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«No Promises» pour Carla Bruni
Quatre ans après l’album «Quelqu’un m’a dit», Carla Bruni n’est toujours pas où on la croit. On pensait qu’elle était encore mannequin, elle inventait le folk français. On s’attendait à ce qu’elle reconduise sur les mêmes bases le succès de son premier disque, elle remène à la surface de son timbre froissé onze poèmes d’une autre langue, d’un autre siècle, d’un autre anglais.
Après avoir vendu 1,2 million d’albums en France et 800 000 à l’étranger, après avoir pris goût à ce succès auquel il ne faudrait pourtant pas se résoudre, il se peut qu’elle ait du mal à s’y remettre.
Carla Bruni aura donc mis deux ans à trouver le centre de sa créativité, d’abord en composant beaucoup de musique, puis en écrivant en français, en italien et en anglais. C’est là qu’elle s’est penchée sur ses poètes et poétesses dont elle connaissait sinon le nom, du moins celui du frère, sinon les poèmes du moins les nouvelles.
À Noël 2004, elle a couché les premières mélodies de l’album. «C’était étonnamment fluide. Mais plus j’avançais, moins je me voyais mélanger ces poèmes à mes propres chansons. Elles me semblaient trop peu compatibles. Il m’a donc fallu voir ces poèmes comme une possibilité d’album.» Elle a continué à composer, puis l’été suivant, s’est attelée à ses maquettes en parallèle de son projet d’album franco-italien. Sur son huit-pistes, elle a enregistré à domicile des guitares, des violoncelles, fait des contre-chants et des hand-claps qui serviront à Louis Bertignac pour finaliser son album.
Déjà réalisateur de «Quelqu’un m’a dit», l’ancien guitariste de Téléphone pour qui Carla Bruni venait d’écrire les textes de son dernier disque a sorti ses micros, guitares et ciseaux durant les creux de sa tournée. Il a gardé les violoncelles, ôté quelques contre-rythmes, rajouté des guitares, un harmonica ou une touche de clavier pour s’imposer dans une veine classique qui possède le double avantage de résister aux humeurs du temps comme de livrer ses secrets au compte-gouttes.
Un album à découvrir!