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Leçon d’humilité, regard sur les élections 2007

Article mis en ligne le 28 mars 2007 à 6:50
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Leçon d’humilité, regard sur les élections 2007
Après déception, questionnement, découragement...voici que je prends du recul pour observer ce qui s'est passé lundi dernier.

Je crois qu'il est faux de croire que le succès de l'ADQ ne s'explique que par une contestation des partis en place. Je crois aussi qu'il est faux, contrairement à ce qu'aimeraient bien le penser les Adéquistes, d'affirmer que c'est grâce aux idées de ce jeune parti.

Les Québécois ont voté le 26 mars dernier pour celui en lequel ils se sont reconnus. À part deux ou trois de ses propositions, bien peu de Québécois connaissent bien le programme adéquiste.

Mais il faut le lui accorder : Mario Dumont a très bien su mettre le doigt sur les bobos; il a dénoncé les problèmes auxquels fait face le Québec avec les mots du peuple.

Pas question de regarder de haut les électeurs «illusionnés» par l'ADQ alors que je suis moi-même illusionné par mes propres idéologies! Le peuple québécois n'est pas naïf : c'est moi qui l'ai été en pensant que j'étais près des gens et de leurs préoccupations par mes idées sociales «high in the sky». Ainsi en était-il également du discours de Khadir en fin de soirée lundi : très belle poésie intellectuelle, mais tellement loin de ceux de qui il se dit le porte-parole, le défenseur...

Dumont a le mérite d'avoir rendu la politique accessible aux gens, d'avoir vulgarisé les grands enjeux. Dans un vocabulaire simple (souvent simpliste, c'est vrai), il s'est présenté comme l'antithèse de Boisclair (l'intello aux mots à 2 000 $) et de Charest («encarcané» dans une idéologie de gros bonnets du monde des affaires).

Je disais de Dumont qu'il se moquait de la démocratie en jetant de la poudre aux yeux des gens (par des promesses frisant l'absurde) : c'est vrai pour une certaine partie de son discours. Par contre, je me rends compte aujourd'hui qu'il est peut-être celui qui a le mieux servi la cause de la démocratie, le «pouvoir du peuple», en s'adressant directement à lui et non pas seulement à une élite.

Pour autant que les différents partis fassent preuve de «lucidité» et d'humilité, l'élection 2007 marquera un tournant dans la politique québécoise et sa manière de l'exercer.

À quand un parti politique qui puise des idées solides et viables du peuple qu'il représente? Québec solidaire, s'il arrivait à faire «atterrir» son discours et à mieux l'incarner dans la «vraie vie» pourrait bien être ce parti. Mais pour vraiment se faire solidaire du Québec, un profond exercice de révision du langage sera nécessaire.

Féliciations aux nouveaux élus et bonne chance M. Roux dans l'exercice de vos fonctions.

David Moisan

Psychosociologue

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