reconnu sa culpabilité, en avril 2016, à des accusations de complot en vue d'une introduction par effraction dans une résidence de la rue du Parc  et de complot pour commettre un vol qualifié.

Lors des représentations sur la peine en janvier 2017, le ministère public avait réclamé 90 jours discontinus et prison.

La défense, toutefois, précisant que la jeune femme ne disposait pas de moyen de transport pour se rendre au centre de détention, avait milité pour un sursis de sentence et des travaux communautaires.

Dans cette affaire, a rappelé le magistrat, le conjoint de l'accusée, Sylvain Larue a écopé de 32 mois de pénitencier. Quant à Mathias Daigle et Yoan Desmarteaux, ils ont été respectivement condamnés à 90 jours discontinus et 120 jours de prison.

En rappelant les faits, le président du Tribunal a signalé que la femme connaissait la victime qu'elle savait à l'aise financièrement. Elle a fourni à ses complices de l'information concernant de l'argent que la victime conservait dans un coffre-fort.

«Elle a joué un rôle plutôt passif, demeurant même à l'intérieur du véhicule lors des événements alors qu'un homme a cogné à la porte de la résidence de la victime et qu'un autre, avec un bâton de baseball, a tenté de bloquer la porte», a souligné le juge Langelier.

L'occupant de la résidence a réussi à fermer et verrouiller la porte.

Évoquant le rapport présentenciel, le magistrat a confié qu'à l'époque, l'accusée éprouvait des difficultés à se loger et à se nourrir.

Le Tribunal note aussi son entière collaboration avec les policiers et le système judiciaire. «Elle a rapporté les faits avec détails. Elle s'est elle-même incriminée en plus d'incriminer les complices. Si les infractions sont objectivement graves, sa participation est moindre que celle des autres. Elle a fourni des informations aux complices, mais elle n'est pas l'instigatrice de l'événement. Sur les lieux, sa participation se limite à attendre dans le véhicule», a indiqué le juge Langelier

Le Tribunal, en rendant sa décision, a fait valoir qu'il devait apprécier la situation de l'accusée, une mère de 32 ans, issue d'un milieu difficile où elle a vécu une grande pauvreté.

Le magistrat a observé aussi que, depuis une condamnation à quatre mois d'emprisonnement dans la collectivité en février 2016, la femme n'a pas récidivé. «Ce qui démontre qu'une réhabilitation est peut-être amorcée», a-t-il noté.

Les travaux communautaires imposés, a précisé le juge Langelier, permettent de satisfaire aux critères de dénonciation et de dissuasion et de favoriser une réinsertion sociale.

Par ailleurs, Claudia Teasdale s'est vu imposer un suivi probatoire de 15 mois, en plus d'un suivi à l'organisme Domrémy pour son problème de toxicomanie.

En terminant, le juge a invité la  jeune femme à se prendre en main. «Vous avez votre situation en main. À vous de choisir la voie de réhabilitation. Si vous récidivez, les tribunaux seront sévères, c'est certain», a-t-il mentionné tout en souhaitant une réflexion de sa part. «Vous continuez de fréquenter votre conjoint, un individu criminalisé. Vous devriez choisir vos fréquentations. Le Tribunal est d'avis que cette personne a des effets néfastes pour vous», a-t-il conclu.