Une Victoriavilloise au sein de l'AFPAD

Claude Thibodeau claude.thibodeau@tc.tc
Publié le 23 mars 2015
Réjeanne Boilard, membre du conseil d'administration de l'AFPAD (Photo TC Media - Claude Thibodeau)

VICTORIAVILLE. L'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) présente un nouveau visage avec de nouveaux membres à son conseil d'administration, Réjeanne Boilard de Victoriaville, qui y siège depuis l'automne 2014.

«On m'a sollicitée pour en faire partie. Je le fais pour les gens, pour aider à faire avancer les choses», a confié Mme Boilard en entrevue au www.lanouvelle.net.

L'association célèbre ses 10 ans et compte depuis peu sur une nouvelle directrice générale, Nancy Roy.

Réjeanne Boilard qualifie d'enrichissante sa présence au sein du conseil d'administration. «On en apprend beaucoup au niveau des lois», a-t-elle souligné.

L'AFPAD a pour mission principale de briser l'isolement vécu par les familles de victimes afin de développer des liens de solidarité et de bâtir des ponts vers les ressources nécessaires pour leur permettre un accès à l'information et aux outils pour reconstruire leur vie.

Son engagement auprès de la famille de Martin Samson a finalement mené Réjeanne Boilard à s'impliquer dans l'association.

Tout a commencé vers l'automne 2012. À la suite d'échanges et de discussions, la Victoriavilloise obtient l'autorisation de la famille Samson pour s'impliquer dans le débat, pour sensibiliser la population au sujet du fameux article 16 du Code criminel relativement à la défense pour troubles mentaux, pour que la loi soit plus sévère et que les coupables soient mieux encadrés.

Réjeanne Boilard tenait à s'impliquer pour qu'on n'oublie pas Marie-France Foucault et Martin Samson, assassinés dans leur résidence de Victoriaville en août 2002.

Au sein de l'AFPAD, la Victoriavilloise participe aux réunions du conseil d'administration à raison d'une rencontre par mois, en moyenne. Elle se rend ainsi à Montréal ou encore elle y assiste par le biais d'Internet.

«J'ai bien hâte d'aider d'autres familles qui doivent traverser un long processus. Mais il y a de l'espoir. Il faut faire confiance aux professionnels, les psychologues, les avocats, le personnel du palais de justice. Je souligne également le travail des enquêteurs et des policiers, toujours prêts à intervenir dans les cas les plus dramatiques avec la pression que cela comporte», a précisé Mme Boilard, tout en remerciant particulièrement un policier victoriavillois pour sa belle intervention auprès de son fils à l'âge de 18 ans. «Il a pris le temps nécessaire pour l'aider. Ça a été pour lui un beau cheminement pour sa vie actuelle», a-t-elle souligné.

Pour un retour aux vraies valeurs

Réjeanne Boilard se désole de constater que la société d'aujourd'hui délaisse les valeurs humaines pour faire place à l'individualisme et au matérialisme.

«Où sont passées les valeurs d'autrefois?, s'interroge-t-elle. Autrefois, les gens ne vivaient pas dans la richesse, mais ils étaient beaucoup plus heureux. Le monde s'entraidait sans rien demander en retour. Les gens appréciaient la vie et se contentaient de peu. Une toute petite attention pouvait leur faire plaisir. Aujourd'hui, malheureusement, l'argent prend toute la place.»

La résidente de Victoriaville dit travailler pour retrouver les valeurs humaines. «Jusqu'à quel point sommes-nous esclaves de l'argent? Oui, l'argent est nécessaire, mais sur quel chemin cela va nous mener?», se questionne-t-elle, en espérant susciter une réflexion.