Inspiré par son frère, Samuel Fleurent Beauchemin poursuit la mission

Claude Thibodeau claude.thibodeau@tc.tc
Publié le 12 mars 2014
Samuel Fleurent Beauchemin avec son frère Guillaume, son ange, son inspiration. Photo prise en juillet 2013, peu après la mise sur pied de la fondation. (photo d'archives)

Le décès de son frère Guillaume le motive à poursuivre ses actions. Samuel Fleurent Beauchemin, ce jeune homme qui a fondé la Fondation le Pont vers l'autonomie, n'entend pas plier l'échine et continue le travail amorcé. Un grand bout de chemin a d'ailleurs été parcouru.

«Le projet inspiré par mon frère m'aide beaucoup. Il me permet de me dépasser en sa mémoire. C'est merveilleux, commente-t-il. En perpétuant nos bonnes actions en sa mémoire et en l'honneur de Guillaume, ce sera pour nous tous une façon de le garder avec nous.»

Samuel Fleurent Beauchemin sait qu'un ange, là-haut, guidera désormais la Fondation pour venir en aide à d'autres battants comme lui. «Il nous donne le courage et la détermination de continuer l'œuvre qu'il nous a inspirée, souligne-t-il. Guillaume a légué un héritage qui servira à améliorer la communauté dans laquelle on vit.»

Si certaines personnes doutaient de la poursuite des activités avec le départ de Guillaume, Samuel ne peut être plus clair : «Nous sommes ici pour faire la différence dans la vie du plus grand nombre de personnes possible».

Objectif dépassé

La Fondation le Pont vers l'autonomie n'a pas encore un an d'existence que déjà elle a dépassé l'objectif de 40 000 $ fixé pour la première année.

«Il reste encore trois mois à notre année financière qui prend fin le 26 juin et nous avons déjà dépassé notre objectif de près de 20% avec une somme amassée de 47 400 $», précise Samuel Fleurent Beauchemin.

Le souper spectacle avec l'humoriste Mike Ward a permis de récolter 20 533 $. La fondation a recueilli aussi 13 967 $ en dons et commandites, sans compter les 11 000 $ récoltés au tournoi de DEK hockey.

Et puis, avec la tenue du premier Carnaval de Victoriaville, l'organisme a pu engranger tout près de 2 000 $. «Nous sommes très satisfaits compte tenu des événements tragiques avec le décès de Guillaume. Le plein potentiel des tournois n'a pas été atteint, note Samuel, mais nous avons quand même vu huit équipes s'inscrire. Nous sommes très reconnaissants et heureux d'avoir fait partie de cette première édition.»

Le fondateur de la Fondation le Pont vers l'autonomie tient à remercier tous ces gens qui, au cours des derniers mois, ont contribué à améliorer l'autonomie et la qualité de vie des personnes touchées par la dystrophie musculaire. «Merci aux généreux commanditaires, participants, et merci d'avoir été si nombreux à vous mobiliser pour la dystrophie musculaire. Merci également à nos bénévoles qui ont joué un rôle-clé depuis les débuts de notre fondation. Ils sont notre âme. On ne pourra jamais les remercier assez», signale Samuel.

La mobilisation de la communauté, rappelle-t-il, a permis à la fondation d'acquérir un premier bras robotisé pour Guillaume, prisonnier de son corps. «Ce bras robotisé Jaco, remis à Guillaume avant son décès, fera l'objet d'un tirage à l'occasion d'un concours parmi les personnes atteintes et qui en ont besoin dans la région Centre-du-Québec», mentionne Samuel Fleurent Beauchemin.

La Fondation le Pont vers l'autonomie a également fait don de 4 000 $ à Sylvie Séguin pour l'aider dans l'achat d'un bras robotisé.

Samuel Fleurent Beauchemin et les membres de l'organisme souhaitent continuer à apporter un support considérable pour changer la vie de plusieurs familles et des personnes atteintes de la dystrophie musculaire au Centre-du-Québec.

Les besoins sont grands. «On compte au moins 98 personnes dans la région, selon Dystrophie musculaire Canada», précise Samuel Fleurent Beauchemin.

Nouveaux programmes et campagne de sensibilisation

La Fondation le Pont vers l'autonomie ne fait pas qu'offrir des bras robotisés pour favoriser l'autonomie.

L'organisme a mis sur pied trois nouveaux programmes : soutien financier pour les soins à domicile, soutien financier pour la modernisation de l'environnement adapté et soutien financier pour le maintien de la condition physique.

De plus, les projets ne manquent pour la Fondation le Pont vers l'autonomie. «Nous élaborons présentement une campagne de sensibilisation ayant comme thème «La différence est seulement une perception». Nous souhaitons faire comprendre aux plus petits comme aux plus grands l'importance d'accepter et d'inclure les personnes handicapées dans nos vies et dans nos cercles d'amis. Nous voulons en faire une mission», explique Samuel Fleurent Beauchemin, tout en faisant remarquer que des gens jugent et portent des regards blessants envers les personnes atteintes de dystrophie musculaire.

Par son action, avec la fondation qu'il a créée, Samuel souhaite inspirer, mobiliser et améliorer la communauté. «Je souhaite inspirer d'autres personnes à se mobiliser, inspirer aussi les plus jeunes à poser de bonnes actions», ajoute-t-il.

Dans cette optique, au cours de la prochaine année, la Fondation le Pont vers l'autonomie compte dénicher des porte-parole, inviter des personnes handicapées, des personnalités inspirantes à effectuer une tournée des écoles de la région. L'organisme songe aussi à organiser des conférences.

Situation inacceptable

La question du soutien à domicile pour les personnes touchées gravement par la maladie, soit plus de 40% des cas, pose problème, signale Samuel Fleurent Beauchemin.

Ces personnes, selon lui, requièrent plus de 75 heures de soutien à domicile par semaine. «Or, le nombre d'heures offert par le gouvernement est limité à 44 heures. Il y a un manque, un écart de 30 heures par semaine. C'est inacceptable, déplore-t-il. Nous devons nous mobiliser pour leur permettre de vivre. Nous ne pouvons laisser ces personnes prisonnières de leur corps subir l'endettement ou se retrouver en CHSLD.»

La Fondation le Pont vers l'autonomie, parmi ses objectifs, souhaite pouvoir combler cet écart entre les besoins réels et les services offerts par le gouvernement.

Les besoins non comblés au Centre-du-Québec, mentionne Samuel Fleurent Beauchemin, sont importants :

-une somme de 950 000 $ par année est nécessaire pour offrir un soutien à domicile adéquat;

-plus de 40 personnes ont besoin d'un bras robotisé;

-plus de 50 foyers nécessitent une aide financière pour des rénovations;

-un montant de plus de 228 000 $ est nécessaire pour le maintien de la condition physique.

Samuel Fleurent Beauchemin lance un appel à l'aide pour offrir à ces combattants une meilleure vie. «Vous pouvez organiser votre propre activité-bénéfice ou encore faire un don, une commandite ou faire du bénévolat. Tous vos petits gestes permettront à plusieurs personnes de bénéficier d'une meilleure qualité de vie», conclut-il.